DES HABITS DES CLERCS A L'AUTEL
cani c^stanea , eyangeliuin in sinistra, modus crucis iD dextra, etc. Pallio mediocri. d
IV. II résulte de ces autorités, que si la tunique 3 la dalmatique et la chasuble avaient été autrefois des habits communs aux laïques, et encore bien plus aux ecclésiastiques dans leur usage civil , ils sont enfin non -seulement devenus propres aux ecclésiastiques, mais encore uniquement consacrés au ministre des autels. Il résulte encore que TEglise romaine a été celle de laquelle les autres Eglises ont tâché d'obtenir par privilège la communication des principaux ornements du divin service.
Ces habillements antiques et somptueux s'étaient conservés pluslongtemps dans la capitale de Tempire : l'usage même y avait été plus fréquent. La magnificence des habits impériaux avait aussi été communiquée plus abondamment à TEglise de Rome. Ainsi c'est d'elle que tous ces rayons de gloire se sont répandus dans le sacerdoce royal de toutes les autres Eglises.
L*auteuf de la vie de saint Césaire, archevêque d'Arles, raconte que ce saint prélat étant ailé à Rome, le pape Symmaque lui aécorda Tusage des dalmatiques pour ses diacres , à l'imitation des diacres de l'Eglise romaine. « Diaconos ejus perinde ut Roprianœ Ecclesiœ diacanos dalmaticis u(i voluit (L. i,'c. 20, 21). »
Le synode d'Auxerre est encore une autre preuve que les dalmatiques n'étaient pas encore coitimunes à tous nos diacres, quand il leur défend de se couvrir des parements d'autel. « Non licet diacono, vélo vel palla scapulas suas involvi (Can. xii, xiii). »
V. Le même saint Césaire étantde retour de Rome en France, et n'ayant rien à donner à un pauvre, il lui donna la chasuble dont il se servait aux processions, et son aube pascale, lui commandant de les vendre à un ecclésiastique. « Casulam qua in processionibus utebatur, et albam paschalem proi'ert , datque egeno, Jubetque ut vendat uni ex clero (L. ii, c.i9).i»
Cette chasuble était apparemment consacrée au service des autels ; mais en voici une autre du même saint, qui était de Tusage civil, puisqu'il la portait ordinairement par la ville. « Ambulans per plateam civitatis, vidit contra in foro hominem, qui a dœmonio agebatur. In quem cum attend isset, habens manum sub casula, ut a suis non videretur, crucem contra eumtecit. D
iSi ces deux habillements avaient de la res-
semblance comme ils avaient le même nom, certainement celui de l'autel BùVpassait l^autre en richesse et en magnificence. On peut douter duquel de ces deux ornements il faut entetidre Grégoire de Tours, quand il parle du diacre qui profanait insolemment la chasuble d*uo saint évéque, la portant et sur son lit et dans les places publiques, a Hoc habens in lectulo, hoc habens in foro (Vitae Patrum, c. viii). b
Le concile de Liptines (Can. vu) commando aux ecclésiastiques de porter des habits longs, qu'il appelle du même nom que les chasubles, a Non sagis laicorum more sed casuHs utantur» ritu servorum Dei. x> Cela nous montre que quelques-uns des habits sacrés ont été encore longtemps communs à l'usage civil, quant à la forme, quoiqu'ils fussent toujours distingués par une pieuse affectation de propriété et de magnificence.
VI. Le même Grégoire de Tours parle de l'élévation miraculeuse en l'air de Tanneau et du mouchoir, qu'il appelle OT<mvm\ de deux mar^ tyrs. a Orarium, etc. Candor lintei, etc. Huic sui dat pignus oris, ut ferunt orariilm(De glor. RIart. 1. II, c. 93, 105). » Il touche ailleurs l'école des diacres, en parlant de saint Vincent^ a LeviticdB stote candore in Ecclesia micaûs. » Il fait paraître ailleurs les chœurs des prêtres et des diacres en aubes blanches, a Erat sacerdotum et levitarum in albis vestibus non minimus chorus (De glôr. Confess., c. xx). »
Le concile de Narbonne, en 589 (Can. xir), ordonna aux diacres, aux sous-diacres et aux lecteurs, de ne point quitter l'aube avant la fin de la messe, et Nec diaconusj aut subdiaconus vel lector, antequam misse consummetur, alba se prœsumat exuere. »
L'aube était donc déjà commune même aux ordres inférieurs, au moins dans la France. Saint Isidore semble ne donner les aubes qu'aux diacres à l'autel, a Qui propterea albis induti assistunt , ut cœlestem vitam habeant, candidiquead hostiaS, immaculatique accédant (De Offlc. Eccl., 1. II, c. 3). » Néanmoins le concile de Brague (Can. ix) les reconoait être aussi conmranes aux sous-diacres, quand il ordonne aux diacres de ne plus porter leurs étoles sous leurs tuniques , c'est-à-dire sous leurs aubes, parce que, les portant de la sorte, ils ne peuvent être distingués des sous-diacres. a Quia in aliquantis hujus provincisB Ecclesiis, diacouQS absconsis infra tunicam utuntur orariis, ita ut niliil diffe/cre a spt)diacono videau-
tur, de Gstero superposito, sicatdecet, utantur orario. »
Cette circonstance nous apprend que Tétole n'était encore que de linge^ et qu'elle était assez étroite, puisqu^on la cachait si facilement sous Taube.
