C'est ainsi qu'on prononçait Bologne
2. tt Démêler actaellement les anciennes différences entre l'épée, le sabre, le poignard, dit un spécialiste, — le général Bardin {Dictionnaire), — est devenu aussi impossible que de déterminer la signification de tous les synonymes dont il a été question dans cet article. Si l'on ne modifiait l'acception du mot suivant l'écrivain par lequel il en a été fait mention et le temps où il écrit, on concevrait mal le texte des récits. » Le cimeterre est un sabre à lame recourbée. Ce passage est obscur, à moins qu'il ne soit fait allusion à une mode qui aurait dû son origine à l'expédition de Candie (1669), commandée par les ducs de Beaufort et de Navailles.
3. « La demoiselle Guérin, rue du petit Bac, — on l'appelle aujourd'hui, par inversion, petite rue du Bac, — fait commerce de petits Chiens pour les Dames. » {Livre commode, t. I®', p. a7î)« C'est ainsi qu'on appelait les chiens de chambre ou de manchon. Les plus à la mode, quoique déjà un peu en baisse, étaient encore, à ce moment, les chiens de Bologne, sorte de carins qu'on frottait, aussitôt nés, d'esprit de vin à toutes les jointures pour les empêcher de croître. Ils se vendaient quelquefois fort cher. Tallemant des Réaux raconte qu'un extravagant d'Italien, nommé Promontorio, en offrit un à la princesse Marie de Mantoue, pour cinquante pistoles à payer quand elle serait reine. Elle accepta, et dix-huit mois après devint, contre toute apparence jusque-là, reine de Pologne. On comprend qu'elle paya alors gaiement les cinquante pistoles. L'e»pèce des chiens de Bologne s'est perdue, même à Bologne. Sur la fin du règne de Louis XIV, les chiens Burfos commençaient à les remplacer. Ils préludaient à la mode des chiens d'Espagne, ou épagneuls, qui date de la Régence. Entre eux et les bolonais s'étaient un instant glissés les chiens loups, dont il est fait mention dans ce passage de la Lettre italienne.
83. Les perruques ont aussi leur mode, on les fatsoit à la Françoise, et maintenant on les porte à l'Espagnole*. Les petites montres ont été recher-
I. Les faux cheYcax commencèrent à être généralement employés en France sous les règnes de Loais XIII et de Louis XIV ; aux époques antérieures, on se bornait à enduire de cheveux une calotte de cuir appliquée sur la tête ; puis on les attacha avec des réseaux et on apprit enfin à les tresser. La laine des moutons servit aussi à couvrir les têtes chauves : ces sortes de perruques se nommaient moutonnes. On en fit aussi de fil de laiton extrêmement délié, qui résistaient aux injures du temps. Mais rien n'égala en ce genre les perruques du règne de Louis XIV. Comme tout était graud alors on crut que les perruques devaient participer à la majesté du siècle, et Ton ne vit rien de plus digne de respect et d'hommage qu'une tête à grande perruque. On en fit qui couvraient la moitié du corps; et cette invention parut si belle que toute la cour de Louis XIV se fit tondre pour se charger la tête de cette crinière de lion. D'abord on porta les perruques blondes, puis noires, puis blanches. Les perruques blanches amenèrent naturellement la poudre, car elles étaient chères, et la tête chauve des vieillards fournissait peu de ressources aux perruquiers, a Le roi lui-même, si absolu qu'il fût en toute chose, avait dû se soumettre, à certains égards, aux exigences de la mode. Il s'était prononcé avec beaucoup de vivacité contre la poudre, mais on lui représenta que l'usage de la poudre avait pour résultat a'égaliser tous les âges et d'adoucir l'expression du visage que la perruque noire rendait dure et sinistre. Louis XIV se laissa persuader, et finit par souffrir qu'on poudrât ses perruques. Il n'en changea pas la forme cependant, bien que les seigneurs delà cour eussent, à la faveur de la poudre, inauguré différentes espèces de perruques : la cavalière pour la campagne; \sl financière pour la ville; la carrée, Vespagnole, etc. On porta même des perruques de crin, dont la frisure pouvait braver toutes les intempéries de l'air. » P. Lacroix, xviii" siècle. Nulle profession honnête ne put se passer de perruques. Le magistrat donna la préférence aux plus vastes; l'avocat, le procureur, ne parurent plus au barrean qu'en perruques longues; le médecin ne donna plus de consultations qu'en perruque; mais les médecins là portaient nouée par derrière et à trois marteaux. Les petitsmaîtres se faisaient remarquer par le soin qu'ils prenaient de leur tête : Harpagon parle de ces jeunes gens avec leurs trois brins de
chées, et elles sont aujourd'hui ridicules, et les plus grosses sont les plus à la mode *. J'ai même oiii dire
barbe relevés en barbe de chat, leurs perruques d'étoupe, leurs hauts-de-chausses tombants et leurs estomacs débraillés. L'Avare (acte llly scène v).
Au xviii" siècle, la mode des perruques fut aussi répandue. Voici ce que nous lisons dans la Correspondance secrète, à la date du 30 octobre 1780 :
« La collection de ses perruques (il s'agit de M. de Sartines), tant în-folio qu'in-quarto, in-douze grand et petit format, les unes plus carrées que les autres, se monte à soixante ou quatre-vingts pièces du plus bel échantillon et du meilleur faiseur. » Avec un pareil grenier d'abondance, M. de Sartines n'avait plus, ce nous semble, à redouter d'en manquer jamais.
