‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 58 sur 297 · XI. Réilezions sur le concile VlITj et nrLoitprand · texte numérisé non relu

XI. Réilezions sur le concile VlITj et nrLoitprand

I. Comme le pallium des archeTêques demande des éclaircissements particuliers, il ea faut donner ici de nouveaux, que nous tirerons de ce dernier âge de l'Eglise.

Nous retoucherons premièrement à son origine. Nous examinerons ensuite la nécessité de l'aller recevoir à Rome, et après nous passerons à la loi qui défend les fonctions métropolilaines aux archevêques avant que de l'avoir reçu.

Enfin, nous traiterons du pallium des évèques grecs, après avoir dit que cet ornement sacré a toujours continué d'être le symbole d'une autorité éminente, accompagnée d'une éminente vertu. Aussi Guillaume de Malmesbury, dans l'histoire de Guillaume le Conquérant, assure que Malger, archevêque de Rouen, ne put jamais obtenir le pallium, parce qu'il était adonné à la chasse et à d'autres folles dépenses, a Tota vita pallii usu caruit, quod negaret Sedes Apostolica hujus honoris privilegium homini, qui sacratum negligebat otQcium. »

IL Léon IX inséra dans sa lettre, écrite en 1053 au patriarche Michel de Constantinople, une partie de la donation de Constantin, où entre les marques de la msyesté impérialecommuniquées aux pontifes de l'Eglise, le pallium n'est pas omis non plus que la mitre, c Deinde diadema, videlicet coronam capitis nostri simulque phrygium, necnon et superhumerale, videlicet lorum , quod impériale circumdare assolet ooUum, verum etiam et chiamydem purpuream, atque tunicam cocx^ineam, et omnia imperialia indumentaconferentes ei, etc. i»

L'auteur de cette pièce supposée ne trouva du crédit par le m(Hide« que parce que les pontifes étaient en possession immémoriale de tous ces ornements majestueux ; et parce qu'eflectivement ils étaient communs à l'empire et au sacerdoce , et avaient appartenu à l'empire avant que d'être communiqués aux évêques.

Nous avons parlé de la mitre dans le chapitre LU, et ce qui en a été dit, fait bien voir qu'elle était considérée comme une marque de royauté, puisque les papes en honoraient des souverains comme d'un nouveau sceau de leur souveraineté. Roger a remarqué qu'au sacre de Richard !•% roi d'Angleterre en 1189, on revêtit premièrement ce roi d'une tunique, puis d'une dalmatique, qui étaient des ornements royaux, c Induerunt eum vestimentis regalibus, primo tunica, deinde dalmatica. »

Les ornements impériaux ont donc été communiqués au sacerdoce.

III. Mais il importe extrêmement de remarquer dans le passage de la donation que nous venons de citer, la distinction affectée entre les bandes , auxquelles nous donnons le nom de pallium, c lorum quod impériale circumdare assolet collum, » et la chape, à laquelle ces bandes sont appliquées, et sans laquelle elles n'auraient pas la moindre apparence d'un manteau, a et chiamydem purpuream. »

Il est donc à croire que ces deux parties da pallium étaient déjà séparées, et que le pape n'envoyait que les bandes qui en étaient le plus riche ornement, et qu'il était aisé d'appliquer sur la chape ou sur la chasuble ordinaire. Je passe au second point*

IV. Glabert raconte comment le pape, voyant l'Eglise de Lyon déchirée par l'ambition démesurée d'un grand nombre de compétiteurs^ nomma pour archevêque saint Odilon, abbé de Cluny, lui envoyant le pallium et l'anneau. « Mittens pallium simul et annulum, imperavit eumdem prœdictœ civitati fore archiepiscopum (An. 1034, Glaber, 1. v, c. 4). » Ce saint abbé refusa cette dignité, et garda ces précieux dépôts pour l'archevêque futur qui fut nommé par le roi Henri, c Pallium et annulum suscipiens future reservavit pontiûci. »

C'était pour secourir l'Eglise de Lyon dans cette pressante nécessité, que le pape envoya le pallium , puisque les archevêques devaient l'aller eux-mêmes demander à Rome, selon Tusage reçu.

Lanfranc ayant été élu archetêque de Cantorbéry, Hildebrand, archidiacre de Rome, lui écrivit qu'on lui eût envoyé le pallium, s'il y eût eu un seul exemple dans ce siècle-là d'une pareille dispense, « si alicui archiepiscoporum vestris temporibus hoc concessum fuisse vidissemus (Epist. vi, inter epist. Lanfr.). » Le reste de la même lettre fait voir qu'on n'obligeait les métropolitains d'aller à Rome, que pour y conférer avec eux des obligations de l'épiscopat et des besoins publics de l'Eglise. « Unde necessarium nobis videtur, vos Apostolorum limina visiiare, quatenus de hoc et caeteris una nobiscum efflcacius, quod oportuerit, consalere valeamus, atque statuere. b

Lanfranc reçut à Rome du pape Alexandre II le pallium ordinaire des archevêques; mais par un privilège tout paiticulier, le pape lui donna encore son pallium propre, avec lequel

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