ALLIANCE DE L*ÉTAT ECCLÉSIASTIQUE ET DU MONASTIQUE
tère de saint Jean de la Pegna. Sandoval a inséré dans sa notice des éyêques de Paropelune^ le privilège de Sanche^ roi d'Aragon en 1023, qui porte que les évêques de Pampelune soient toujours élus du monastère de Saint- Sauveur de Leire (Hariana.,L Y;ii,e.xiY). C'est la remarque du père Cossart sur ce concile d'Aragon.
Le concile de Poitiers en i078 (Can. vu ) ordonna que les abbés fussent prêtres , ou qu'ils perdissent leurs abbayes. a Ut abbates et decani, qui presbyteri non sunt, presbjteri fiant, aut prœlationes amittant. » Il suffisait que les archidiacres fussent diacres , et néanmoins Farchidiacre précéda vingt et un abbés dans le concile de Londres en 1075. Ainsi les chapitres étaient souvent composés de moines, les évoques étaient choisis d'entre les ^loines^ les abbés doivent êlre prêtres.
Les chapitres étaient aussi quelquefois mêlés, ou m^-partie de chanoines et de moines. Dans l'église de Saint-Ambroise de Hllan , il y avait deux collèges, Tun de chanoines, l'autre de moines^ qui faisaient l'office successivement l'un après Tautre da«s la même église. 11 y eut quelque différend pour les heures , et ils s'en rapportèrentau jugement du pape Innocent III. Ce Souverain Pontife prononça en 1201, que ces deux collèges étaient très-anciens dans cette église^ a a lougissimis rétro temporibus; d qu'il n'y avait nulle raison de soumettre Tun à l'autre; et que les moines devaient célébrer leur service immédiatement après la fin de chaque office des chanoines (Italia sacra., tom. iv^ p. 1091).
L'église de Nardo, en Italie, fut autrefois un monastère de moines Grecs^ puis de bénédictins mêlés avec des chanoines , ce qu'on croit être une marque que ce fut autrefois une cathédrale (Italia sacra, tom. i, p. 1 lli). En 1267, le cardinal légat évêque d'Albano, réforma celte maison, y établit dix moines et dix chanoines séculiers, les uns d'un côté du chœur les autres de l'autre, et donna des prébendes aux chanoines, le reste des biens demeurant à Tabbé et aux moines. En 1413, Jean XXIII érigea cette église en cathédrale.
Longin dit qu'en 1059 mourut Aaron, lequel, de moine de Cluny, avait été fait abbé dans un nouveau monastère de Thiniec, en Pologne, et ensuite archevêque de Cracovie. Avant sa mort il avait donné ce privilège aux abbés de Thiniec^ qu'ils seraient chanoines nés
dans l'Eglise de Cracovie , et assisteraient aux offices en surplis et aumusse. a In Ecclesia Cracoviensi sit cauonicus natus, etc. »
II. Ce fut peut-^tre cette effusion de la gloire et des avantages du sacerdoce sur l'état monastique qui alluma la jalousie de quelques esprits emportés, qui commencèrent à publier que les sacrements administrés par les moines ne pouvaient être valides.
Urbain II prit la défense des religieux dans le concile de Nimes, Tan 1096 (Can. ii, m, iv), remontrant à ces ridicules calomniateurs que saint Grégoire, pape, qu'Augustin ^^Angleterre, que saint Martin de Tours , avaient été moines, et n'en avaient pas été moins habiles pour administrer les divines clefs de l'Eglise. Que saint Benoît obligeait les moines à renoncer aux vanités du siècle, non pas à la cléricature. Que les clercs n'étaient pas moins obligés que les moines d'êlre morts à tout l'éclat et à toutes les illusions du monde, a Quod quidem apostolicis documentis^ et sanctorum instituas, non solum monachis; verum canonicis summopere imperatur, ut mortui mundo sint.»