« Le sieur Pascal, au coin de la rue Guénégaud, est fort renommé pour les perruques. M. de la Rose, à l'entrée de la rue Saint-Andréy est fort renommé pour les perruques abbatiales ». livre commode^ édit. 1695. Voir, pour plus de détails, le curieux ouvrage de l'abbé J.-B. Thiers, Histoire des perruques, où l'on fait voir leur origine, leur usage, leur forme, l'abus et l'irrégularité de celles des ecclésiastiques. Paris, 1690, in-ist.
La mode des perruques survécut aux orages révolutionnaires. Dans un tableau du monde parisien en 179B, on trouve les détails suivants sur le sujet qui nous occupe : « Mais je ne reconnais pas Thérésa! s'écria Elise. Elie avait des cheveux noirs d'une aune de long ; à présent, elle a des cheveux d'un blond d'enfant, courts et frisés en anneaux de Saturne, » — Ingénue ! ignorez-vous que nous vivons sous le régime des perruques? qu'il yen avait douze dans la corbeille de Mademoiselle Lepelletier de Saint* Fargeau et qu'il y en a trente dans le cabinet de toilette de la belle Lange, variant du cendré au doré. C'est Madame Tallien qui a mis cela à la mode. Quand elle était prisonnière aux Carmes, elle a coupé et tressé en cordons les beaux cheveux dont vous parlez, pour faire passer des lettres à Tallien qui attendait dans la cour. Le jour où il plaira à la merveilleuse de se montrer à Feydeau avec sa chevelure naturelle, toutes les perruques seront reléguées au grenier ». Mary Summer. Les belles amies de Talleyrand, Paris, Calmann Lévy, igUo.
I. Le Livre commode parle d'une « montre en pendule faite par Martinet, à boëtier d'or, sa chaîne de même avec son étuit de chagrin ganiy de doux d'or, du prix de 15 louis d'or, n C'étaient
que Ton ne fait plus de complimeats dans les lettres, mais que Ton introduit une nouvelle mode, qui est de cacheter, non plus d'un seul cachet, mais de trois de peur de blesser la civilité ^.
84. Mon cher ami, prions Dieu de tout notre cœur qu'il donne à cette brave nation l'esprit de paix, et que la fureur martiale qui l'agite toujours, se change en une mode salutaire, qui fasse revenir le repos et la tranquilicé dans toute l'Europe*.
A Paris, le vingtième aoust 1692.
de petites horloges qae Ton posait sur une chaise et que portait un page.
I. La poste exige bien que les lettres chargées soient fermées de cinq cachets.
3. Vœux impuissants; la paix de l'Europe devait encore être troublée et les dernières années de Louis XIV furent signalées par des revers et des désastres.
OUT le monde connaît le beau chapitre de Notre-Dame de Paris ^ intitulé : Paris à vol d^oiseau; nous en extrayons le passage qui a trait aux cloches. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est dans quelles circonstances il fut composé. Nous tenons le fait de l'un des témoins.
Par une belle matinée de mai, comme il s'en rencontre quelquefois sous le climat inconstant de Paris, quatre personnes, dont une dame avec son mari, se trouvaient réunies sur la terrasse de la tour septentrionale de Notre-Dame de Paris, considérant le magnifique panorama qui se développait sdus leurs yeux. Unies par une grande conformité de goûts, d'études et d'opinions, ces personnes, jeunes encore, s'étaient fait une place marquée dans le mouvement littéraire, et pouvaient passer pour les chefs de l'école que l'on était convenu d'appeler « romantique ». L'une d'elles, qui paraissait l'aînée, plus par sa taille élancée que par son âge, expliquait à ses auditeurs attentifs, et particulièrement au plus petit de taille, qui pouvait passer pour son jeune frère, le magnifique tableau qui se déroulait sous
leurs ytiix : appuyés sur la balustrade en pierre de la vieille cachédrafe^ la Cité leur paraissait comme le vaisseau symbolique de l'antique Lutèce échouée au cours de Teau; les maisons de la rive droite semblaient une immense fourmilière où s'agitaient bourgeois, marchands, ouvriers et valets, tandis que les églises et monastères de la rive gauche rassemblaient à des géants mystérieux montant l'allée et comme pressés de gravir la colline. Le bibliophile Jacob racontait comme il a toujours su le faire, surtout quand il parie de ce vieux Paris qu'il a toujours tant aimé, et l'auteur des Burgraves y qui avait déjà ébauché le canevas de son poème de Notre-Dame deParisj recueillait les indications de son guide, et allait les traduire par ce beau chapitre qui a nom Paris à vol âHoiseau, Le troisième personnage était déjà un critique distingué; vous pourriez croire qu'il s'agit de G. Planche ou de Jules Janin : j'aime mieux vous dire que cet auditeur était Sainte-Beuve. Lui seul est mort. Les autres se rappeUent-ils cette circonstance? Le poète, au moins; car le temps et les événements les ont séparés.
Tout à coup le bourdon se mit à tinter pour annoncer l'office, et les joyeux carillons des cloches voisines lui répondirent; ce fut comme une révélation pour le poète, qui s'en inspira pour composer ce morceau si plein de charme et de vérité, une de ses plus belles pages, les Cloches,