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LA GRAMMAIRE, LA LEXICOGRAPHIE, LA RHÉTORIQUE ET LA POÉTIQUE

§ 1. — La grammaire.

C'est encore aux Grecs que les Syriens demandèrent leurs premières notions de la grammaire. Nous avons rappelé plus haut, sous le n " VI, les anciens travaux de l'orthoépie appliquée aux textes lus dans les écoles. Le système des points ou accents séparant les membres de la phrase et notant la valeur syntactique de chacun de ces membres, fit partie intégrante de la grammaire syriaque. La logique d'Aristote en formait la base ; cinq de ces accents répondent aux cinq catégories d'Aristote, ainsi que le constate un auteur syriaque anonyme ' . Les règles concernant la phonétique et la morphologie vinrent plus tard et furent établies sur le modèle de la grammaire grecque de Denys de Thrace et des canons de Théodose. Le fait a été mis en évidence par M. Merx qui a publié, avec une traduction latine, la version syriaque de la grammaire de Denys '■^.

i. Voir PniLipps, A leller of Mar Jacob of Edessa on syriac orthography, I.ondres, 1869, Appendice, p. 68. 2. lUsloria arlis fjrammaticee apud Syros, Leipzig, 1880, dans les

;;.'biO LA GRAMMAIRE.

Les études relatives à raccentuation syriaque furent surtout florissantes chez les Nestoriens, du VP au VHP siècle.

Parmi les anciens grammairiens jacobites, on cite Ahoudemmeh, qui fut élevé au siège de Tagrit par Jacques Baradée en 559. Sa grammaire, à en juger par un passage rapporté par Bar Zoubi, suivait les principes de la grammaire grecque ^ Mais c'est Jacques d'Edesse qui composa le premier traité systématique de grammaire syriaque, et ce traité fit longtemps autorité en Syrie. Barhebraeus en tira, pour sa grammaire, d'importants extraits qui permettent de juger de l'étendue de cet ouvrage aujourd'hui disparu presque entièrement. Il n'en reste que quelques fragments à la Bodléienne d'Oxford et au Musée britannique de Londres ^. Dans le premier de ces fragments, Jacques constate les défauts de l'écriture syriaque qui ne tient compte que des consonnes et omet de noter les voyelles. Il répond à Paul d'Antioche, qui lui demandait de perfectionner ce système défectueux: « Je pense qu'on pourrait établir des règles pour l'orthographe de cette langue

Abhandlungen fi'ir die Kunde des Morgenlandes, IX, 2. La version syriaque esl contenue dans le ms. Add. 14620 et (incomplète) dans le ms. Add. 14638 du Wusce Ijritannique, ainsi que dans le ms. de Berlin, Coll. Sachaii, 226. Dans ce dernier ms., l'ouvrage est mis sous le nom de Joseph d'Alnvaz auquel Ébedjésu, B. 0., m, part. I, 103, attribue, en effet, une interprétation de Denys. Il est anonyme dans les ms. du Musée britannique, mais, le ms. 14658 renfermant des rouvres de Sersius de Reschaina, Wright avait cru (ju'on pouvait attribuer à celui-ci la version en question ; cette conjecture est sans fondement, comme l'a montré Merx, op. cil.,\).'i-'i. Choerobocsus et VEtymologicum. magnum citent un Sergius grammaticus, mais ce Sergius est postérieur à Sergius de Reschaina, voir Baumstark, Lucnbrationes syro-grsecse, p. 369.

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