Il montre après cela que les dignes ministres des sacrements sont ceux qui approchent le plus de la vie et de la sainteté des apôtres, par le renoncement de toutes les choses de la terre, a Itaque videtur nobis, ut bis, qui sua relinquunt pro Deo, dignius liceat baptizare, communionem dare, pœnitentiam imponere, nec non peccata solvere, etc. Censemus eos qui apostolorum figuram tenent, prœdicare, baptizare, communionem dare, suscipere pœnitentes, peccata solvere. b
Les siècles suivants se sont conformés à ces décisions du pape Urbain II. Dès que nous eûmes conquis la Palestine, toutes les communautés régulières de l'Occident y furent transplantées et commencèrent à y travailler à la conversion des Tartares, des autres infidèles et des chrétiens schismatiques.
La nation des Tartares dont le roi, après avoir tué le prêtre Jean^ qui dominait toute l'Asie et était chrétien, en avait épousé la fille, paraissant le mieux disposé à recevoir les vérités célestes de l'Evangile, saint Louis y envoya des Jacobins et des Cordeliers (Canti. prac, 1. II, c. Liv, n. 14). Vincent de Beauvais et les autres historiens ont traité des missions apostoliques confiées ensuite aux mêmes religieux dans tout l'Orient (Vinc. Bell« Specu. Uist., 1. xxxi).
DES C0N6RË6ATI0N& — CHAPITRE DIX-HUITl£lfE.
Depuis la déconTerte des Iodes occidentales, les religieiix ont eu la plus grande part aux pénibles traTaux de la prédication évangélique parmi tant de nations barbares et idolâtres. On t été et on est encore forcé de leur y confier la plus grande partie des cures. Et on peut admirer après cela la proyidence de l'Epoux immor* tel de TEglise, lequel voulant assujétir un nouveau monde tout entier à son Eglise, a suscité pour cela depuis quelques siècles tant d'illustres communautés régulières, et leur a inspiré une ardeur tout autre qu'aux anciennes, et des constitutions mêmes, qui les engagent à travailler an salut des fidèles, et à la conversion des infidèles.
m. Dans le concile de Windsor, en 4444, on éleva à l'archevêché de Cantorbéry, Radulpbe, évêque de Rochester, après avoir protesté que depuis Augustin, tous les archevêques avaient été moines exepté un, qui pour cela et pour d'autres crimes avait été déposé par le pape.
Mathieu Paris, en l'an 4228, dit qu'il fut décidé à Rome que les moines de Coventry, et les chanoines de Lichfleld éliraient alternati- Tement l'évêque de Coventry, quoique jusqu'alors les moines seuls eussent élu.
Guillaume de Halmesbury dit que Odon eut peine à se soumettre à son élection pour l'archevêché de Cantorbéry, parce qu'on n'y avait encore vu que des moines ; il y Ait forcé, mais il se vint premièrement faire moine à Fleury en France. Harsfeldius dit la même chose des évêques de Durham, dans le xi* siècle.
Le concile de Londres, en 4238 (Can. xiv), ordonna que selon les anciens décrets du pape Innocent I**, les .moines qui seraient appelés à la cléricature, ne reiftcheraient et ne changeraient rien à la régularité de leur vie. a Non debent aliquatenus a priore proposito de- »viare, etc. Quod diu servaverunt, id in altiori gradu posiU amittere non debent. » La cléricature est sans doute un degré plus haut et plus éminent que Tétat monastique; mais il est admirablement rehaussé par la sainteté et les austérités de la vie religieuse.
