Les Tuileries
- 8 MARANÂ*
En sortant des Palais des Grands, je n'ai pas honte d*encr«r dans ma petite retraite : les habits d'or et d'argent ne couvriroient pas mieux mon corps, que fait un habit de laine. Si j'ai disette de quelque chose, je le cherche dans les livres de Sénéque * ; Voulei-vous être riche, ne désirei rien. Je m^abstiens de tout ce que Ton vend cher et quS^n ne peut acheter qu'avec un repentir. Avec cette modération, je fais mourir de faim la volupté : et si quelquefois la chair se révolte, l'avarice du sexe sert de remède »sa rébellion. J'aime à faire l'amour à Su^anne^ plutôt qu'à Dalila^^ et je ne donne pas volontiers mes cheveux, si je ne les coupe moi-même. Comme il est plus difficile d'être Zénocrate^, que de le paroître, nous serons toujours hommes tant qu'il y aura des femmes; et le meilleur moyen est de nous soumettre le plaisir, et non pas de lui être soumis.