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DEUXIÈME PARTIE NOTICES SUR LES ÉCRIVAINS SYRIAQUES

LITTERATUUE SYRIA.iUE.

Les notices biographiques sur les écrivains syriaques compléteront notre étude de la littérature. A raison de la place restreinte qui nous reste, ces notices seront nécessairement brèves; elles ne peuvent former une histoire de la littérature syriaque qui exigerait un volume entier. Le temps, du reste, n'est peut-être pas venu d'écrire une histoire complète de cette littérature; il faut attendre que de nouvelles publications comblent les nombreuses lacunes qui existent encore. Les écrivains syriaques peuvent être répartis en trois périodes d'inégale étendue : la première comprend lépoque pendant laquelle les Pères de l'Eglise affermissent la foi chrétienne et combattent les doctrines gnostiques, elle sétend jusqu'au Y® siècle ; la seconde, du V® au VII'' siècle, est marquée par la propagation de nouvelles hérésies en Syrie : le nestorianisme à l'est et le monophysisme à l'ouest; la troisième commence avec la conquête arabe.

LES ÉCRIVAINS JUSQU'aU V® SIECLE.

Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit plus haut de Bardesane, p. 235, d'Aphraate, p. 218, de Siméon bar Sabbàé, p. 123, et de Miles, p. 126; nous arrivons tout de suite à saint Eplirem.

La biographie de cet illustre Père a été écrite peu de' temps après sa mort survenue le 9 juin 373 ', car Grégoire de Nysse et Palladius la connaissent déjà. Nousi n'en possédons plus la rédaction primitive, mais deS; recensions postérieures, surchargées d'anecdotes miraculeuses^. Le peu de renseignements historiques que

1. Sur celle date voir La:.iy, S. Ephrœmi syri hymni et sermones, Malines, I8S2-19Û2, II, Proleg., p. viii.

'2. Il en existe deux recensions provenant d'un même original et renfermant des variantes importantes : la première dans un ms. du Vatican, publiée en grande partie par .T. -S. Assémam. B. 0., I, 26 et suiv., et in extenso par Évode Asskmaxi, .S. E/j/iriemi opéra syr. ; la deuxième, généralement préférable, dans un ms. de Paris, que M. Bickell a fait connaître, L'onspcctus rei Syrorum litterariœ, p. 2(î, et Zeitschr. der 'lent, morcj. Gesell., XXVII, ((00-604; publiée par M. Lamy, S. Ephrsemi syri hymni et sermones, 11,5-90; réimprimée p3iT)ir.B.i\îi,Acta martyr, et sanct., IH, 621. Deux courts résumés de la vie de S. Éplirem : l'un au Vatican, D. 0., 1, 25, et l'autre à Berlin, Lamy. op. cit., II, Prolegomena, viii. Èvode Assé.mani a publié, dans la partie grecque de son édition, S. Hphrœmi opéra grœre et latine, I, xix-xliv, les textes des auteurs srecs relatifs à la vie de saint Éplirem. Cf. aussi Lamy, S. Ejjhrœmi syri hymni et sermones, IV, p. xl.

fournit cette biographie s'explique par la vie retirée que mena saint Ephrem.

Ecrivain d'une rare fécondité, T^phrem imprima au genre poétique, créé par Bardesane, le caractère que ce genre conserva pendant les siècles suivants. Ses hymnes et ses homélies métriques restèrent comme le modèle que les auteurs postérieurs imitèrent; elles devinrent même célèbres en Occident, où elles furent de bonne heure traduites en grec. Une partie de ces poésies fut composée pour combattre les différents systèmes gnostiques qui avaient de nombreux adhérents en Syrie et en Mésopotamie. L'histoire y trouve malheureusement peu à glaner; la forme poétique ne convient pas aux controverses, et saint Ephrem était un polémiste ardent et non pas un critique impartial. Esprit étroit mais d'une rectitude parfaite, il travailla à enra ciner la foi sans se préoccuper de rendre justice à ses adversaires. D'autres hymnes et homélies ont été écrites en vue des principales fêtes de l'année et pour les chœurs de vierges qui, sous sa direction, prenaient part à la célébration des offices '.

Au physique, saint Ephrem était d'un aspect peu avenant : « Depuis son entrée dans la vie monastique, rapporte son biographe-, jusqu'à la fin de sa vie, il ne mangea que du pain d'orge et des légumes secs, quelquefois des légumes verts. Il ne buvait que de l'eau; son corps était desséché sur ses os, semblable à un tesson d'argile. Son vêtement était formé de nombreux morceaux, couleur de fumier. Il était petit de taille; son visage était toujours sévère; jamais il ne riait; il était chauve et imberbe ^. » On vantait sa charité dont il

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