Alexandre III, après avoir résolu que les gens mariés ne pourraient faire profession ^monastique, si leurs femmes ne la faisaient aussi, dit ensuite que cette règle est d'autant plus indispensable pour les ecclésiastiques des ordres sacrés, que leur état est plus relevé que celui des religieux, a Cum igitur senatus sacrorum clericorum longe praemineat cœtui
monacborum, ita ut aliquando bonus im chus, vix bonum clericum faciat, nollas» Jugatorum est ad sacros ordines promotesh nisi, etc. (Append. Conc. Later., par.T,e.9i
IV. Le concile de Constance, en 44i5 ^ yiii), condamna une proposition de Wictf entre plusieurs autres, qui combattait h fs* fection de l'état religieux, comme si e'eoii un obstacle et une limitation opposée aux volontés de Dieu, et à ses divers desseins sur Ib ftmes. a Si [quis ingreditur religionem printam, redditur ineptior et inhabilior ad obsBvantiain mandatonim Dei. »
Dans le concile de Bâle, en 1133, le dodm Kaltheisen, jacobin, fit voir par un discoon fort long , et .fort étudié, que VéUi des i* gieux avait succédé à celui des apôtres, et a retraçait une image vivante et éteraelle (to TEglise, non pas dans la direction et la surintendance sur toute l'Eglise; car ildiiqwc& sont les cardinaux qui les représenten* da« cet état ; ni dans la conduite particulière * chaque diocèse; car en cela les éTêqucsleor ont succédé, mais quant à la sainteté d'une ne religieuse et pénitente. *
Il faut même demeurer d'accord qaekco^ cile de Trente (Sess. xxiii, c. iO) a recoonn dans les abbés une participation du poofûir épiscopal, en leur permettant de donner » tonsure et les ordres mineurs à leurs répeux.
V. Hais il est vrai, en général, que les mtiens hiérarchiques sont dans une émioffl» de gloire et de sainteté à laquelle te rdipeax n'ont pas toujours cru devoir aspirer; cii ceux qui les exercent ne peuvent pas en mein temps mener une vie aussi pure el aussi a chée à la contemplation que te P'"f/"f religieux, la charité qui les porte à sacnfier » intérêts de leur propre sancHacaiion au ^ de leur prochain est elle-même une coïnpe sation surabondante de sainteté, (fui les e peut-être beaucoup au-dessus des plus F religieux. Au moins, c'est ce que te reng doivent croire; c'est ce que saint Beroaro^ bliait hautement, quand il tâchait de repn
la vanité des moines indiscrets qm sei^^^ au-dessus des évêques et des curés, ao n'est pas si mortifiée que la leur. ,^
a Meminerit scriptum : ^^^^^^i.md&n vîri, quam mulier benefaciens. Wan| "^r, ^j In tui custodia vigilaos, bene ms^^ ^ juvat multos, et melius facit et ▼»"*
ALLIANCE DE L'ETAT ECaESIASTIQUE ET DU MONASTIQUE.
si implere non sufQcit, absque aliqua iniquitate , id est, absque quadam insqualitate vita et coDTersationis suse^ mémento quia cbaritas operit multitudinem peecatorum. Hœc dicta sint contra geminam tentationem, qua saepe ynrl refigiosi episcoporum vel ambire gloriam, Tel excessus temere judicare diabolicis instiga* tioDibus incitantur (In Cantica serm. xii). »
YI. Les congrégations religieuses, animées de ce même esprit de saint Bernard, se tenaient très^troitement unies et assujéties aux évoques, épousant leurs intérêts avec un zèle plein de sagesse dans toutes les occasions importantes.
On peut Toir les lettres de Hugues, abbé de Pontigny, de saint Bernard, abbé de Clairvaux, d*Etienne, abbé de Citeaux, et de tous les abbés de sa congrégation, adressées au pape Honoré II et au roi de France Louis le Jeune, pour faire rétablir dans les bonnes grâces de ce prince révêque de Paris, contre lequel il avait fait éclater son indignation. Ils rendirent, peu de temps après, le même office à Tarchevêque de Sens (Baronius, an. 1127).
