LES ÉCRIVAINS JUSQU'AU Y' SIÈCLE
Iluns. Dans un passage de ce poème il est dit : « Une année ne s'est pas encore écoulée depuis que les Huns ont ravagé la Syrie. » L'invasion de ces barbares ayant eu lieu au mois de juillet 396 (et non 395j, comme nous l'apprennent les chroniques syriaques, c'est en 397 que cet ouvrage fut composé. On possède encore de Cyrillona quelques autres poésies, de différents mètres, sur le crucifiement, sur la Pâque et sur le froment. Ces œuvres ont été publiées par M. Bickell dans la Zeitschr. der dent, morgenl. Gesellschaft, XXVII, 566 \ M. Bickell identifie Cyrillona avec Absamya. le neveu de saint Ephrem, qui, nous le savons par la Chronique d'Edesse et la Chronique eccl. de Barhebrœus-, composa des hymnes et des homélies sur l'invasion des Huns. Absamya aurait pris le nom de Cyrillona en recevant le sacerdoce ; ce n'est qu'une hypothèse, mais une hypothèse vraisemblable •'.
Le moine Grégoire se rendit d'Orient (de Palestine?) en Chypre où il entra en relations avec saint Epiphane, évêque de Salamine, et un moine du nom de Théodore. A ceux-ci sont adressées plusieurs de ses épîtres ; son principal ouvrage est un traité sur la vie ascétique ''.
1. Voir aussi ^Yrigiit, Calai., p. 670-G7I ; Overreck, op. cil., 379-381; CAiiDAiii, Liber thesauri di arle poclica, 27-29. Une traduction allemande en a ctc donnée par Bickell dans la Bibliolhek der Kirchenviitcr de Tallhofer.
2. Cf. Chronique de Michel le Svriec, od. Charot, IT, p. IG9 (trad., p. 9).
3. \<\\\oïi-ï,Syriaclilcr.,'i.'- éd., p. 42, objecte (|u'il est surprenant que les chroniques s3Tiaques qui parlent d'Absamya ne le connaissent pas sous le nom de Cyrillona. Cf. Adbai Sciietî, Revue de VOrient chrcl., 1906, p. 3-4.
4. Assémaxi, D. 0., I, 170-174, et ni, part..!, 191, a publié quelques lettres et des fragments du traité: comparer ci-dessus, p. 2-22-223. .
LES ECRIVAINS JUSQU AU Vil'' SIECLE.
Cette période de l'histoire littéraire des Syriens est | la plus brillante ; elle compte de nombreux auteurs qui se distinguèrent dans divers genres. Au commencement les Syriens, quoique divisés parles frontières des empires romain et perse, ne forment encore qu'une grande famille religieuse. xVntioche, Edesse, Nisibe et Séleucie du Tigre sont les principaux centres intellectuels qui relient entre eux les membres de cette famille, jusqu'au jour où les schismes la fractionneront en deux tronçons.
§ 1. — Les Orthodoxes.
Les poésies d'Isaac d'Antioche ou Isaac le Grand , (V^ siècle) forment une volumineuse collection. Jean ' bar Schouschan avait commencé au XP siècle leur réunion en un recueil, mais la mort du compilateur, survenue en 1073, y mit fin'. Ces poésies ne sont pas toutes d'un même auteur : quelques-unes dénotent un orthodoxe, d'autres un monophysite. Jacques d'Édesse, dans une notice que l'abbé Paulin Martin a le premier