XIII. Autres remarques du pallium des Grecs
I. Des habits communs des ecclésiastiques, il faut venir à ceux qui servent à Fautel.
Théodulpbe, évêque d'Orléans, renouvela dans son capitulaire (Can. xviii) les anciennes défenses de faire servir aux usages communs les caliôeis, les patènes et les autres vaisseaux sacrés , pour ne pas imiter l'impiété sacrilège de Balthazar, à qui une semblable profanation ne coûta rien moins que la vie et l'empire.
11 n'est pas permis, suivant Réginon (Pag. 27) , de célébrer la sainte messe avec la même aube qui servait aux usages communs : a Si absque alba, aut cum illa alba , qua in suos usus quotidie utitur^ missam cantare praîsumat. b Riculphe, évêque de Soissons (Cap. vn), avait lait la même défense dans son capitulaire : a Hoc omnimodis probibemus, ut nemo illa alba utatur in sacr is mysteriis, qua in quotidiano vel exteriori usu induetur. »
Les anciennes instructions synodales des évêques à leurs curés répètent cette même défense, et représentent tous les habits sacerdotaux : a NuUus cantet sine amictu, alba^ stola, fanone, casula, et hœc vestimenta niiida sint , et ad nuUos usus alios sint. Nullus in alba qua in suos usus utitur, praesumat càntare missam (Append. Baluzii ad Regin., pag.603, 607.)» Et dans un pontiûcal romain : « Missam jejuni tantum, et non in vestibus communibus, sed
sacris , amictu, alba, cîngulo, manipulo, stola, et casula, vestimentis nitidis, quee ad alios usus non serviant. »
On ne défendrait pas de se servir de ces habits sacrés dans le commerce civil, s'ils n'y avaient servi autrefois , et si quelques - uns moins respectueux ne les y eussent encore fait servir. Pour les approprier encore davantage à l'autel , on les enrichissait d'or et de broderie, comme il nous paraît par le testament de Riculphe, évêque d'Elue,
0 Amictos cum auro quatuor, albas quînque, très claras, et planas duas. Roquos quatuor, unum purpureum cum auro; zonas auinque, unam cum auro et gemmis pretiosis , et aiias quatuor cum auro , stolas quatuor cum auro, unam ex illis cum tinlinnabulis, et manipulos sex, unum ex iis cum tintinnabulis : casulas episcopales optimas très, annulum aureum, unum cum gemmis pretiosis, et vrantos paria unum. »
II. Les reines mêmes consacraient leurs royales mains à ces pieux et magnifiques ouvrages , comme il paraît par la lettre que la reine Ermentrude, femme de Charles le Chauve, écrivit à Pardulus, évêque deLaon : aStolœcujus imposuistis laborem, libenter experiri curabimus, etnoxium studebimus otium evitare. (Lupus Ferrar., epist. lxxxix). »
Eginhard témoigne que l'empereur Charlemagne fournit des vases et des ornements à l'église avec une somptuosité qui égalait sa piété et son zèle , en sorte qu'il ne permettait pas seulement aux portiers qui sont dans le dernier rang du clergé, de faire leurs fonctions pendant le service divin , s'ils n'étaient revêtus d'ornements ecclésiastiques différents des habits communs.
a Sacrorum vasorum ex auro et argento vestimentorumque sacerdotalium tantam in ecclesia copiam procuravit, ut in sacrificiis celebrandis , ne janitoribus quidem qui ultimi ecclesiasUci ordinis sunt, privato habitu mi-
DES HABITS SACRÉS DES ECCLÉSIASTIQtJES.
nistrare necesse fuisset. (Du. Chesne, tom. ii, pag. i03.)i>
III. D'où il paraît encore que la coutume de célébrer le sacrifice avec les habits communs s*al>olissait peu à peu et par degrés jusqu'aux moindres ministres de rÊglise, Ce qu'on peut encore confirmer parce que le moine de Saint- Gall raconte du même empereur Cbarlemagne, quMl allait à la chasse avec un habit fourré dd peau de brebis de même prix à peu près que celui avec lequel saint Martin célébrait autrefois la messe : c Carolus habebat pellicium berbicinum, non multum amplioris pretii, quam erat roccus ille sancli Martini , quo pectus ambitus. nudis brachiis Deo sacrificium obtulisse, astipulationedivina comprobatur. (L. ii, c. 10).»
En effet tous ces termes : a Alba, Casula y Cappa, Stola, » étaient les noms des habits comnums^ aussi bien que ceux des dalmatiques et des palliums, dont le même Cbarlemagne fit présent aux églises épiscopales d'Angleterre,, afin qu'on offrît à Dieu des prières pour le repos de Tàme du pape Adrien : a Aliquam benignitatem de dalmaticis nostris , vel palliis ad singulas sedes épiscopales direximus, in eleemosynam domni apostolici Adriani. (Du Chesne, tom. ii, p. 223, 569.) »
Les dalmaliques étaient des habillements royaux aussi bien que le pallium, comme nous en assurent les Annales de Fulde , quand elles représentent Charles le Chauve, empereur, avec les habits des empereurs de la Grèce : « Nam talari dalmatica îndulus , et balteo desuper accinctus, pendenle usque ad pedes, etc.»