Dans le schisme d'Anaclet contre Innocent II, ils donnèrent un grand poids à l'affermissement de la paix et de Tunité de VEgh'se, en se déclarant, avec toutes leurs diverses congrégations, pour Innocent. C'est ce que nous apprenons de jsaint Bernard.
a Itaque Camaldulenses , Yallosombrani, Carthusienses^ Cluniacenses^ et qui de majori monasterio suut^ mei quoque Cistercienses, Castemblenses, Cadumenses, Tironenses, Saviniacenses^ universités denique et unanimitas fratrum, tam clericorum^ quam monachorum regularis vitœ, probatœque conversationis, sequentes episcopos, lanquam grèges pastores sues, Innoceotio firiniter adhœrent (Baronius, an. 1130, epist. cxxvi). »
L'auteur contemporain de la vie de saint Antbelme, évêque de Belley, dit la même chose dans une autre occasion semblable : < Intérim pneeuntibus Carthusianis ac Cisterciensibus Alexander pontifex aGallis, Hispanis, Britannis brevi receptus est (Sur., die 26 Jun.)» VII. Après tout ce que nous avons dit, on ne trouvera pas étrange que Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, ait écrit que toutes les chaires épiscopales, patriarcales, et le Siège Apostolique même étaient le plus souvent remplis par des moines, qui n'y montaient que par les degrés de rélection et du mérite.
« Quid indecens si religiosae EccIesisB religiosus, sapiens, litteratus monachus, inde in pontiQcem electus est, unde épiscopales^ archiépiscopales, pairiarchales , et ipsa omnium vertex Ecclesiarum, Apostolica et Romana Sedes, patres sibi assumere consueverunt (L. i, ep. 29). »
Guillaume, roi d'Angleterre, demanda à saint Hugues, abbé de Cluny, six des religieux pour être les oracles et les lumières vivantes de son conseil, dans la disposition des évcchés et la conduite des églises de son royaume : a Supplicando, ut sex ei personas dirigeret ex fratribus nostris, quorum consilio agere posset, quidquid illi de Ecclesiis ordinandis foret agendum, eisque rectoribus constitutis, securus esset de ovibus custodiendis atque regendis (Bibl. Clun., p. 453). » Le refus qu'en fit cô saint abbé n'est pas moins digne d'admiration que la demande du roi.
L'empressement qu'un prince marque d'avoir auprès de lui de tels ministres et de tels conseillers, lui fait certainement beaucoup d'honneur; mais un abbé mérite inflniment, lorsqu'il retient ses vertueux moines dans leur sainte et tranquille solitude, et ne les abandonne point aux appâts trompeurs d'une vie tumultueuse et aux dangereux écueils de la cour.
Le roi Louis le Gros prit Thabit de Sainte Benoit et fit profession avant sa mort. Suger, abbé de Saint- Denis, qui en fut témoin, dit que les archevêques en faisaient autant : a Videant qui monasticœ paupertati derogant, quomodo non solum archiepiscopi , sed et ipsi reges, transitorise vitam seternam praeterentes , ad singularem monastici ordinis tutelam securissime confugiunt (Baron., an. 1136, n. 12). »
Henri, frère du roi Louis le Jeune, se fit moine de Citeaux, et aussitôt après on l'élut évêque de Beauvais (An. 1149, n. 11). Bernard, abbé de Bonneval, dans la vie de saint Bernard (L. n, c. 7), nomme un pape, deux cardinaux et un grand nombre d'évêques qui étaient déjà sortis de Clairvaux.
Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, ayant appris que l'évêque de Paris avait arraché de SaintrMartin-des-Champs le chantre de son église, qui s'y était retiré pour y faire profession monastique, lui écrivit une lettre pleine de doctrine et de liberté (L. m, ep. 13, 13), lui remontrant que le grand saint Grégoire et le concile IV de Tolède avaient prescrit des règles
DES G0N(at£6ÀTI0NS. — CHAPITRE DIX-HCmËME.
