‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 166 sur 200 · Sur ce personnage voir ci-dessus, p. 213 et · texte numérisé non relu

Sur ce personnage voir ci-dessus, p. 213 et

2. La poésie mise sous son nom dans le Liber thesauri du P. C.vudiii. p. 124-125, est d'une époque beaucoup plus liasse, comme le rcman|ue WniGHT, Syriac liter.,^'' éd., p. 173, nolo 7: com|). ci-dessus, p. 18. note 1.

3. Une édition du Bréviaire nestorien, retravaillé pour les Clialdéens cathnlif|ues, a été publiée par le P. Bedjan, à Paris, 1880-1887, Breviarium Chaldaicum, I-lII.

4. Elles ont été publiées avec une traduction latine par RubensDlval.

Jésiiyab d'Adiabènc avait eu pour condisciples à l'École de Nisilîle Enanjésu et le frère de celui-ci, nommé aussi Jésuyab, qui étaient également originaires de l'Adiabène. Les deux frères se firent moines et entrèrent au Grand Couvent du mont Izla; puis Enanjésu, désirant visiter les Lieux saints, se rendit à Jérusalem et de là au désert de Scété en Egypte, le grand centre de la vie ascétique et monastique. A son retour en Mésopotamie, le pieux moine se retira au couvent de Beit- Abé où il travailla avec Jésuyab III à la revision du Bréviaire. Plus tard il entreprit, à la demande du patriarche Georges, la version syriaque de \ Histoire lausiaque de Palladius. Il est aussi l'auteur d'un livre de philosophie et de traités de lexicographie ; nous avons parlé plus haut de ses ouvrages, p. 143, 253, 295,

Jean de Beit-Garmai, ou Jean l'ancien, fut abbé du couvent de Beit-Abé. mais il quitta ce couvent pour se retirer sur une colline près de Dakouka, dans la province de Beit-Garmai. Il termina ses jours dans le monastère qu'Ézëchiel construisit à cet endroit. Èbedjésu ' lui attribue, outre la chronique et les vies de moines que nous avons citées précédemment (p. 204 et 214), un recueil de dissertations scientifiques et de maximes, et des règles pour les novices.

Georges, le successeur de Jésuyab III sur le siège patriarcal de Séleucie (660-680). était né de parents riches, à Kaphra, dans le Beit-Garmai. Il entra comme moine au couvent de Beit-Abé et fut nommé métropolitain de l'Adiabène par Jésuyab III -. On possède de lui

Isoyahb palriarc/iœ III liber cpislularum, dans le Corpus scriptorum chriHtianorum orienlalium, Paris, l!(04-19.}o.

■1. AssÉMAM, B. 0., in, part. I, -20'..

2. Tiiosas DE Macoa, Ilisloirc monastique, livre II, chap. xii.

des canons synodaux et une lettre dogmatique (ci-dessus, p. 165) ; il composa aussi des homélies, des hymnes et de? prières.

Un contemporain de ce Georges, c'i'tait Georges de Nisibe. nommé métropolitain de Perat de Maisan (ou Bassora) par le patriarche Jésuyab III. Il est Fauteur d'une hymne pour la dédicace de l'Église'.

Elias, évêque de Merv. qui prit part à l'élection du patriarche Georges, écrivit, outre des commentaires et une histoire ecclésiastique (ci-dessus, p. 73 et 204). des. lettres qui sont perdues comme ses autres œuvres.

Henanjésu I fut nomnii' patriarche en 686 et vécut jusquen 701 2. L'évêque de Nisibe. Jean de Dasen. surnommé Le lépreux, lui fit une violente opposition et réussit à mettre de son côté le calife Abd al-Malik ibn Marwan. Henanjésu. après avoir été déposé et jeté en prison, fut conduit clans la montagne et précipité dans un ravin où il faillit périr. II fut sauvé par des bergers, mais il conserva de sa chute une infirmité qui lui valut le surnom du Boiteux. Retiré au couvent de Yaunan, près de Mossoul, il ne reprit possession du siège patriarcal qu'après la mort de son ennemi. Ses œuvres comprennent des homélies, des discours, des lettres; une vie de Sergius Dewada, son contemporain; un traité sur le double rôle de l'Ecole au point de vue de l'enseignement de la morale et de la religion, et de l'enseignement des belles-lettres; un commentaire des Analytiques mentionné ci-dessus, p. 254 ^^

1. Thomas de Marga, l. c. ; Assémani, B. 0., III, pari. I, p. 4oG. Cettehymne est éditée dans le Liber thesauri du P. Cardaui, p. 71. Elle aététraduite en anglais par Maclean, East Syrian Daily Offices, Londres,. •I89i, p. 458.

2. D'après Elias de Nisibe dans les Fragmente syrisclier und arabischer Hisloriker de B-ethgen, p. 38 et 120; corap. Wuight, Syriac Hier., ^2^ éd., p. 18-2.

