‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 56 sur 297 · DU PALLTOM DEPUIS L'AN MIL · texte numérisé non relu

DU PALLTOM DEPUIS L'AN MIL

.porté quelque victoire. cPallium significat torquem, quem solebant légitime certantes accipère. » Voilà la première réflexion.

La seconde est, que cet ornement royal ayant d'abord été donné au pape et aux patriarches seuls, c'était une marque indubitable de leur éminente dignité et de leur supériorité au-dessus des autres évêques, comme si eux seuls eussent possédé avec plénitude la royauté du sacerdoce de J.-C.

Quand les papes communiquèrent quelques rayons de leur puissance patriarcale à ceux qu'ils établiseaient légats et vicaires apostoliques dans quelques royaumes particuliers, ils leur accordèrent en même temps le pallium, comme une marque de cette puissance nouvelle qui leur était donnée sur d'autres métropolitains. Ils envoyaient aussi le pallium aux métropolitains qui relevaient immédiatement du Saint-Siège, et qui en ce sens étaient primats; d'où il arriva que les vicariats apostoliques étant venus à s'éteindre, le pallium commença à être donné à tous les métropolitains, comme une preuve de leur indépendance de tout autre primat.

C'est ce qui causait cette ardeur extrême que les archevêques faisaient paraître pour obtenir le pallium, comme la couronne du souverain sacerdoce et du droit métropolitique. C'est ce qui poussa quelquefois les évêques à demander aussi le pallium, afln de s*exempter du joug et de l'obéissance de leurs métropolitains. Cest ce qui porta les archevêques à s'opposer

vigoureusement à toutes ces tentatives faites par des évêques amateurs de l'indépendance. C'est enfin ce qui allumait cette passion ardente des archevêques, de ne point souffrir de limites dans l'usage du pallium, ni pour les lieux, ni pour les jours, afln de s'approcher toujours davantage du suprême pouvoir des patriarches, qui ne quittaient jamais cet ornement sacré de leur autorité souveraine.

Après cela on croira sans peine que rien n'est plus contraire non-seulement à la vérité, mais aussi à la vraisemblance^ que de s'imaginer qu'il a fallu faire intervenir l'autorité du VHP concile général, pour contraindre les archevêques à demander le pallium ; ou que les papes se sont servis adroitement de cet artifice pour faire croire que le droit des métropoles était un pur bienfait du Saint-Siège.

Toute l'histoire fait foi au contraire que les papes ont été très-réservés à donner le pallium, qu'il a fallu interposer l'autorité des empereurs et des rois pour l'obtenir^ que les métropolitains en ont été très- passionnés^ comme d'une marque et de leur indépendance à l'égard des primats^ et de la dépendance de leurs suffragants à leur égard.

Raban a joint ces deux réflexions en ce peu de paroles : a Super hsec omnia summo pontiflci propter apostolicam vicem, pallii honor decemitur; quod genus indumenti crucissignaculum purpureo colore exprimit^ ut ipso indutus pontifex, a tergo et pectore crucem habeat (L. de Ordine Antiphonarii].»

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