bien contraires à l'action qu'il venait de faire^ voulant qu'il fût toujours libre aux ecclésiastiques de s^engaget dans une profession et dans une vie plus écartée des orages du siècle : c Qui meliorem vitam «equi cupiuut, liberos esse debere ab episcopts (Regest. xvi, ep. 92). »
Innocent III écrivit à Tévêque de Genève que, s'il avait autrefois voué de se faire religieux et que si, tardant d'accomplir son vœu, il avait été appelé à Tépiscopat, il devait 8*en démettre pour aller accomplir son vœu; après quoi, si on relisait encore une fois, il pourrait consentir à cette élection : « Consulimus, quatenus si iuam omnino sanare conscientiam desideras, regimen résignes Ecclesiae mémoratœ, ac reddas Âltissimo vota tua : in boc tibi gratiam facientes, quod si capitulum ejusdem Gebennensis Ecclesiae te poslmodum canonice duxerit eligendum, concedimus ut electionem recipias taliter de te factam. »
vin. La vertu a besoin d'un contre-poids de peur qu'elle ne se perde et ne s'anéantisse en s'élevant trop ; aussi la Providence a permis, que l'estime excessive que des religieux ont conçue pour la sainteté de leur état, les ait portés à des extrémités très-fâcheuses, qui ont pu par leur guérison aussi servir de correctif à tous les autres.
Matthieu Grabon, jacobin de Weimar en Saxe , publia au temps du concile de Constance , que la pratique des conseils évangéliques était propre et particulière à les pratiquer ailleurs sans péché; et que par conséquent c'était un crime de renoncera tous les biens de la terre, et de les distribuer aux pauvres, si l'on ne s'engageait en même temps dans quelque religion approuvée. Le concile de Constance (Tom. i, p. 628, etc.] l'obligea à rétracter toutes ces erreurs, et le savant Gerson écrivit un petit traité contre lui, où il montre que la religion chrétienne est la véritable religion, que J.-C. l'a parfaitement pratiquée sans vœux, qu'on peut en pratiquer même tous les conseils sans vœu ; que les religions monastiques ne sont pas tant des étatg de perfection, que des voies et des instruments pour l'acquérir : a Melius nominarentur viœ quœdam, vel instrumenta, seu dispositiones ad perfectionem acquirendam, quam status perfectionis. d Enfio, que le pape, les cardinaux et les prélats peuvent et doivent observer plus parfaitement la religion chrétienne que les moines, puisqu'ils sont dans un état qui exige
une vie entièrement parfaite, t (ioit statu perfectionis exercendœ. n
IX. Quant à l'Eglise grecque ^ Grégoras rapportant l'élection du patrâià de Constantinople Niphon, dont il EaitgkÉs' d'avoir été disciple, dit qu'aussitôt salnane entra en religion, et que lui-même n^fs osé monter sur le trône patriarcal sais Mm pris l'habit monastique : a Et ipse lepeRita Sedishabitum monasticum induisset (Ln4* si l'empereur ne l'eût empêché, parce que ki médecins avaient jugé que la délicateae 4s sa complexion demandait absolument qrt mangeât de la viande. Les autres évèq«B Grecs étaient aussi, et sont encore préseofement tirés des cloitrea.
Comme les prêtres et les diacres grecs « sont en quelque façon donné l'exclusioa et répiscopat par leur incontinence, ils se maà jetés eux-mêmes dans la nécessité de n'avoir que des moines pour évêques. Mais ce n'est pas la continence seule, c'est toute la suite des austérités claustrales, que les évêques grecs font monter avec eux sur le siège épiscopal, comme il parait ici de l'abstinence de b viande.
On peut voir dans rAndronic de PachTinèrs au liv. I, chap. 34 et au liv. ii, chap. 2^ le chagrin des clercs, qui ne pouvaient tout as plus monter qu'à la prêtrise, tous les évéchés étant réservés aux moines.
