‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 26 sur 297 · IX. Significaiions mystérieuses des habillements sacrés · texte numérisé non relu

IX. Significaiions mystérieuses des habillements sacrés

X. Réflexions édifiantes sor la manière dont saint Fulgeuce, évéque de Ruspe, en osait pour ses habillements communs et sacrés.

I. Les habits et les oraements consacrés au service divin ont été aussi de plus en plus distingués dexeùx qui servaient aux ecclésiastiques dans l'usage commun. Mais quoiqu'ordinairement on allectât toujours quelque singularité sainte dans les ornements qui servaient à Tautel, il y avait néanmoins plusieurs sorte» d'habits somptueux qu'on y apportait de la

Th. — ÏOME II.

vie civile. Or ce sont ces habits empruntés d'abord de l'usage commun^ qui devinrent enfin propres aux ministres de L'autel .par leur somptuosité, aussi bien que par leur antiquité^ après que les séculiers eurent changé leur manière ancienne de se vêtir.

II. Rome était la capitale et de l'empire et de la religion ; c'est d'elle aussi que se répandirent dans le reste de l'Occident plusieurs usages divers dans les habits consacrés à l'autel.

Saint Grégoire le Grand eut dé ;la peine à accorder aux premiers diacres de Téglise de Ravenne de se servir de certains linges ott manipules, en assistant leur évéque au service de l'autel^ et il pirotesta à ce prélat que c'avait été contre la volonté, et nonobstant les oppositions du clergé de Rome qu'il lui avait accordé celte grâce, ce privilège ayant été réservé au seul clergé de l'Eglise romaine.

<x Quod pro utendis a clero vestro mappulis $cripsistis, a nostris est clericis fortiter obviatum,

dicèntîbus irnllî hoc wnquam alii curlrbet Ecclesiœ fuisse concessum* Sed nos servantes honorera fratemitatis tuœ, licet contra voluntatem cleri nostri, tamen pfimis diaconibus ^estris, quos nobîs quidam testificati sunt, etiam ante eis usos fuisse, in obsequio duntaxat tuo mappulis uti permittimus : alio autem tempore, vel alias personas hoc agere, vehementissime prohibemus (L. ii, ep. 54, 65). »

L'évêque de Ravenne répondit à saint Grégoire que les prêtres et les diacres de Ravenne pouvaient bien user de cet ornement, puisqu'ils en avaient usé à la vue de tout le clergé de Rome, lorsque la nécessité dès affaires ecclésiastiques les y avait appelés, et que les moindres églises des environs de Rome en usaient de même : et il envoya en même temps à Rome les originaux des privilèges accordésjusqu'alors par le Siège apostolique aux évêques de Ravenne. oNam cum hocminoribus circaurbem ecclesiis licitum sit^ poterit etiam apostolaius domini mei, si venerabilem clerum primae ApostolicaB suae Sedis requirere dignatur, modis omnibus invenire (EpistL). »

Nous dirons ailleurs qu'AIcuin, Raban et Amalarius* sont demeurés d'accord que cet ornement de linge servait de mouchoir. c< W appula qua pituitam oculorum et narium detergimus. Sudarium^ ut «o detergamus sudorera. »

Saint Grégoire même nous confirme dans la même pensée, quand il parle dans ses Dialogues de certaines religieuses qui flrent présent à un moine de quelques mouchoirs, a Ab ancillis Dei mappulas accepisli. » Si c'était là l'origine et Tusage de ces manipules, il y a quelque sujet de s'étonner comment les églises de Rome et de Ravenne, le pape saint Grégoire et Tarchevêque de Ravenne contestèrent avec tant de chaleur sur un sujet de cette nature. Mais il faut apprendre de là même que les petites choses ne sont plus petites dès qu'elles sont consacrées à la religion (L. n Dial., c. 19).

On a agitée et on a résolu dans des conciles généraux des pratiques qui ne paraissent pas aux yeux delà chair déplus grande conséquence. Ce sont comme les franges de la robe de J.-C. ou de son Eglise, qui ont toujours quelque chose de miraculeux et de divin, et qui méritent noire vénération.

m. Le même saint Grégoire défendit aux diacres de Catane en Sicile, d'user d'une chaussure plus magnifique que l'ordinaire , parce

que ses* prédécesseurs n'en avaient permis Vusage qu'aux diacres de Messine, a Calceatos compagis procéderez etc. Quod solis diaconis Ecclesiœ Messanensis a prsedecessoribus nostris olim non dubitatur esse concessum (L. tii, ep. xxvni). I» Les historiens romains ont parlé de cette chaussure royale , qu'ils appeUeat Compagttm regium.

Capitolin parle de la chaussure énorme dg Maximin, c Calceamentum ejus, id est, cornpagum regium constat pede majus fuisse hominis vestigio. » Trebellius PoUio, en parlant de Galien, empereur, aCaligasgemmatasadnexuit, cum compagos réticules appellaret. »

Revenons à saint Grégoire. Il écrivit à l'évéqùe de Syracuse, que si les sous-diacres de Sicile usaient des tuniques de lin, c'était par<je que FEglise romaine, leur mère, le leur avait permis. « Undé babent hodie Ecclesise vestr®, ut subdiaconi lineis in tunicis procédant, nisi quia hoc a matre sua Romana Ecclesia perœperunt (L. vu, ep. lxiv) ?» Il accorda à Arégius, évêque de Gap, en France, l'usage des dalmatiques qu'il avait demandé pour lui et pour son archidiacre, et les lui envoya de Rome, a Charitatis tusB bona revocantes ad animum, hujus autoritatis nostrae série, petita concedimus, atque te, et archidiaconum tuum dalmaticarum usu decorandos esse concedimus; easdemque dalmaticas transmisimus (L. VII, ep. cxii). »

Jean, diacre, dans la vie de ce pape, dit qu'allant à cheval, et suivant la procession, il était reconnaissable par la foule de ceux qui l'accompagnaient, vêtus de chasubles et de tuniques de lin. a Cumqne ex plaaetatorum mappulatorumque processionibus magnum pontifîcem cognovissent , etc. (L. ii, c. 43; L. m, c. 59). » Il dit plus bas que les tuniques étaient à manches étroites, et qu'on en apporta ^une à ce saint pape, qu'on disait avoir été à saint Jean l'apôtre ; mais que la dâlmatique était à larges manches, confime il paraissait par celle de Paschase, diacre de l'Eglise de Rome.

Cet auteur nous a retracé dans ses écrits les peintures de Gordien, père de saint Grégoire, avec une dâlmatique et une chasuble par dessus, a Cujus habitus castanei coloris planeta est, sub planeta dalmatica (L. rv, c. 83, 84). • Et celle de saint Grégoire même vêtu en pontife, avec une dâlmatique, une chasuble par dessus, et le pallium. « Plah6la super daimaU-

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