‹ Anciennes descriptions de Paris (volume 2)Chapitre 1 sur 77 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

lEN que la Lettre d'un Sicilien à un de ses amis ait eu plusieurs éditions, comme nous le dirons plus loin, elle a toujours été publiée comme un ouvrage anonyme.

On a voulu attribuer à Saint-Evremond cet opuscule : la première fois qu'il parut ce fut dans le recueil intitulé Saint-Evremoniana (1700). Pourquoi? C'est parce que Ton recherchait, à cette époque, tout ce qui sortait de la plume facile et gracieuse de cet ingénieux esprit : un grand seigneur doublé d'un homme de guerre.

On lit dans le Livre commode des Adresses de Paris pour 1692, ouvrage d'Abraham du Pradel — pseudonyme de Nicolas de Blégny, — au chapitre : Impres^

Il INTRODUCTION.

sions et commerce de libraire, t Le même sietir Barbin vend les œuvres de Varillas, celles de Saint-Evremond, etc., et beaucoup de livres galants. • C'est ce qu'on appelait les Barbinades, ajoute en note Edouard Fournier, qui a donné une nouvelle édition du Livre commode. Le Saint-Evremond était surtout en grande faveur auprès de Barbin ; il aurait voulu que chaque auteur lui en fît : f Le libraire Barbin, dit Voisenon, si célèbre dans le Lutrin de Boileau, alla un jour chez un auteur qui écrivait assez bien: — Eh! monsieur, lui dit-il, faites-moi du Saint-Evremond, je vous donnerai trente pistoles. Vous m'en avez déjà donné dont j'ai été très content* •. On trouve également dans ses œuvres une lettre sans date, qu'il écrivait à Ninon de Lenclos, avec laquelle il était resté en correspondance : f Si vous connaissez Barbin, faites-lui demander pourquoi il imprime tant de choses en mon nom qui ne sont pas de moi. J'ai assez de mes sottises sans me charger de celles des autres. » Il lui écrivit même en 1698 pour protester contre quelques ouvrages que Barbin continuait à imprimer sous son nom. Bien que la Lettre d'un Sicilien ne soit pas expressément mentionnée, on est suffisamment autorisé à croire qu'elle n'est pas de lui ; elle ne se trouve pas d'ailleurs dans le recueil de ses œuvres

1, Œuvres de Voisenon, t. IV, p. 7$.

INTRODUCTION. ni

donné après sa more par ses amis, ses confidents, le$ dépositaires de ses papiers ec aussi de ses dernières volontés.

Mentionnons les différentes éditions de la Lettre d'un Sicilien avant d'en rechercher l'auteur.

C'est dans le recueil intitulé Saint^Evremoniana que cette pièce fut publiée pour la première fois (Paris, 1700, in-8, p. 385).

Une seconde édition à part parut quelques années après sous le même titre : Lettre d'un Sicilien à un de ses amis^ contenant une agréable critique de Paris et des Français^ traduit dé l'italien \ Chambéri^ chei Pierre Maubalj marchand libraire> près la place, 1710, in-i2 de 46 pages, à la sphère. Pièce très curieuse et rare, selon un catalogue à prix marqués, qui l'annonçait et la cotait 4 fr. 50.

La bibliothèque parisienne de l'hôtel Carnavalet possède un exemplaire de cette édition même (n* 11924), auquel le titre manque. Au haut de chaque page le titre courant compris entre deux filets répète jusqu'à la fin du volume le mot Silicien au lieu de Sicilien.

M. Louis Lacour a fait également réimprimer cette Lettre avec d'autres, non moins intéressantes, sur les Tuileries, le Cours la Reine^ — communiquées par M. de Montaiglon, — dans son Annuaire du département de la Seine pour Tannée i8do, où elles

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