3. Sur ce patriarciie et ses écrits consulter : Bakuebr.eus, Chron.ecch

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Les œuvres des Jacobites du Vll^ siècle, moins nom~ breuses que celles des Nestoriens, nous sont mieux connues. Nous avons mentionne, p. 50-52. la version de l'Ancien Testament par Paul de Telia et la version du Nouveau Testament par Thomas dHarkel. Thomas d'Harkel est, en outre, l'auteur d'une liturgie '. Quelques années après, parurent les versions des livres de Grégoire de Nazianze et de VOctoechus de Sévère par l'abbé Paul (ci-dessus, p. 309 et 317).

Après Ahoudemmeh, dont nous avons parlé à la fin du n° précédent, le métropolitain jacobite de Tagrit le plus connu est Marouta, qui ne semble pas avoir porté le titre de nmjjhrien'^ , c'est-à-dire de propagateur de la confession monophysite en Perse. Le nombre des Jacobites s'était beaucoup accru dans l'Irak depuis que les rois Sassanides avaient transporté dans leur empire les captifs de la Syrie et de la Mésopotamie occidentale. Marouta était né dans l'empire perse à Beit-Nouhadré; il mena la vie monastique dans les couvents de Zachée à Callinice et de Mar Mattai près de Mossoul, et étudia pendant quelque temps à Édesse. Marouta résida ensuite à la cour perse, où le parti monophysite était bien vu, grâce au médecin Gabriel; après la mort de celui-ci, il se retira à Akoula (al- Koufah des Arabes); il fut nommé métropolitain de Tagrit en 640 et mourut en 649. Sa vie a été écrite

II, 133 et suiv.; Asskmani. h. 0., II, 422 ; III, part. I, 6lo; Wright, Syriac lit.,'!" éd.. 181; Amr, éd. Gismondi, II, 58.

1. AssÉMiNi, B. 0., II, 9-2. On lui attribue aussi des versions de plusieurs liturgies grecques.

2. Ce titre ])arait être postérieur à Marouta de Tagrit d'après Ignatius. Ei'iiu.EM II Rahmaxi, Studia syriaca, Mont Liban, 1904, p. 0-2; et F. Nau, Histoires cV Ahoudemmeh et de Marouta, p. 1-2, note 3, dans \a.Palrolo- (jla nrientalis. t. III, fasc. 1. Paris, 190G. Il a été donné probal)lenient à Denha le successeur de Mannita sur le siège métropolilain de Tagrit. Marouta de Tagrit ne doit pas cire coulondu avec Marouta du Maiplierkat qui lui était antérieur de plus de deux siècles (voir ci-dessus, p. 1-22).

par son successeur, Denha^. En dehors de son commentaire sur les Evangiles (ci-dessus, p. 66), Marouta écrivit une liturgie-, des hymnes et des sédras (prières rythmées pour le sacrifice de la Messe' : une rt^futation d'un libelle nestorien ^.

Sévère Sebokt est connu par ses œuvres scientifiques (ci-dessus, p. 251 et 278). Ses écrits théologiques se composent : dun traité sur les semaines de Daniel ; dune liturgie; d'une lettre au périodeute Basile de Chypre; et d'autres lettres à Sergiusde Singar sur deux discours de Grégoire de Nazianze '.

Jean I, patriarche d'Antioche en 631, mort en 648. composa de nombreux sédras ou prières liturgiques qui lui valurent le nom de Jean des Sédras; il est aussi l'auteur d'une liturgie ^.

Nous arrivons à la seconde moitié du siècle, pendant laquelle l'éminent Jacques d'Édesse domine les auteurs de son époque autant par l'étendue et la variété de ses connaissances scientifiques que par son talent de littérateur. Cet évêque naquit vers 633 dans le viUage d'Endêba du diocèse d'Antioche. 11 étudia les Ecritures et le grec au couvent de Kennesré sous la direction de Sévère Sebokt, et il alla compléter ses connaissances grecques à Alexandrie. Nommé évêque d'Edesse par le patriarche Athanase, son ancien condisciple, Jacques chercha à ramener la discipline dans les couvents de son diocèse, mais il échoua dans son entreprise (voir ci-des-

1. Publiée par F. Nau, op. cit., voir noie 2 de la p. précédente.

2. Traduite par IIenaudot, LU. orient., II, 261; cf. F. Nau, op. cit., p. t)6. note 4.

3. Cf. F. Nau, op. cit., p. iio. Sui une homélie pour le Dimanche nouveau mise sous le nom de Marouta, voir ci-dessus, p. 1-2-2, note 4.

