‹ Anciennes descriptions de Paris (volume 2)Chapitre 15 sur 77 · Sénéque le Philosophe · texte numérisé non relu

Sénéque le Philosophe

2. Suzanne, femme juive, accusée faussement par deux vieillards débauchés qui n'avaient pu la séduire, et condamnée à mort, fut sauvée par le jeune Daniel qui prouva son innocence.

3. Dalila, femme philistine, s'étant fait aimer de Samson, lui coupa dans la nuit ses cheveux dans lesquels résidait sa force, et le livra à ses compatriotes qui lui crevèrent les yeux.

4. Zénocrate (39^-314 avant Jésus-Christ), philosophe grec, disciple de Platon.

State, vitdj pensier^ costumi^ etpeloj Mai non cangiai fortuna.

5. Les étrangers sont bien venus en ce païs-ci pourvu qu'ils ne demandent rien. Ils n'y ont autre emploi que de se divertir et quelques-uns d'ôter la suye des cheminées qui est le privilège des Savoyards, qu^on voit dans les rues plus noirs que les Etiopiens, et plus puants qu'une synagogue. Au reste, j^ai fait le sage et quelquefois le fou^ qui n'est pas un petit secret pour se faire aimer de tout le monde. J'ai écrit, et même imprimé, et j'ai trouvé des applaudissemens depuis le trône jusqu^à la houlette. Le. Roi m^avoit donné une pension et la guerre me l'a ôtée*. Les: Grands m^ont honoré de leurs paroles, et les gens.de lettres, d'encens et de fumée. Les femmes m* ont pressé d'écrire des livres nouveaux, mais je n'ai jamais pu faire un mot pour elles, si ce n'est quand j'ai été amoureux; alors ma muse, qui ne sçait pas chanter, a, fait des poésies plus tendres que celle de Guarini'.

6. Comme dans ce païs-ci, on dépense en tout tems, et beaucoup, à moins que d'avoir deux anges gardiens, un pour le corps, Vautre pour la bourse, la propre sensualité et l'avarice d' autrui nous mettent premièrement en chemise, et puis nous mènent à l'hôpital. Si je n'ai plus

t. HâtTft Sicilien- avait obtenu^ comme artkte tana doute, uoe peoabn du roi 411e la gueire avait fait sapprimer par met are d'économie.

a. Guarini, Jean-Baptiate (i5>7-idia>, célèbre poète italien, ami du Tasse. Son ouvrage le plus célèbre est // Paslor fido.

lo MARANA.

ce que j'ai dépensé, je me trouve avec un nouveau bien que je n'ai jamais eu, je suis devenu flatteur. Il faut ici loiier tout et toujours, et les mauvaises choses plus que les bonnes; et on est contraint d'applaudir même le vice pour vivre en paix avec les jeunes gens. Je n'ai fait la guerre qu'à Thipocrisie, ne pouvant souffrir qu'on trompe Dieu et les hommes pour honorer les démons. Je me suis rendu docteur dans les compl'miens et sur tout à demander pardon; et ces sortes de cérémonies sont plus triviales en France, que les soupirs ne sont conununs en Italie. Les amitiez, les promesses, les offres de service, sont ici de la nature des rossignols, ^W, vox^ prœtereàque nihiL On ne se fait ni compliment, ni civilité, qu'on ne demande toujours pardon; après cela vous pouvez bien croire que l'on pardonne les injures, et si quelqu'un se souvenoit d'avoir été offensé, il ne seroit pas bon Français.

7. Pour ce qui est de Paris, je ne sçai par où commencer, pour vous faire la peinture d'une ville dont les habitans sont logez jusques sur les ponts * de la rivière et sur les toits des maisons*, et ou les femmes qui n'enfantent que des braves commandent plus que les hommes'. Cette grande ville est le siège du tumulte, et puisque vous en voulez une manière de

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