‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 161 sur 200 · Cod. Vat. Iji9 à Rome ; Cod. Marsh 101 à la BodlcMenne · texte numérisé non relu

Cod. Vat. Iji9 à Rome ; Cod. Marsh 101 à la BodlcMenne

4. Cl", çi-dessus, p. 317. Jean l)ar Aplitunia doit être distingue de Jean, supérieur du couvent le Beit-Aphtonia, auteur de la vie de Sévère, ci-dessus, p. 15'2.

rabic où il séjourna sept ans. Après la mort de Justin, Justinien, à la demande de Théodora, envoya ces évêques à Alexandrie d'Egypte, et ils y terminèrent leurs jours. Mara «écrivit peu ; sur l'attribution d'un commentaire des Evangiles qui lui est faite par Assémani, voir ci-dessus, p. 65, note 3.

Une autre victime des Orthodoxes, ce fut Paul, évèque de Callinice, déposé de son siège en 519. Paul se retira à Edesse et occupa ses loisirs à rendre en syriaque les œuvres de Sévère d'Antioche voir ci-dessus, p. 316 .

Jacques Baradée ', le fondateur de l'Eglise jacobite-, consacra sa vie à relever le parti monophysite qui avait subi de graves atteintes sous Justin et qui avait été persécuté particulièrement par les patriarches orthodoxes d'Antioche, Euphrasius et Ephrem-"*. Jacques était né à Telia, dun prêtre de cette ville, nommé Théophile bar Manou. Il fut d'abord moine au couvent de Phesilta,sur le montlzla. Vers 528, il se rendit avec un moine de Telia, du nom de Sergius, à Constantinople où il savait trouver dans l'impératrice Théodora une aide puissante pour la cause des Monophysites. Son séjour dans cette ville se prolongea pendant quinze années. En 543 une heureuse circonstance assura le succès de ses démarches : le roi des Arabes de Ghassan, riarith ibn Djabalah, vint solliciter de Théodora

•1. Le surnom de Baradée, en syriaque |.o.;>a.2, lui vient de l'étoffe grossière de feutre dont il se vêlissait et dont ou se servait coiumuncineut pour faire des housses de cheval.

-2. Le nom de .Tacohitc, '/cxw6t'r);ç, est de formation grecque; il fut donné aux jiartisans de Jac<|ucs par ses adversaires; les Jatobites se désignaient ])ar le nom de Les orthodoxes.

3. La vie de Jacques Baradée a été écrite par M. Klf.v.n. Jacohus Baradieus.deStichterdersyrischeMonoplit/sietiscIie Kerk,].e\de,iSS-2, d'après l'Histoire eccl. de Jean d'Asie, éd. Cur.ETON, et les Vies des Bienheureux orientaux du même auteur, Anecd. syr. de Land, t. H: comp. ci-dessus, p. loi». Assr.MAM avait donné sur ce personnage toutes les informations qu'il avait pu recueillir. B. 0., Il, C-J-G9, 3-20 et 331.

JUSQU'AU VIP SIÈCLE. 3Ul

l'envoi d'évêques dans les provinces quil gouvernait. A la demande de l'impératrice, Théodose, le patriarche exilé d'Alexandrie, consacra évêque de Bostra Théodore, avec juridiction sur l'Arabie et la Palestine, et évêque d'Edesse Jacques Baradée, avec juridiction sur la Syrie et l'Asie Mineure. Jacques n'exerça pas ses fonctions à Edesse même, qui avait alors un évêque orthodoxe, Amazonius; il alla prêcher la Syrie, la Mésopotamie, la Cilicie, la Cappadoce, l'Isaurie et les régions adjacentes. Pour assurer l'administration de son Eglise dans ces provinces, il fit nommer à Alexandrie de nouveaux évêques de sa confession; parmi ceux-ci se trouvait le célèbre historien Jean, évêque d'Ephèse. L'élection de son ancien ami, Sergius, au siège patriarcal d'Antioche, mit le comble à ses vœux. Cependant la mission de Jacques ne s'accomplit pas sans quelques déboires : il dut excommunier comme trithéistes Conon et Eugène, qu'il avait faits évêques. Sergius mourut trois ans après son installation à Antioche et fut remplacé par Paul, un abbé d'Alexandrie, après que le siège patriarcal fut resté vacant pendant trois années. Les dissensions surgirent bientôt au sein des Monophysites triomphants. Jacques se rendit en 578 à Alexandrie pour conférer avec Damien de l'excommunication de Paul, mais il mourut en route au couvent de Mar Romanus ou de Casion. Sa dépouille mortelle, dérobée par les émissaires de Zachée, évêque de Telia, fut ramenée au couvent de Phesilta en 622' . Ses œuvres sont peu nombreuses ; une liturgie (traduite par Renaudot, Lit. orient, collectio., II, 333); des lettres (écrites