TII. Hais le concUe IT de Tolède, nous apprend bien plus particulièrement quels étaient les ornements sacerdotaux propres à chaque ordre.
Il ordonne qu'en rétablissant dans leur» ordres ceux qui en ont été injustement déposés on leur rendra les ornements sacrés dont on les aTait dépouillés, à savoir : Fétole, l'anneau et la crosse à Févêque ; Tétole et la chasuble au prêtre ; Fétole et Faube au diacre; au sous-diacre la patène et le calice ; et aux autres ordres ce qu'on leur aidait mis en main dans Fordination. c Si episcopus recipiat coram altario de manu episcopi orarium , annulum et baculum^ si presbyter, orarium et planeiam ; si diaconus, orarium et albam ; si subdiaconus, patenam et calicem, etc. (Can. xxviii). »
Ainsi dans le ressort des évêques de ce concile, les sdus-diacres et les ordres inférieurs ne portaient point encore d'aubes, ni les diacres de dalmaliques : Fétole était commune aux trois ordres supérieurs, la chasuble était un vêtement affecté aux fonctions de Fautel.
L'aube n'était point restituée au prêtre ou à FéTêque, lorsqu'il était réiibli, de même qu'on ne la leur 6tait point loiju^u'on les déposait, parce que Faube était un habillement, dont ils se servaient non-seulement à Féglise, mais à la ville, à la campagne et dans leurs maisons. Hais comme les diacres n'avaient droit de se revêlirde l'aube que quand ils célébraient, on la leur ôtait lorsqu'on les déposait, et quand on les rétablissait dans leurs fonctions on la leur rendait. Cela nous est clairement indiqué par les termes de ce canon.
Ce même concile (Can. xl) défend aux diacres de se servir de deux étoles, puisque Févêque et le prêtre n'en portent qu'une : a Orariis duobus nec episcopo quidem lice.t,nec presbytère uti, quanto magis diacono, qui minister eorum est. » Il ordonne au diacre de porter Fétole sur Fépaule gauche, afin que son bras droit soit libre pour exercer ses fonctions.
L^étole était donc encore assez large, et elle enveloppait le bras gauche des diacres, a Unum igitur orarium oporiet levitam gestare in sinistro humero^ propter quod orat, id est prédi-
cat. Dextram autem partem oportet habere liberam, ut expeditus ad ministerium sacerdotale decurrat. »
Cette suite de paroles donne lieu de conjecturer que les diacres d'Espagne avaient commencé d'user de deux étoles, comme de deux écharpes, les faisant croiser sur leur estomac, et que ce concile ne leur en laissa qu'une.
A Fégard de décider si c'est de là qu'est venu l'usage de cette large étole , dont on se sert aujourd'hui, mais très-rarement, ou si l'usage nous en est venu d'ailleurs, c'est ce que je ne puis faire. Chacun s'en peut rapporter à son propre jugement.
Enfin, ce concile nous apprend que Fétole n'étaH encore que de linge, qu'on avait commencé d'enrichir d'or et de broderie ; ce qu'il défend à l'avenir, a Caveat igitur amodo levita, gemioouti orario,sed uno tantum etpttro, nec uUis coloribus, aut auro ornato. »
Il n'est pas facile d'expliquer ces paroles de ce canon, a propter quod orat, id est prédicat; p il n'y a nulle apparence que le diacre prêchât en forme dans FEglise.
11 est bien plus probable d'entendre cette prédication, ou de la lecture de l'évangile pendant le sacrifice, ou de la prononciation que le diacre faisait à haute voix d'une partie des exhortations et des prières du même sacrifice : ce qui s'appelait et s'appelle encore Prœ^ conium^ le Prône. C^était une espèce de prédication qui donnait droit au diacre d'avoir un linge, orarium^ pour avoir lieu d'essuyer la «ueur de son visage. Saint Grégoire le Grand faisait quelquefois des présents de quelques mouchoirs à diverses personnes (L. vi, epist. xxvii, xxxvu). Il les appelle toujours oraria.
VIII. Tous ces canons font bien voir que ces ornements étaient propres à Fautel, et que les ecclésiastiques n'en usaient que dans les fonctions saintes du sacrifice. C'est ce que le concile 111 de Rrague, remarque encore plus clairement, quand il prononce une sentence de déposition contre ceux qui emploieront les vases ou les ornements sacrés aux usages de la vie commune, a Ah offlcio deponatur, qui ecclesiastica.ornamenta, vêla vel quaslibet aUa indumenta atqueustensiliasciendoinusus suos transtulerit. »
Et quand il ordonne à Févéque et au prêtre de ne jamais célébrer le terrible sacrifice sans porter Fétole sur les deux épaules, croisée devant Festomac. « Non aliter accédât, quam