DU PALLIUM DE L'ÉGLISE LATINE
du pallium : a Peto ut dum hoc pallium suscipitis , ejus honorem ac genium ex humilitate Yindicemus (L. m, ep. i). »
Lorsqu'il envoya le pallium à l'éyêque de la première Jusiinienne, il lui écrivit en même temps un sommaire de toutes les vertus épiscopales (L. iv, ep. vin). Il blâma Tévêque de Ravenne de n'être pas excité à lamour solide des vertus intérieures, par Téclat extérieur de ses babils : a Invenio quia honor episcopatus vestri^ totus foris in ostensione est, non in mente (Ep. xv). » Il écrivit à Virgile , évêque d'Arles, qu'il devait orner Fornement même de son pallium par une vigilance infatigable, pat* une piété tout extraordinaire , par un zèle du salut des âmes vraiment apostolique, a Sed jam nunc 'studio majori res indiget ; ut cum honor crescit, etiam soUicitudo proficiat; et erga cseterorum custodiam etiam vigilantia excrescat , vitae quoque mérita sybjectis in exemplum veniant, et nunquam sua per suscepti honoris gratiam , sed lucra cselestis patrise \estra fraternitas exquirat (Ep. l, li, un). »
En envoyant ce pallium et à Tarchevêque et au roi qui Tavait demandé, il les obligeait en même temps de remédier aux désordres qui avaient cours dans le royanme^ dont il s'était fait instruire. Il en usait de même envers Tévêque de Corinthe. Il promettait l'usage du pallium à Marinien, évêque de Ravenne (Ep. lv), pour s'en servir à la messe, et quatre fois l'an seulement aux processions par la ville , à condition que ce lui serait un nouvel aiguillon pour s'avancer dans les vertus pastorales. « Ut sicut a nobis bujusmodi decoris usum ad sacerdofalii officii honorem largiente Domino percepisti, ita etiam morum atque actuum probitate ad Christi gloriam snsceptum adomare contendas oCQcium (Ep. liv). d
CSes termes sont employés dans sa lettre à l'évéque de Syracuse (L.v^ ep.xvni). 11 exige la ivême réformation des désordres de l'Eglise (L. TU, ep. v) , en accordant à la rtine Brunehaut un pallium pour Tévêque d'Autun ; et écrivant à l'évéque d'Autun même : a Pallii te usu praevidimus honorandum ; quod tamen ita tibi dandum esse decrevimus, si prius per synodi definitionem emendari promiseris, quae corrigenda mandavimus (L. vu, ep. cxui). »
Voilà non pas un jurement à la vérité, mais une promesse que ce pape exige de faire corri-
ger dans un synode les abus et les dépravations de la discipline ecclésiastique du royaume » avant que de lui accorder le pallium. Quand il aurait exigé un serment , quel sujet aurait-on de se plaindre d'un zèle si louable ? Les laïques montaient aux évêchés, ou vendaient à prix d'argent les dignités les plus saintes de l'Eglise, était-ce un grand mal d'exiger une promesse, ou même un serment de corriger de si grands maa\? Et par le serment d'obéissance au S lint- Siége, le pape Zacharie et saint Boniface n'entendaient que cette sorte d'obéissance aux décrets du Saint-Siège.
Le même pape envoyant le pallium à saint Léandre , évêque de Séville, déclare que s'il n'y ajoute pas les devoirs de ceux qui le reçoivent, c'est parce que saint Léandre s'en acquittait avant que de l'avoir reçu. « Transmisso pallio valde debui qualiter vobis esset vivendum admonere, sed locutionem supprimo, quia verba moribus anteistis (L.vii,ep.cxxvi).» Il dit en un mot à l'évéque de Salone , que rame et l'esprit du pallium , c'est la justice et l'humilité : a Hujns indumenti honor, humilitas atque justitia est (Ep. cxxx). d
Il envoie le pallium à l'évéque de Palerme^ à condition de faire respecter le chef de l'Eglise, et observer les canons : c'est le sommaire de ce que fit Boniface. a Illud autem admonemus, ut apostolicœ Sedis reverentia nullius prsesumptione turbetur.Tunc enim status membrorum integer manet, si caput fldei nulla pulset injuria, et canonum manet incolumis atque intemerata semper autoritas (L. xi^ ep.
XLIV). ï)
XI. Au reste Jean Diacre, dans la vie de ce saint pape, montre bien que le pallium prenait déjà de son temps la figure qu'il a présentement, a Pallium ejus bysso candentecontextum, nuUis acubus perforatum , sic ipsum circa scapulas devolutum , non autem confixum , sicut vetustissimis musivis vel picturis ostenditur (L. IV, c. 80, 84.) 9 Alcuin confirme la même pensée, quand il compare le pallium au rational d'Aaron, a pro rationali nunc (Alcuinus, L de divin. OfHc). »
Je ne me suis point arrêté à réfuter la décrétale prétendue du pape Pelage^ rapportée par Gratien (Grat. Décret., ci, c. \), et que Burcbard et Anselme attribuent à Damase. Ces deux chapitres en contiennent une réfutation tout à fait convaincante.
Th. — ToM» IT,