IV. Alcuin dit que les dalmaliques furent substituées parle pape Sylvestre aux coules, colobxa , qui n'avaient point de manches : « Usus dalmaticarum a beato Sylvestro inistitutus est. Nam antea colobiis ulebantur. Colobium vero est vestis sine manicis. Cum ergo nuditas brachiorum culparetur, a beato Sylvestro dalmaticarum repertus est usus. Est autem vestimentum in modum crucis. (Dedivinis Offlc, c. xxxix.) »
Cela peut servir à expliquer ce que le moine de Saint-Gall vient de nous dire que saint Martin avait autrefois dit la messe ayant les bras nus.
Le même Alcuin ajoute que les dahnatiques avaient les manches fort larges, et qu'aux jours que le diacre n'usait point de la dalmatique, il se ceignait le corps avec la chasuble, pour être plus dispos aux fonctions de son mi-
nistère, et pour montrer qu'il est l'exécuteur universel des mandements de l'évêque : a Diaconus, qui non est indutus daftiatica, casula circumcinctus legit , ut expedite possit ministrare; velquià ipsiusest ire ad comitatum, propter instantiam necessitatis. »
Ce passage d' Alcuin mérite une réflexion toute particulière , parce qu'il nous développe la raison d'un usage fort singulier dans l'Eglise. Le diacre, au heu de la dalmatique, qu'il quitte presque tous les dimanches de l'Âvent et du carême , se couvre d'une chasuble, maïs en la façon qu'Alcuin le représente, s'en ceignant le corps, afin d'être plus libre et plus-dégagé dans l'exercice de ses fonctions, a Casula circum^ cinctus legit. »
11 est vraisemblable que ceux qui n'ont pas agréé cette mode de se ceindre avec la chasuble ont inventé l'étole large, qui tint lieu de la chasuble pliée et ceinte à l'entour du corps. Ainsi la dalmatique ayant été originairement un habit impérial , ou au moins d'une éminente dignité, on ne trouva pas bon que les diacres s*en servissent tous les jours, et aux jours qu'on la leur ôla, on leur rendît la chasuble, qui était l'ancien ornement.
y. Revenons à la magnificence et à la somptuosité des vases sacrés et des ornements sacerdotaux. Saint Odon, abbé de Cluny, ne désapprouve que la vanité de ceux qui ne sont passionnés que pour cet éclat extérieur qui frappe les yeux des hommes charnels, et qui négligent en même temps de purifier leur coeur, pour se rendre agréables aux yeux de la vérité étemelle. aNonnulti vanitatis studio dediti auratiset accuratîs vestibus , et vasis , prétiosi metalli ad hoc sanclum mysterium celebtandum delectantur. Qui bene quidem flslcerent, si corda sua pariter in divinis oculis omarent. (Collât., L II, c. 34.) »
11 faut donc référer à la gloii^-de Dieu toute cette pompe extérieure de riches ornements, qui réveillent en nous le souvenir et l'amour des véritables richesses de la piété intérieure, a Qui autem pulchritudini vasorum , vel vestium studet , ad solius Dei laudem in faciat. »
Quant aux religieux propriétaires, qui amassent des trésors pour les consacrer à l'autel , c'est avec beaucoup de justice que ce saint abbé blâme ce déscH'dre , et proteste que ces ofTrandes ne peuvent être agréablesàCelui auquel ils avaient voué le trésor incomparable de la pauvreté volontaire.
