‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 159 sur 200 · Chron. eccl., I, p · texte numérisé non relu

Chron. eccl., I, p

s. Chron. eccl., I, p. 190.

d'Amid. Nous ne pouvons rappeler ici la liste de ces œuvres^.

Jacques de Saroug, dont les homélies métriques eurent tant de succès, trouva des imitateurs en Syrie. Un humble potier, Siméon Koukaya, du village de Geschir, près du couvent de Mar Bassus, composa des hymnes religieuses pendant qu'il exerçait son métier. Le bruit en vint aux oreilles de Jacques qui fît une visite à Siméon et prit avec lui quelques-unes de ses hymnes pour les puljlier-. Neuf de ces poésies sur la Nativité de Notre-Seigneursont conservées dans le ms. Add. 14520 du Musée britannique^.

Philoxène, en syriaque Aksenâyà, le contemporain de Jacques de Saroug, auquel il ne survécut que deux années, était né en Perse, à Tahal dans le Beit-Garmai. Il fit ses études à Kdesse sous Ibas, mais, comme Jacques, il rejeta la doctrine dyophysite enseignée par l'évêque d'Edesse, et devint un des plus ardents apôtres de la confession monophysite ; on rapporte même que ce fut à son instigation que l'évêque Cyrus sollicita de

1. Comp. AssKMAM, li. 0., I, 303-330; Abbeloos, De vita et scri2)lis S. Jacob), j). loij-113. La principale édition est celle des soixante-dix homélies publiées par P. Bedja>, Homiliœ selectœ Mar Jacobi Saru- (jensis, I-H, Paris et Leipzig , l90.-> et 1900. Des éditions de ([uelqucs liomélies ont été faites antérieurement par : P. Bedjan dans Acta Martyrum et Sanclorum, I, ni, V et A'I, et dans S. Martyrii, qui et Sahdona, quec supersunf omnia, voir l'Avant-propos des Homilix selectœ, \, p. vin; Zi>GERLE, Zeilschr. (1er deut. morgenl. GcselL, t. xn, XIIT, XIV, XV et XX; Chrestomalliia si/riaca, Rome, 1871, j). 360-386; Monumentasyriaca, I. \). 91 : Sermo de Tliamar, Innsbruck, 1871; Moesixcep., Monumenta syrfaca, II, p. 52 et 76; AVf.nig, Srhola syriaca, Innsbruck, 1866; Overbeck, .S. Ephriemi syri... opéra selccta, p. 382: Abbeloos, De vita et scrijjtis S. Jacobi, ji. 203-301 ; Pai:i.in Mabiix, Zeitschr. der dev.t. morrj . Gesellscliaft , XXIX, 107; Cl'reton, j4/if!>w< syriac documents, p. 107; voir en outre ci-dessus, p. 186. Traductions allemandes de quelques homélies jiar Zixgerle, Sechs Homilien des heil. Jacob von ISaruy.

. Bonn, 18G7; et par Bickell dans la Bibliothek der Kirchenvâler de Tallhol'er.

2. Jacques d'Édesse dans le Calai, de Wright, p. 002; Baruebr.eus, Chron. eccL, I. 101 ; Assémaxi, B. 0., I, 121; 11, 322.

Catah Wri'jlit, p. 333.

l'empereur Zenon la destruction de l'Ecole des Perses en 489'. Nommé évêque de Mabboug (en arabe Manbidj, près de lEuphrate), en 485, par Pierre le Foulon, patriarche d'Antioclie, Philoxène s'empressa, après la mort de Zenon, de mettre à profit la faveur dont les Monophysites jouissaient auprès d'Anastase, Il se rendit à Constantiaople en 499 et en 506. En 512, après avoir réussi, avec le concours de Soterichus, évêque de Césarée de Cappadoce, à faire exiler Flavien, il présida un synode dans lequel Sévère fut nommé patriarche d'x\ntioche. Avec Justin, un revirement complet se produisit : les évéques monophysites furent chassés de leurs sièges et remplacés par des orthodoxes ; au nombre des exilés était Philoxène, qui fut dirigé d'abord sur Philippopolis de Thrace et de là à Gangres dans la Paphlagonie, où il mourut vers 523, asphyxié par la fumée dans une chambre oîi il avait été enfermé.