X. Toutes ces marques d'alliance frës-étroîte de la cléricature avec l'état monastique sont comprises en quatre ou cinq paroles de saint Bernard, qui fut la gloire des moines, mais qui n'en fut jamais le flatteur. Il dit que Tordre monastique a commencé avec l'Eglise, ou plutôt que c'est par là que l'Eglise a commencé : a Ordinem nostrum qui primus fait in Ecclesia, imo a quo cœpit Ecclesia : cujus Apostoli institutores, cujus hi quos Pauius tam sœpe sanctos appellat, inchoalores exttt^ runt (Apolog. ad Cuill. Abb.). ^
II paraît par ces tirmes, que selon la pensée de ce saint et savant Père, les apôtres ont fail les premiers profession, non -seulement de l'état ecclésiastique par les divines fooctioDS du sacerdoce, mais aussi en quelque façon de l'état religieux, par la pratique rigoureuse des conseils évangéliques. Ainsi ces deux états de la cléricature et du monachisme ayant été si alliés dans leur première origine, il ne se peut que dans la succession des siècles^ ils ne
ALUiVNCE DE L'ËTAT ECCLESIASTIQUE ET DU MONASTIQUE.
conservent entre eux des rapports et des correspondances admirables pour leur gloire et leur conservation commune.
Otbon^ évêque de Freisingen, a cru que c'était celte teule d'ordres monastiques et de saints religieux, qui arrêtait Ie& traits de la colère de Dieu si justement irritée contre le débordement de tant de crimes par toute la terre, a Ex peccatorum nostrorum mullitudine haud diu stare posse mundum putaremus, nisi
sanctorum mentis verœ civitatis Dei cîvium, quorum in toto orbe copiosa varie et pulchre distiacta florercnt coUegia, sustentaretur. Di- Tersos religiosorum ordines, quorum, ut dixi, sanctitate a misericordissimo judice malignitas mundi supportarelur, silentio praeterire incongruum arbitramur; ut tantorum malorum turbulentia^, clarorum virorum gesta insignia metam et articulum ponamus (Chron., 1. vu, c. 34). (1) »
(1) Rien ne sera ploi capable de faire toacher da dofgt l'allianee de l'état ecclésiastique et du monastique, que Tbomaasin a dével ppée et suivie si BaYamment, que le relevé suivant, qui nous a coûté d'immenses rechercties. Voici donc, & travers les âges de l'Eglise, la nomenclature des papes qui ont appartenu aux instituts religieux. A l'exception de ceux qui sont connus de tout le monde pour avoir été moines , nous joindrons les autorités. L'année est celle de leur mort.
Saint Télespbore, 139, anachorète [Anatt. BibL^ i, coL 183). Saint Denis. 269, moine (M.., col. 133 et 131). Saint Grégoire le Grand. 604, bénédictin (Ci/icc, Bist. Pont.), Saint Adéodat, 676, moine du monastère de Saint-Erasme, au mont Cœlius (Préf. d'Antut., col. 91).
Saint Agathoo, 682, moine do coaTent.de Saint-Equitios (CtacOki Aneut.),
Saint Léon 11, 683, étaanoine régulier [Ciaee.), Benoit H, 68!^, chanoine régnJier de Latran (/</.). SergiuB 1er, 701, ciianoine régulier [IdJ). Saint Grégoire U, 731, bénédictin {là.). Saint Grégoire 111,711, bénédicUn (/(/.).
Saint Zacharie, 752, abbé du monastère de Saint-Chrjiogone, & Rome {Lttitpr.f col. 1077).
Etienne IV, 772, bénédictin, abbé de Saint^^nirytogone {Anati., col. 1150).
Paeeal 1er, 824, bénédictin, abbé da monastère de Saint-Etienne, prèe Saint-Pierre {Anast.), Eugène II, 827, chanoine régulier (Ctace.). Grégoire IV, 8ti, bénédicUn '/d.).
SergiuR II, 847, chanoine régulier (/</.).
Léon IV, 855, bénédictin du monastère de SUatrMartin, près Saint-Pierre [Anast,),
Formose. 896. chanoine régulier ^Id,), Jean IX, 900, bénédictin (CtVicc.).
Benoit IV, 903, chanoine régulier de Latran (id.). Léon V, 903, bénédictin {Id.), iandus, 914, chanoine régulier de Latran {Id,). Léon VU, 939, bénédictin, il l'atteste lui-même dana une de Mi lettres (Patrol. de Afigne, t. czxxii, coi. 1047). Sylvestre H, 1003, bénédictin.
