XVI INTRODUCTION
trouve dans un état parfait d'épreuve et de conservation.
t La Bibliothèque nationale en possède une épreuve, {Plans généraux de Paris ^ tom. suppî. V. a. 74), avec texte daté de 16 14, et tout à fait conforme à celui de 1609, sauf que la dédicace s'adresse à Louis XIII et non plus à Henri IV. Quant à l'état de Pestampe, il est identique à celui des épreuves primitives; seulement le tirage en est moins brillant, M. Walckenaër, conservateur au Cabinet des estampes, m'a dit posséder aussi une épreuve du plan de Vassalieu, avec texte daté de 1614. i
III, Terminons par un mot sur Jean Le Clerc, qui paraît avoir été le promoteur du plan de Vassalieu et de la légende, puisqu'il dit, dans sa dédicace à Louis XIII, qu*il a faict pour traire et buriner en cuivre le plan de Paris accompaigné d^un bref recueil des Antiquitei.
La librairie parisienne a compté plusieurs familles — nous dirions volontiers dynasties — de ce nom ; il ne s'agit ici que de la plus ancienne qui s'éteignit, faute de descendants mâles, vers le milieu du XVII® siècle. Une fille de Jean I«', le plus célèbre de cette famille, épousa Jacques I", de Sanlecques en 1606.
Antoine, fondateur de cette lignée d'imprimeurs du nom de Le Clerc, qui nous occupe en ce moment,
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paraît avoir eu une origine parisienne et avoir reçu une ceruine instruction. Sous Henri II, on trouve son nom dans la liste des libraires (1547); cette date comme les suivantes, à moins d'indications contraires, est celle de l'obtention du brevet d'imprimeur.
Son fils, Jean I«' (1Ç73), vécut dans des temps troublés ;répiaedédicatoire adressée par Jean II, eni632, à Louis XIII et qui se trouve en tête de son Théâtre géographique de la France *^ nous apprend que, pendant la Ligue, pour restef'fidéle à sou prince, cet homme intègre n'hésita pas à quitter Paris et son établissement de marchand et tailleur d^hyfloires qu'il occupait rue Fromentel, à VEstaile d'or^ c'est-à-dire à sacrifier la fonune et l'avenir de ses enfants plutôt que de pactiser avec les factieux. Il se retira à Tours où il continua ses recherches et prépara ses travaux pour l'avenir.
Dans son Essai sur la gravure sur bois ^M, Ambroise- Firmin Didot parle plusieurs fois de Jean Le Clerc, et le montre mêlé au mouvement artistique de son temps. Il lui a consacré plus spécialement les lignes suivantes, qui ne peuvent qu'intéresser le lecteur puisqu'il s'agit de l'histoire artistique et littéraire de Paris.
« Les soixante-douze planches in-folio de son
I. Voir Michel de la Rochemaillet, introdaction^ page xiv^ tome IV de la Collection des anciennes Descriptions de Paris,
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f Abrégé de Vhiftoire françoife avec les effigies des f . rois depuis Pharamond Jufqu'au roi Henri IV ^ tiré < des plus rares Cabinets de France par H. C.^ nous fl donnent une idée très satisfaisante du style et du « faire de Jean Le Clerc, qui se rapproche de la fl manière de Jean Cousin, mais avec moins de savoir f et d'élégance. Les encadrements des pages imitent fl ceux des manuscrits. Le privilège, qui autorise Jean fl Leclerc, rai//^ur d'histoires, à imprimer ce livre, est fl daté de juillet 1593. On lui attribue la gravure de « trente-six pièces sur bois du livre de la Portraio fl tare de Jean Cousin, celle d'un Credo en douze fl pièces > avec date de 1596, et les figures d'un Naufl veau Testament en cent six pièces, ainsi que les « gravures d'une édition des Antiquité^ de Paris de <f Corrozet, augmentée par Bonfons; s'il est, comme -i on le dit aussi, l'auteur des gravures qui ornent les ' clcres de musique publiés par Ballard, elles lui font c grand honneur. Le dessin est digne de Jean fl Cousin. •
De retour de son exil volontaire, Jean Le Clerc s'était établi rue Saint-Jean-de-Latran à la Salamandre ; c'est là qu'il publia, en 1614, le plan de Vassalieu avec le texte de Cholet ; il ne put achever son Théâtre géographique que publia son fils Jean II. Il dut terminer sa carrière vers 1627, puisque cette même année sa veuve prit un brevet qu'elle exploita d'abord çeule,
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puis aidée de ses fils David !•', libraire et imprimeur (1613); David II, imprimeur (1605); et Jean II Le Clerc, libraire qui soutint la réputation paternelle. Jean I»' Le Clerc ne s'était pas borné à la gravure sur bots, il avait employé aussi le cuivre, quand ce ne serait que pour le plan de Vassalieu; mais nous ne connaissons pas toutes ses productions. Cet homme simple, laborieux et austère, fournit une longue carrière ; il exerça cinquante-quatre ans sa profession, et, supposé qu'il eût vingt ans en 1573, il serait mort dans un âge avancé, entouré d'une nombreuse famille qui semblait appelée à continuer longtemps les traditions paternelles.
Le plan de Vassalieu qui illustre ce volume est tiré de l'Atlas des anciens plans de Paris, publié par l'administration municipale.
M. le Préfet de la Seine, pour encourager une publication éminemment parisienne, a autorisé les éditeurs à faire un tirage à part sur les planches que la ville de Paris a fait composer.
VAuBi Valbmtin DUFOUR.
REMARQVES SINGVLIÈRES