Telle fut la triste fin du fougueux évêque qui, pendant toute sa vie, fut en butte à la haine des Orthodoxes, qu'il appelait les Nestoriens hérétiques-. Son ardeur pour les luttes ne fit pas tort à son talent littéraire ; les Syriens le classèrent au premier rang des écrivains. Philoxène cultiva peu la poésie; on ne connaît de lui qu'une hymne sur la Nativité de Notre- Seigneur, qui lui a été attribuée probablement à tort. Ses oeuvres en prose sont importantes ; dans la première partie de ce livre nous avons mentionne la version biblique qui porte son nom; son commentaire

1. B.VRiiEnn/EUS, Chron. eccl.. U, f>(>; cr. Vasciiaide, Tlircc letlers of Plnloxenua, Kome, I!i02, \\. 'i et suiv. ; Nai". Notice invdilc sur Phi- Inxhic de Mabboug clans la Revue de VOrienlchrélien, YlII. (iSO.

i Voir la Ictlrc fiu'iladiessacn 512 aux moines du couvent de Senoun près d'Édossc, dans âssémant, II. 0., U, 15.

sur les Évangiles ; les treize homélies qu'il a écrites sur la vie religieuse'; il composa en outre : trois liturgies (dont deux traduites par Renaudot, Liturg. orient, collectio, II, 300-309) ; un ordre du baptême; des prières eucharistiques ; une dissertation sur la parabole des dix talents; des traités sur la Trinité et l'Incarnation^; un traité sur les diverses hérésies, suivi d'une profession de foi ; douze chapitres contre les Orthodoxes; vingt chapitres contre les Nestoriens ; sept autres chapitres contre les mêmes ; divers écrits du même genre et plusieurs professions de foi; des déclarations et réponses à des adversaires ; un discours parénétique ; une oraison funèbre ; des prières et des règles monastiques; de nombreuses lettres. Ces ouvrages existent dans des ms, des bibliothèques de Rome, de Paris, de Londres, d'Oxfordet de Cambridge^. Le panthéiste Etienne bar Soudaili, dont la doctrine est réfutée dans deux lettres de Jacques de Saroug et de

\. Voir ci-dessus, p. 50, 6i et 22i.

2. Ces traités seront prochainement publiés par Vasciialde dans le Corpus scriptorum clirisdanorum orientalium.

3. Voir BiDGE. The Discourses of Philoxenus, II, p. xlviii et suiv. En dehors des homélies éditées par M. Budge, il n'a été publié que quelques lettres de Philoxène : Assémani, B. 0., Il, 30-16, a édité des extraits ; l'abbé P. Martin, la lettre à Abou Nafir de Hira, Grammatica... linguee syriacœ, Paris, 1874, p. 71 (sur cette lettre peut-être apocryphe, voir TixERONT, Revue de l'Orient c/irci2en,Vin, 023; Vasciialde, dans l'ouvrage cite ci-aiirès, p. 30); Guidi, la lettre aux moines de Teléda, La Icttera di F ilosseno ai Monaci di Tell Adda, 1S86, dans les Mémoires de X'Accademia dei Lincei; Frotiiingiiam. la lettre aux prêtres d'Edesse. Abraham et Oreste, Slephcii bar Siidaili, ]^. -28: A. Vasciialde, Three letlers of Pliilo.renus bishop of Mabbog. bcing tlie leller to llie ynonks^ Ihe first letler to Ihe monks of Beth-Gaugal and the leller to Ihe emperor Zeno. Rome, 1902. Dans l'Introduction du second volume de The Discourses of Philoxenus, M. Bidge, a imprimé les écrits sui^ants de Pliiloxëne : 1" une réponse à la question : t'omment doil-on croire?; 2" une profession de foi; 3' un article contre ceux qui divisent Xotre-Seigneur : -'t° douze chapitres contre ceux qui admettent deux natures et zmr personne dans le Christ; 5" un traite contre les Nestoriens; 0" un autre contre Nestorius; 7" une relutation des hérésies de Mani et d'autres. Sur une lettre à Palricius d'Edesse, voir J.-B. Chabot, De S. Isaaci Ninivitie vila, Paris, 1892, p. l 'i.