VI. Venons aux Grecs. Ignace^ patriarche de GoQstantinople, voulut être enterré avec la chape ou la chisuble de saint Jacques , qu'on lui avait envoyée de Jérusalem : a Venerandum Jacobi fratris Domini superhumerale (iiz^^liç) cum veneratione illi induunt, quod antealiquot annos Hierosolymis sibi missum , etc. ( In vita Ignalii). b
C'était révoque de Jérusalem , qui avait envoyé cet estimable présent au patriarche Ignace, par ceux même qu'il envoyait au concile VIII général four y tenir sa place en qualité de légats. Voici les termes de sa lettre^ qui se lit dans la première session de ce concile, a Poderem et superhumerale cum mitra, pontiQcalem stolam sancti Jacobi aposloli, primi archiepiscoporum , quam antecessores mei patriarcbae circumamicti semper in sancta sanctorum ingrediebantur, sacerdotio fungentes, qua et ego ipse indutus sum^ transmisi, etc. »
L'auteur 4e la vie du même saint Ignace , remarque que Photius, faux patriarche de Constantinople , pour attacher plus étroitement les prélats à son infâme parti , bénissait des chasubles et des étoles, («ftcKpoput, ûfMipia) et leur en faisait des présents, a Humeralibus, et orariis et aliis status sacerdotalis coemplis insignibus, secreto preces super ea quasdam, si tamen procès^ et non potiusdirœ execrationes appellandaB sunt, pronu niabat ,sicque ea singulis loco muneris largitionisque dabat. »
Le patriarche Ignace , dans la session II du concile VllI (Act. 2. Synod. vui), rendit la chasuble ou le paliium aux évêques qu'il rétablissait en leur dignité^ dont ils avaient mérité d'être dépouillés par leur attache criminelle au parli de Photius. a Sumens patriarcha superhumeralia y tradidit eis. b Les prêtres complices du même crime furent rétablis en recevant leur étole : a Susceperunt a patriarcha oraria sua. » *
VU. La donation prétendue de Constantin, rapportée par Balsamon, sur le Nomocanon de Photius, fait accorder au pape tous les ornements impériaux, qui sont les mêmes que ceux du royal sacerdoce de TEglise : Prœterea etiam diadema, seu coronam capitis nostri; simul etiam lorum , et superhumerale , quod imperatorium coUum circumdat ; et simul etiam purpuream chlamydem, et tunicam coccineam et indumenta regia , etc. » Cette libéralité se irépand sur tout le clergé, à qui sont accordés tous les pompeux ornements des sénateurs
romains : <k Clericos sanctae Romanae ecclesias orûari decernimus , et illam habere amplitudinem et majestatem, qua ornatus erat magnus noster senatus , seu patritii et consules et reli* quœ dignitates. »
Cette donation ne fut pas fabriquée pour donoer quelque chose au pape, ou à ses cardinaux, mais pour donner une origine plus haute et plus éloignée à tous les avantages dont ils étaient déjà en possession. Il nous sufQt de remarquer que tout le monde était bien persuadé que les plus riches habillements du sacerdoce de l'Eglise avaient été communiqués par les princes temporels qui voulaient honorer ces honneurs mêmes , et donner un nouvel éclat à ces ornements royaux , en les approchant de la royauté sacerdotale et céleste de TEglise.
Le patriarche de Constantinople prétendit à ces mêmes ornements impériaux du pape, parce que le concile 1*' de Constantinople communiqua à la nouvelle Rome les avantages de Tancienne. Hais cette prétention ne réussit pas, comme le dit Balsamon au même endroit. Le droit dont tous les patriarches d'Alexandrie ont usé après saint Cyrille de porter le phrygium , c'est-à-îdire , la mitre précieuse , a été mieux fondé, au rapport de Balsamon au même endroit, parce que le pape Célestin l'avait accordé à saint Cyrille, en le faisant présider en sa place au concile œcuménique d'Ephèse (In Nomocan., tit. 8. c. i.)
yill. Dans le droit oriental, Cabasilas, archevêque de Durazzo, demande si l'on peut ajouter au sticharion , et au pbœnolion de pourpre les figures des rivières et des croix en broderie qu'on ajoute aux ornements épiscopaux blancs : et si l'ornement qu'on appelle le sac, peut être fait de pourpre. L'archevêque de Bulgarie, Demétrius Chomaténus lui répond que les ornements de pourpre sont toujours simples dans l'Eglise, et qu'on n'y ajoute ni fleuves, ni .croix. (Tom. i, p. 318.) Quantau sac, comme les pontifes n'en usent que les jours de Pâques, de Pentecôte et de Noël, il ne peut pas être de pourpre, puisque la couleur de pourpre est destinée à marquer le deuil, et n'est employée dans l'Eglise qu'aux jours de jeûne et aux mémoires des morts.
a Interrog. An consentaneum sit, in purpureis ppntificalibus veslimentis poni , quemadmodum et in albis , in stichario quidem flumina (anxdîpwv çaivoXiov), in phœnolio autem cru-
DES HABITS SACRÉS DES ECCLÉSIASTIQUES
ces; et an purpnreus saccus fleri debeat? RespoDS. Consuetudo Ecclesiœ pontiflcalia purpurea indumenta simpla vult esse, et sine pr8&dictorum fluminum cruciumque adjectione.
Saccum autem purpureum nequaquam nôvit ; quandoquidem saccus in tribus duntaxat anni celebribus dominicis festîs suum usum praebet nimirum magno Paschatis Dominico, Pentecoste et Natali Christi. Hoc igitur salis plenam fidem facit y saccus ut sit purpureus , necesse non esse. Cum etiam sint luctus insigne purpurea bujusmodi vestimenta. In solis enim jejunii diebus et mortuorum memoriis. »
IX. Entre les réponses de Balsamon à Marc, patriarche d'Alexandrie , en voici une à notre sujet. (Ibidem, pag. 381, 2.) Comme les ornements qui sont propres aux patriarches ne peuvent être communiqués aux évêques,tels que sont le sac et le poîystaurion , c'est-à-dire la chape parsemée de croix : ainsi les habillements sacrés qui sont réservés aux évoques ne doivent point être usurpés ni par les curés, ni par les abbés.