Sergius IV, 1012, bénédictin (Ciaee.),
Clément II, 1016, bénédictin {D<m Gaettad , pféf, à Satnt Pierre DamieHy patrol. y t. cjlv).
Saint Léon IX, 1051, bénédictin [S, Pet, Dam, r, coL 179). Etienne X, 1058, bénédictin, abbé du MontrCaaaln (Sotfi, Stor. ffltal,^ XIV, p. 277).
Alexandre II, 1073, chanoine régulier (Ciacc.). Saint Grégoire VU, 1085, bénédictin.
Victor lU, 1087, bénédictin (S. Pet, Dam,^ t n, ooL €87, Miffn»).
Urbain II, 1095, bénédictin (S. Pet, Dttm,^ ooL 867).
Pascal n, 1118, bénédictin (S, Pet, Dam. n, eoL 867)
Gélase IT, 1119, bénédictin {Ciaec.).
Innocent II, 1143, chanoine régulier de Latran {Td,).
LuciuB II , 1145 , chanoine régulier de la basillqoe de Sainte* Croix {Id.).
Eugène III, 1153, cistercien, disciple de saint Bernard.
Anastane m, ll.'>3, chanoine régulier de Samt-Ruf (Ftf/yoO*
Adrien TV, 1159, chanoine régulier de Saint-Ruf, près d'Avignon {Id.), •
Locius III, 1185, chanoine régulier de Latran {Ciaee.),
Grégoire VIII. 1187, cistercien d'après dom Lenaln, {But, de Ctfeacur, vt!. p. 325 ; ptémontré d'après Hurter, inst, de VBgl., n, p. 473, suivi par Lequeax, antiq, relief, de Soissons et de Laon, n, p. 83).
Clément m, ri91, chanoine régulier de Latran (riaec). -
Célestin IV, 1212, cistercien de l'abbaye de Hautecombe en Savoie (Dom Guéranger, saint Louis et la papauté),
Urbain IV, 1264, cistercien {Béraud, Bist, des comtes de Champoffnet n, p. 91).
Innocent V, 1276. dominicain [Hélyot et autres),
Nicolas IV, 1292. franciscain ( Wading, asm, ord. S» #Wme.)»
Saint Célestin V, 1294, célestin.
Benoit XT, 1304, dominicain {Baron., Ann. Bed,),
Benoit Xn. 1342, cistercien {Baluse),
Clément VI, 1352, bénédictin {Id.),
Urbain V, 1372, bénédictin de l'abbaye de Saint-Tietor de Mariellle {Id,),
Alexandre V, 1410, franciscain (Ami. Seel).
Eugène IV, 1447, chanoine régulier dea Célestea, à Tealae {Opéra D. Barthol. a Martyr,).
Sixte IV, 1484, franciscain.
Jules II, fôia, chanoine régoUet da Saint-Bof (Alliée MRtt. da Lérins, i. 352).
Paul IV, 1559, théatin.
Saint Pie V, 1572, dominicain.
Sixte-Quint, 1590, franciscain.
Benoit XIII, 1730, dominicain.
Clément XIV, 1774, cordelier do couvent dea Sainta-ApOtrea, à Rome.
Pie VU, 1833, bénédictin de l'abbaye de IMnt-Paul, à Rome.
Grégoire XVI, 1846, camaldule de l'abbaye de Saint-Giégoira, à Rome.
Peut-être avons-nous fait quelques omissions, nais noua croyona qu'elles sont rares. Dom Gaetani, dans son épltre dédicatoire à Paul V, pour l'édition des œuvres de saint Pierre Damien, ne craint pas d'affirmer que tooa Ica papea, juaqa'en 1144, ont été bénédictins.
(Dr Anobb.)
Ta. — ToMi II.
DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE DIX-NEUVIÈME