Philoxène de !Mabboug, ses contemporains, était d'abord monophysite. Cet hérétique, un moine d'une piété exemplaire, naquit à Edesse dans la seconde moitié du V" siècle. Pendant sa jeunesse il séjourna quelque temps en Egypte où il fut le disciple d'un certain Jean qui, semble-t-il, lui inculqua les idées panthéistes quil professa ensuite à Édesse. Il commença par nier l'éternité des peines de l'enfer, et soutenait que les damnés, après avoir été purifiés par le feu, retournaient en Dieu « afin que Dieu fût tout en tous » (I Cor., xv, 28). Jacques de Saroug et Philoxène de INIabboug s'élevèrent contre un tel dogme dans leurs lettres '. Chassé d'Edesse comme hétérodoxe. Bar Soudaili se retira à Jérusalem, où se trouvaient des moines origénistes partageant ses idées. De là, il entretenait des relations suivies avec ses disciples demeurés à Edesse. Ses écrits, comprenant des lettres, des traités, des commentaires mystiques de la Bible, notamment des Psaumes, ne sont connus que par la mention qu'en fait Philoxène dans la lettre adressée à Abraham et Oreste d'Edesse. On a attribué à Bar Soudaili le Livre de Hiérothée inscrit sous le nom de Hiérothée, le soi-disant maître de Denys l'Aréopagite-. Ce livre, devenu très rare et dont Barhebrœus eut beaucoup de peine à trouver un exemplaire, nous est parvenu dans le manuscrit même que Barhebrœus se procura et qui renferme, avec le texte, le commentaire de Théodose -^ 11 exerça une grande influence sur la littérature pseudo-dionysienne en Syrie, mais il n'est pas, comme le croyait Frothing-

1. Publiées par KnoTiiiNfiiiAM (\Ans Ulephen bar Sudaili, Leide, 1880; I.a lettre de Jac(|ues à Bar Soudaili, i). i; et la lettre de Philoxène à Abraham et Oreste, p. :28.

'2. liYssEL, Zeilsrhr. f. Kirchengcschirhic, X, dSG, doute de l'exactitude de cette allributlon iiroposce i)ar Frothingliam.

3. Musée britannique, Add. "189, Calai. Rosen et ForshaU, p. 71; comp. Calnl. Wright, HI, suppL

ham, l'origine de cette littérature qui est grecque'. Le LU're de Hièrothée fut commenté par le patriarche Théodose (887-896) et par Barhebrœus. Le commentaire de Théodose est très détaillé ; il reproduit d'abord chaque chapitre du texte, qui est répété ensuite par de courtes sections dans les paragraplies du commentaire; l'ouvrage est précédé d'une introduction générale, et en tète de chaque livre est placée une introduction particulière. Le commentaire de Barhebrreus n'est le plus souvent qu'un résumé de celui de Théodose, entremêlé d'extraits du texte, qui est maltraité et dénaturé -,

Simtîon, évêque de Beit-Arscham, une ville près de Séleucie du Tigre ^, nous ramène en Perse. Cet ardent monophysite était un habile dialecticien, et il avait reçu le surnom du Sophiste perse, p^vâ \li>i\ ; il combattit, avec le zèle d'un apôtre, diir(;ientes iK'rc'sies el particulièrement le nestorianisme qui avait envahi la Babylonie ''. La vie de Siméon a été écrite par Jean d'Asie dans son Histoire des Bienheureux orientaux''. Son élévation à la dignité épiscopale eut lieu sous le patriarche Babai (498-50o). Cet évêque mourut à Constantinople, où il s'c'tait rendu pour faire visite à l'impératrice TlK'odora. Il est connu comme écrivain par ses lettres sur les martyrs clirc 'tiens du Yémen et

\. Voir ci-dessus, ]>. 315. Sur Bar Soudaili cump. Bariiedu.els, Chron. eccL, 1, 221 ; Assiiuwi, D. O.. I, 303, et H. 30; A);beloos, Dr vitn et scri- 2)tis S. Jacob), Lcuvain, 1807, et inincipalement Fiujtuingiiam, Slephci bar Sudaili, Leidc. 188C.

2. Voir Frotiiingiiam, S7e;>/ie)! bar Sudaili, SC>-H$. Des ms. du commentaire de Barliebrœus se trouvent à la Bibliotlicque nationale. Calai. Zntenberg, p. 17;;-176: au Musée britannique, Calai. Wriyhl, p. 81)3-8y"i; et à Berlin, Catal. Sachau. n" 211, p. C80.

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