Paris, 1893, vol. Mil
LES MATHÉ3IATIQUES. 283
textes, grecs d'origine, mais retravaillés suivant la méthode expérimentale; ce sont de vrais manuels d'orfèvres, traitant de l'alliage et de la coloration des métaux, de la transformation des corps. Au contraire, la chimie des Arabes musulmans, qui compose le troisième volume, ne nous offre que des divagations mystiques et intentionnellement obscures, présentées comme l'héritage des anciennes sciences occultes,
§ 5. — Les mathématiques.
Les sciences exactes semblent avoir été négligées par les anciens Syriens. Les quelques écrits syriaques que nous possédons sur cette matière sont postérieurs à l'Hégire et procèdent autant de la culture arabe que de la culture grecque. Les Dialogues de Jacques ou Sévère bar Schakako ont une section (4® section du IP livre) pour les mathématiques, qui comprennent l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie. Cette section a été éditée avec une traduction allemande par M. Julius Ruska ^ L'auteur, remarque M. Ruska, ne s'était pas proposé d'écrire un manuel de mathématiques, mais de parvenir par les idées abstraites des mathématiques au plus haut degré de la pensée philosophique, à la théologie. L'introduction et les deux premières questions rappellent VElaaycoy?] dQLO/iirjrixrj de Nicomaque, que les Syriens ou les Arabes connaissaient sans doute par un extrait d'un auteur néopythagoricien. La quatrième question et, en
■< 1. Das Quadrivium aus Severus bar Schakku's Buch der Dialoge, Leipzig, 1896. La réunion fie ces quatre sciences, qui furent désignées sous le nom de Quadrivium, est due chez les Grecs à .laniblique, comp. Merx, Hisloria artis grauimaticae apud Syros, p. 200. Voir aussi Julius Ruska, Studien zu Sevcriis bar Schakku's « Ditch der Dialoge » dans la Zeitschr. fur Assyriologie, XII, 1897, p. 8 et 145.