4. WtiiGiiT, Catal.,i}. 43-2 et 988; Assf.mani,^. 0., II, 4t>3.

.■;. liARHEBR.ers, Chron. ceci.. I, 2"o; Asskmam, B. 0.. II, 33'i. Suivant Barhebrœus, il aurait traduit les t\angilcs en arabe à la demande de l'émir Amr ibn Sad ; cette notice est bien invraisemlilable.

DU YIP SIECLE. o:ô

SUS, p. 170). A la suite de cet échec, il abandonna son siège épiscopal et se retira dans le couvent de Saint- Jacques à Kaisoum; Habib, un placide vieillard, le remplaça à Edesse. Son séjour à Edesse avait été de quatre ans; s'il fut nommé évêque, comme il est probable, l'année même qu'Alhanase devint patriarche, en 684, son départ d'Edesse aurait eu lieu en 688. Peu de temps après, il fut appelé comme professeur au couvent d'Eusebona, du diocèse d'Antioche, où, pendant onze ans, il expliqua les Ecritures d'après le texte grec; il renouvela et perfectionna l'enseignement du grec dans ce couvent. A la suite de quelques diflicultés avec les moines, Jacques passa ensuite au couvent de Teléda; ses travaux sur l'Ancien Testament l'y tinrent pendant neuf ans (voir ci-dessus, p. 57). A la mort d'Habib, il reprit possession de son ancien siège épiscopal. mais pour quatre mois seulement ; étant retourné au couvent de Teléda pour en rapporter ses livres, .lacques y mourut le 5 juin 708 '.

Jacques fut un polygraphe distingué : théologien, philosophe, historien, exégète et grammairien, il renouvela les études syriaques dans les sciences. Nous avons eu précédemment l'occasion de parler des plus importantes de ses œuvres en prose (ci-dessus, p. 57, 66, 86, 170-171, 190, 242, 251, 278. 286, 289, 309, 318): nous ajouterons ici divers écrits liturgiques : une liturgie et une revision de la liturgie de Saint-Jacques, frère de Notre-Seigneur; le Lii>re des trésors renfermant les ordres du baptême, de la consécration de l'eau, de la célébration du mariage; une traduction

1. D'après Michel le Syrien, éd. CiunoT, 445 (trad. H, 471) ; B.vniiEBR.ELS, Chron. cccL, p. '293 ; et Éi.ias de Nisibk dans B.etugf.n, Fragmente, etc., p. 40 et 121. Suivant Micliel, Jacques aurait liabité Edesse avant d'être nommé évêque de cette ville, cf. bic. cil., et ibid., p. 411 (trad., 4G8).

:m LES ECRIVAINS

de l'ordre du baptême par Sévère ; un Horologium contenant les services pour les heures de la semaine et un calendrier des jours de fête pour l'année ' . Le célèbre évêque est encore l'auteur d'homélies en prose dont quelques-unes seulement nous sont parvenues ; on connaît des homélies sur le sacrifice de la Messe, sur l'usage de pain azyme, contre les Dyophysites, contre les transgresseurs des canons de l'Eglise -. Les homélies métriques sont peu nombreuses : l'une délies traite de la Trinité et de l'Incarnation; une autre, sur la foi, est mise sous le nom de Jacques d'Edesse, mais elle est de Jacques de Saroug^. Jacques eut une nombreuse correspondance avec des membres du clergé de son époque. Nous avons déjà parlé de quelques-unes de ses lettres : à Paul d'Antioche, sur la réforme de l'écriture (p. 286); à Georges de Saroug, sur l'orthographe (p. 289); d'autres sont adressées : au prêtre Addai, au sujet du baptême et de la consécration de l'eau ^; au diacre Barhadbeschaba, contre le concile de Chalcédoine ; à Jean le stylite du couvent de Litarba près d'Alep; à Eustathius de Dara; à Kyrisona de Dara ; au prêtre Abraham ; au diacre Georges; et au sculpteur Thomas •\

1. Ces ouvrages sont conservés dans plusieurs manuscrits des bibliollièques de l'Europe. Les différentes parties du Livre des' trésors sont reproduites séparément, voir Whicht, Syriac liter., ^^ éd., p. 143.

:2. ^^■RIGUT, Syriac liter., 2» éd., p. 14(i; Calai. , p. 98i et 006.

3. Des extraits de celle-ci ont été imprimés par le P. Cardahi dans le Thésaurus de arte poetica, p. 18-21 ; le texte complet avec une traduction latine, par Ugolim dans le vol. Al somma Ponlifico Leone XIII, Ommagio Giubilare délia Biblioteca Valicana, Rome, 1888. Elle a été publiée sous le nom de Jacques de Saroug par Assirilani, Be3'routli, 1900; cf. Le Machriq, IV, 2-28. Manna, Morceaux choisis de littéralure araméenne, Mossoul, 1901, t. II, p. 23, a édité une poésie sur Les ténèbres extérieures sous le nom de Jacques d'Edesse.

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