« Int. Licitum est, sacerdotes, quisuntabbates vel protopapiB, et pontifices super manicis et supergenualibus insigniri, an estvetilum? Resp. Supermanicarum , et supergenualium sacratissimns amiclus, solis pontiflcibus attributus est, velut figuram oblinenlibus Domini et Dei Salvatoris nostri Jesu Christi. Indeque peccata etiam hominum remittunt, aliaque majora ad imitationem Christi faciunt, quse sacerdotibus data non sunt. Quare nec supermanicarum, nec supergenualium merebuniur amictum. Nam supermanicae figura sunt manicarum, quibus erant constriclœ manus Domini et Dei nostri Jesu Christi , quando ad voluntariam passionem conlendebat. Supergenuale autem figura est linlei, quod induit Dominus , cum discipulorum pedes lavit. Quemadmodum igitur qua^ palriarchisper indumenta gratiœ tribuise sunt, ulli alii non dantur episcopo , saccus videlicet et polyslaurion; eosenim hisce decorari placuit utpote quorum nomina referuntur in sacris ad extrema usque orbis habitabilis : sic et episcopis conce$$a privilégia sacerdotibus non dabunlur, ne Eccle^iaslicorum privilegiorum fiât confusio , et Creatori dicat creatura , exœquor tibi. »
X. Outre les raisons générales de la bienséance et de la magnificence des fonctions sacerdotales, dont il fallait imprimer le respect
et la vénération dans les esprits du vulgaire, il y avait encore des raisons mystérieuses qui autorisaient l'usage de tous ces sacrés ornements, comme nous venons d'apprendre. 2® II y avait des ornements particuliers et plus riches affectés aux dignités supérieures. 3* Il y avait des couleurs affectées à certains offices. 4.*» Et tout cela était déjà d'une grande antiquité au temps que ces auteurs écrivaient, c'est-à-dire avant le douzième siècle.
Saint Germain, patriarche de Constantinople, qui vivait au commencement du huitième siècle, nous fait encore bien mieux connaître la nature , la forme et les significations mystérieuses de tous ces ornements sacrés. Il dit que l'étole (cttoXti) représente l'habillement d'Aaron qui descendait jusqu'aux pieds, et si elle est rouge, c'est pour faire ressouvenir de l'humanité de J.-C. trempée dans son propre sang. Les prêtres revêtus d'étoles représentent les séraphins avec leurs ailes. Les diacres, par la légèreté des ailes de leurs étoles imitent l'activité et les courses des anges. La tunique blanche marque l'éclat et l'innocence de la vie céleste des ecclésiastiques. Les cordons de la tunique figurent les liens dont J.-C. futchargé. Le a peritrachelium, » qjii environne le col, et a l'epitrachelium , d qui descend sur les deux épaules, figurent les chaînes, la croix et le roseau du Fils de Dieu dans sa passion. La ceinture marque sa divinité et son empire. La. chasuble représente la robe de pourpre dont J.-C. fut revêtu. Le pallium de l'archevêque figure l'étole du grand prêtre Aaron. Le pallium des évêques signifie la peau de la brebis égarée ; les croix dont il est chargé montrent la nécessité de se joindre au Fils de Dieu pour porter sa croix.
XI. Le (ptXioviov ou çatvoXiov dcs prêtros grecs, à quoi répond le terme latin « penula, » n'est autre chose que la chasuble des Latins, enferme de sac , n'ayant qu'une ouverture au milieu pour passer la tête , et du reste couvrant tout le corps, telles qu'étaient les anciennes chasubles, qu'il fallait replier sur les bras de part et d'autre. La chasuble des prêtres était ou violette, c'est-à-dire de pourpre, pour les jours déjeune, ou blanche pour le reste de Tannée : celle des é\êques était enrichie de croix. Hais cette distinction rapportée par Siméon de Thessalonique, était postérieure au temps de Balsamon, qui vient de réserver aux patriarches le Poîystaurion, ,
Le sac était un orneinent impérial , communiqué ensuite aux patriarches et aux mélrçpolitains , ayant effectivement la figure dun sac, sans manche et sans plis, pressant le corps de près ; les patriarches même ne le portaient qu'aux trois plus grandes fêtes de Tannée. Codin assure que les empereurs en usaient aux jours solennels. « Quando imperator fert stemma, aliud indumentum non gestat, prœter saccum et diadema. ( De ofûciis aulœ Const.,