‹ Anciennes descriptions de Paris (volume 2)Chapitre 13 sur 77 · Julien l'AposUt · texte numérisé non relu

Julien l'AposUt

3. Molière s'est moqué de la thérapeutique de son temps ; écoutez ikrgan du Malade imaginaire qui en résume la formule : Clysterium donare, posteà saignare, ensuita purgare. Ce qu'il n'a pas assez dit: c'est l'abus qu'on fais aitde la saignée : sous prétexte d'affaiblir le malade, on l'épuisatt, ou le tuait. Guy Patin, l'adversaire fougueux de l'antimoine, était un partisan outré de la phlébotomie. Au siècle suivant, le docteur Sangrado de Gil Blas, préconisait exclusivement la diète, la saignée et l'eau chaude. Le traitement antiphlogis tique, tant recommandé de nos jours par l'école de Broussais, .consiste dans l'emploi des boissons aqueuses et de l^bstineace. Purgon, Sangrado et Broussais ne diffèrent que par la formule : ils expédient leurs malades par principes. Honora medicum propter nécessitaient, dit VEsprit'Saint au livre de VEcclésiasUy xxzviii. 1. < En général, les chirurgiens de France veulent faire les médecins et les médecins tombent dans Pempi» risme, surtout pour la saignée, qui est leur panacée universelle. Le but semble être, pour les maladies chroniques aussi bien que pour les maladies aiguës, plutôt de soulager instantanément le malade que d'arriver à une guérison radicale ou de prévenir les rechutes. Ce n'est point là la méthode et le succès de nos médecins d'Angleterre, à un seul desquels je confierais ma vie plutôt qu'à tout un collège de ces sangsues françaises. » John Evelyn. Extraits (165a).

Moins d'un siècle après le Sicilien, Pessonnel, dans ses Numéros 10, p. laj, se plaignait que n les rues de Paris ont l'air d'autant

ihclînadons, vous pouvez vous imaginer comme je vis ici. Ordinairement je me lève le matin, aussi-tôt que le soleil paroit; mais ceii- grand luminaire ne se laisse pas voir souvent % cela fait qu'il est ici en plus grande vénération, que ne le sont dans leur empire les rois de la Chine, puis qu'& passe la moitié de Tannée, comme s'il était .invisible.

Je suis toujours éveillé de fort bon matin ; le chxdi

de cirques où Ton se dispute le prix de la course... Il n'y a pas jusqu'aux médecins qui ont tant de moyens de détruire impunément Tespèce humaine, qui ne se permettent encore cette façoa de rendre leur profession plus meurtrière : je me rappelle que, il y a environ trente-cinq ans, le carross% du célèbre docteur Dumoulin écrasa un aifaot dans une des rues de Paris. »

I. Il y a un peu d'exagération dans ce 'ip^AiSigt^ comme le prouvent les renseignements suivants, empruntés à l Annuaire du bureau des Longitudes, La température du climat de Paris, qui est en ^moyenne de lo® au-dessus de zéro, descend rarement à plas de i8® au-dessous et ne dépasse guère 16*^ au-dessus. Il pleut environ 14$ jours par an. Les vents qui y soufflent le plus fréquemment sont ceux d'ouest^ de sud-ouest, de sud, de nord, de nordouest et de nord-est. Ce dernier est celui qui amène les froids les plus vifÎB. La quantité annuelle moyenne de pluie tombée siir la pIate>forme de l'Observatoire a été, pour une période de j)^. ans, de 471 millimètres. La quantité recueillie dans la cour de l'Observatoire est plus considérable que celle qui tombe sur la plateforme, élevée de 28 mètres au-dessus; on doit l'évaluer en moyenne à 546 millimètres. La quantité qui tombe en un jour est en moyenne de 3"'"',6i; en hiver, 116°"", 40; au printemps, i4C™",76; en été, i7i"™,89; en automne, 15 4™ '",4$. Le nombre annuel moyen des jours de pluie est de 144,$) qni se partagent presque également par saison. On compte annuellement en moyenne 12 jours de neige, 184 de temps couvert, 181 de nuageux, 180 ^e brouillards, aode grêle, 13,6 d'orage. La température en général est douce, et le climat. sain. Durant une période de 33 années, la température a donné en moyenne par saisons : . hiver, 3»,3 ; printemps, io®,3 ; été, i8®,i; automne, ii®,a. Les jours de gelée sont au nombre de $6.

des coqs* m'ouvre les yeux, ecle bruit des hommes et des chevaux achève de me tirer du sommeil. Mon principal plaisir est de lire quand je n'écris pas, ou de lire et d'écrire en même tems. Ayant fini Tétude du madn, qui est le mouvement de Tesprit, je commence le mouvement du corps et je ne trouve point de plus grand divertissement que la promenade. Quand le tems est beau, je marche dans de belles et longues ^éés à Tombre des arbres ; nous appelions cela se promener* ^ exercice que les Turcs ne peuvent souffrir, et qui paroic ridicule aux Asiatiques; je fais donc tous les jours plusieutÇ milles, sans voyager. Pour cet effet le Roi entretient pour les oisifs', le plus beau jardin qui soit dans TEurope*.

Je me couche le soir le plus tard que je puis, je m'examine sur tout ce que j'ai fait pendant la journée pour me rendre compte à moi-même, ensuite je prie Dieu qu'il me ferme Fœil la nuit, pour me l'ouvrir le matin.

3. Mes besoins sont toujours les mêmes, du pain, un lict et des habits : je i\e désire point les viandes que mange un plus délicat, ou un plus riche que moi.

j • Car à peine les coqs^ commençant leur ramage, Auront de cris aigus frappé le yoisinage.

Boileau, Satire VI.

a. Cet exercice est un peu plus hygiénique que de rester accroupi sur un tapis, ou de se faire traîner dans une voiture.

3 . Le roi entretenait alors un jardin pour les oisifs ; de nos jours, M. Giraud sMmmortalisera par son invention de la taxe sur les oisifs (12 mai 1880).

Page 1