C. VI
L*étole commune aux prêtres et aux diacres était appelée a orarium ; les prêtres la portaient sur les deux épaules et la laissaient flotter de part et d'autre , sans la lier. Les diacres ne la portaient que sur Tépaule gauche. Mais les prêtres avaient encore une étole qui leur était propre, qu'on appelait a epitrachelium ; » elle était plus large que Tautre étole, et (Jn la liait devant l'estomac . Enfin sur l'étole commune le mot à-yioç était écrit ou brodé trois fois , ce qui n'était pas dans Tépitracbelium. Ce que le patriarche Germain a appelé aperitrachelium,» ne semble être autre chose que l'étole étroite
des prêtres.
Xll. 11 y avait encore un manteau, p^v^uoç, qui était commun aux empereurs et aux évêques. Codin parle souvent de celui des empereurs, a imperator induit super saccum et diadème mandyamaureum. (Ibid., c.xvii. » Il n'a pas oublié celui des évêques, a episcopi ad bonorem imperatori habendum profecti, venerantur illum , cum mandyis suis fluvios habentibus (De officiis Eccl. Const., c. xx.) »
Ce manteau était une chape très-ample et flottante de toutes part si l'étoffe ou la broderie était à ondes, et outre cela il y avait au haut quatre pièces ajoutées , et vers le milieu des rubans, de couleur rouge ou blanche; et tout cela figurait ces torrents de grâce et de sagesse qui doivent couler, selon TEvangile, du ventre de ceux qui ont reçu la plénitude de l'Esprit- Saint du sacerdoce. C'est ainsi que l'explique Siméon de Tbessalonique.
Le pallium se donnait aux évêques quand on les ordonnait; l'étole large aux prêtres, rétole étroite aux diacres, le sticharion aux sous-diacres. On leur ôtaitces mêmes ornements en les dégradant. Nous avons déjà remarqué que le patriarche Ignace , en rétablissant les évêques et les prêtres, rendit le pallium aux seconds. Lorsque le pape ou antipape Léon déposa Benoit V, pape, et l'abaissa au rang des
diacres, il lui ôla la chasuble et l'étole, a Omni pontiflcatus et presbyteratus honore privamus. • Nous reviendrons à la matière du pallium , après avoir remarqué , que le « sticharium » des Grecs (<mx«p«w <rroix*piw) était l'aube des Latins, et était commune aux sous^acres et à tous les ordres supérieurs.
Le patriarche Germain nous a assuré qu'il était blanc. Siméon de Tbessalonique en dit autant. Codin fait cette peinture de l'archidiacre du palais. « Gestans consuetum sibi sticharium, et super ipsum phelonem, casulam, non autem epitrachelium, sed orarium. (De officiis Eccl. Const., c. ix). » N'étant que diacre, il ne pouvait pas porter l'étole large; mais parce qu'il était l'archidiacre du palais, il portait par privilège la chasuble. Les sticharions étaient de couleur de pourpre ou violette en carême, excepté aux jours de l'Annonciation, des Palmes et du grand samedi, selon le naême Codin.
XUI. Le polystorium, dont il a été aussi parlé , n'est autre chose que le pallium, ou omophorion des évêques. Ce n'est qu'une bande large environ de quatre doigts ou un peu plus , qui environne le col, et descend devant l'estomac par-dessus la chasuble, jusqu'au-dessous des genoux, toute parsemée de croix (L. i, ep. 136). On le donne à tous les évêques de FEgiM grecque quand on les ordonne , et Isidore de Péliise dit qu'il est tissu de laine et non de lin, afin de représenter plus proprement la brebis égarée , que le bon Pasteur rapporte sur ses épaules.
Le VHP concile général fit une sévère réprimande aux évêques qui portaient ce pallium , en toutes sortes de lieux et de temps , a quovis tempore divini sacrificii, autquacumqueecclesiastica functione, » au lieu que les canons ne leur permettent d'en user qu'à des temps et des lieux réglés, a certis statisque temporibus et locis. »
Isidore de Péluse a remarqué que pendant qu'on récitait l'évangile, qui est la parole vivante du Pasteur éternel, l'évêque déposait le pallium entre les mains d'un diacre, et Siméon de Tbessalonique dit qu'il ne le reprenait qufrpour communier au corps et au sang de J.-C. Dans les messes où l'on ordonnait un ëvêque, le célébrant portait le pallium durant la cérémonie de l'ordination.
Voilà ce qui se dit communément du pallium ou de polystaurion des Grecs. Zonare néaa-
DES HABILLEMENTS DES CLERCS DANS LA VIE CIVILE
moins assure que les éyêques de Césarée , d'Ephèse, de Thessalonique et de Corinthe ayant été déclarés exarques, c'est-à-dire primats ou petits patriarches, ce fut comme une suite nécessaire de leur laisser porter le polystau-
rion dans leurs églises, a Quibus etiam propterea prœrogative nomine polystauria in suis ecclesiis gestare permissum est (In Can. xvii, Calced.). ^ Nous tâcherons dans la suite de concilier ces contrariétés.