1. Le récit de ce lait, écrit en syriaque par Mar Cyriaquc, a été publié avec une traduction française par A. Kugeneu, Comment le corps de Jacques Baradée fut enlevé du couvent de Casion par les moines de Phesilta, dans la Bibliothèque liagiofjraphique Orientale, Paris, 190:2, p. 1- 26; cf. Revue de l'Orient chrétien, VU, [). 19G-217.

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en grec et conservées dans une traduction syriaque ^); une profession de foi (conservée en arabe et en éthiopien ^) ; une homélie pour la fête de l'Annonciation (conservée en arabe à la Bodléienne).

Jean d'Asie, un des évoques militants du parti de Jacques Baradée, est l'historien le plus autorisé pour les temps agités de son époque. Nous ne reviendrons pas sur son Histoire ecclésiastique^ qui nous fournit dans sa dernière partie une sorte d'autobiographie fort intéressante (ci-dessus, p. 181 et suiv.), ni sur sa collection des Vies des Bienheureux orientaux (ci-dessus, p. 150 . Jean naquit à Amid au commencement du VI" siècle. Il fut nommé diacre au couvent de Saint- Jean en 529, mais il dut fuir sa ville natale pour échapper aux persécutions dirigées contre les Monophysites par Ephrem, patriarche d'Antioche (529^544), et par Abraham bar Kili, évêque d'Amid. En 535, il est à Constantinople où il se rencontre avec Jacques Baradée. Justinien l'accueille avec faveur et lui confie l'administration des biens de la congrégation monophysite. Bientôt Jean quitte la capitale de l'empire grec, chargé d'une mission par l'empereur, et se rend, avec son ami Deuterius, en Asie Mineure pour convertir les païens. Son œuvre accomplie, Jean est rappelé à Constantinople pour réagir contre l'idolâtrie qui était encore pratiquée dans la ville et les environs. La fortune de cet ardent évêque périt avec son protecteur. Après la mort de

\. JIs. ,ldd. 14602 du Musée hrilannique, fatal. Wright, p. 701; Kleyn, Jacobus Baradeeus, p. 1*34- 1!»4.

2. Le texte arabe a été publié par Kleyn, op. cit., p. 121 ; le texte éthiopien, parCouMLL, Zeitschr. der dent. morg. GeselL, XXX, p. 417; corn p. WniGHT, Syriac liter., 2« éd., 88; Baruebr^eus, Chron. eccl., I, 217, Sur une profession de loi des moines partisans de Jacques Baradée, voir I.\MY, Actes du XI" Congrès des Orientalistes, Paris, 1897, p. 117 de la section sémitique; cf, Noeldeke, Zeitschr. der deut. morgenl. GeselL, XXIX, p. 4iy.

Justinien, la vie de Jean n'est plus qu'une suite continue de tribulations, de fuites et d'emprisonnements, dont il a retracé le tableau dans son Histoire ' . Pour l'appréciation de l'œuvre littéraire de Jean d'Asie, nous renvoyons à ce que nous avons dit précédemment de son histoire ecclésiastique^.

Nous avons parlé dans notre première partie de l'œuvre scientifique de Sergius de Reschaina, qui se compose presque entièrement de traductions de livres grecs •^. Ce savant distingué, qui devint médecin en clief [dç/JaTQoç^ à Reschaina, était un prêtre monophysite, flottant dans les questions dogmatiques; ses intrigues le portèrent vers les Orthodoxes, et les Nestoriens le réclamèrent comme un des leurs {Catalogue d'Ebedjésu) ; il eut pour disciple et ami Théodore, évêque nestorien de Merv, auquel il dédia plusieurs de ses livres. Les Monophysites le tenaient en médiocre estime comme homme privé; dans la compilation syriaque de Zacharie il est censuré pour son avarice et ses mœurs dépravées ^. On ignore la date et le lieu de sa naissance, mais on sait qu'il fit ses études à Alexandrie, où il appritle grec. En 535. Sergius part de Reschaina et se rend à Antioche auprès du patriarche orthodoxe Éphrem pour se plaindre des mauvais traitements de son évêque Asylus •'. Éphrem, appréciant ses qualités

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