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LES APOCRYPHES CONCEHNANT L ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT

§ 1. — Les apocryphes de l'Ancien Testament.

II existe des versions syriaques des textes que la version des Septante renferme parmi les deutérocanoniques. Lagarde a édité, avec ces derniers ' : l'Epître de Jérémie. les deux Epîtres de Baruch, le Cantique d'Ananias ^ et de ses compagnons, l'histoire de Bel et du Dragon,

Wright^ a édité, d'après un ms. de Cambridge et un ms. du Vatican, cinq psaumes apocryphes. Le premier, traduit des Septante, est le psaume CLI qui est connu par le Codex Ambrosianus. Le second est une prière qu'Ezéchias prononça lorsqu'il était entouré d'ennemis. Le troisième est un cantique des Israélites qui avaient obtenu de Cyrus l'autorisation de retourner dans leur patrie. Le quatrième fut chanté par David pendant qu'il combattait le lion et le loup qui avaient ravi un mouton de son troupeau. Le cinquième est un

l.Libri Vct. Test, apocn/phi syriace, Leipzig-, 1881. :2. Dans les Septante : Azarias.

3. Dans les Proceedingi de la Society of Biblical Arckxology, t. IX, juin 188", p. -2.-7-266.

cantique de David après sa victoire sur le lion et le loup.

L'Apocalypse de Baruch est conservée en syriaque dans le Codex Ambj-osianus^. La version syriaque faite sur un original grec aujourd'hui perdu, se divise en deux parties : Tune formée des chap. i-lxxvii, et l'autre des chap. lxxviii-lxxxvi (cette dernière est la première Epître de Baruch dans lédition des Apocryphes de Lagarde, mentionnée ci-dessus, p. 88- 93). La première partie n'existe que dans le codex Ambrosianus; la seconde partie se trouve encore dans d'autres ms. M. Charles a publié une étude critique de cet apocryphe et un exposé des précédents travaux auxquels il a donné lieu; il Ta traduit en anglais et a réédité les chap. lxxviii-lxxxvi-.

Le quatrième livre d'Esdras et le quatrième livre des Macchabées ont été édités par M. Ceriani d'après le codex Ambrosianus ^. Une nouvelle édition du quatrième livre des Macchabées, commencée par Bensly, a été publiée par Barnes '*. Elle reproduit le codex Ambrosianus avec des variantes d'autres ms. Elle comprend, en outre, six textes syriaques relatifs au martyre des Macchabées.

De la Parva Genesi's ou Lif^re des jubilés, il ne s'est

\. Publié en pliotolitliographie par Ceriam, Monumenta sacra et. profana, t. VII, Milan, 1874. M. Ceriani avait traduit en latin cet apocryphe en 1866, et il avait donné une première édition du texte en 1871, Monumenta sacra et profana, t. I. fasc. II, p. 73-08.

2. The Apocalypse of BarucJi Iranslated from the syriac, Londres,

3. Monumenta sacra et profana, vol. V, fasc. I; dans le premier volume, fasc. II, M. Ceriani avait donné une version latine de l'apocryphe syriaque. Dans le Codex Ambrosianus, à la suite du IV^ livre des Maccabées, se trouve un cinquième livre, qui n'est autre que le sixième livre du De bello judaico de Joscphe, ainsi que l'a établi M. Kottek, Das sechste Buch des Bellum judaicum, Berlin, 1886 (avec le texte syriaque des chap. i et ii).

4. The fourth Book of Maccabees and kindred documents in syriac. Cambridge, 1895.

conservé en syriaque qu'une section * . Il n'existe également que des fragments de la rédaction chrétienne et orientale du Testament d'Adam'^. Mais les deuxième et troisième parties de ce dernier apocryphe se retrouvent, avec de nouvelles légendes, dans la Caverne des trésors. La première partie, Le combat d'Adam et d'Eve., est remplacée dans la Caverne des trésors par une description de la création qui forme la base de l'Hexaméron de pseudo-Epiphane.

La Caverne des trésors, ip^^i^iio, appartient à la littérature des Livres des Jubilés, qui traitent de l'histoire fabuleuse des tribus d'Israël. Le titre complet de cet apocryphe est : « Livre de la descendance des tribus ou la caverne des trésors, qui a été composé par saint Ephrem. » L'attribution à saint Ephrem n'est pas exacte, car l'œuvre est postérieure à ce Père et ne remonte guère plus haut que le VP siècle, mais elle sort vraisemblablement de son école. En tout cas, le livre a été écrit en Mésopotamie ; comme le remarque l'éditeur •', la langue syriaque y est nommée la reine de toutes les langues; elle est la langue primitive que parlaient tous les peuples avant la confusion de la Tour de Babel ; les Syriens n'ont pris aucune part au crucifiement du Christ, etc.

1. Éditée par Ceuiani, Monumenta sacra et profana, t. n, fasc. I, p. ix. — Cf. R. A. CiiAULKS, Tlie ethiopic version of thc hebrew Book of Jv.bilees..., Oxl'oril, 1895.

2. Manuscrits du Vatican o8 et lOV, et plusieurs ras. du Musée britannique, WiuGiiT, Catal., General index, sous le mot Adam. Ces Iragments ont été publiés par RE^A^, JoMn?a/ asiatique, nov.-déc. -ISoS, p. 4i27, et ■\VKicnT, Contributions to the opocryphal Lileralure of the X. T., Londres, 1803, p. Cl. — cr. Cakl Bezold, Orientalische Studien Theodor Noeldekc, Giessen. 1906, p. 893.

3 Carl Bezold, Die Schalzhœltle aies dcm syrischen Texte uebersetzl, Leipzig, 1883. M. Bkzoi.d a publié le texte syriaque et la version arabe à Leipzig en 1888. Comp. l,\(;\m)F., Mi tlheilungen, UI.43; IV, 0. .M""= UinsoN a publié une version arabe fort différente : Apocrypha arabica ; Studia sinaitica, VIII, Londres, 1901.

>i-i LES APOCRYPHES

Le titre de Ccn>erne des trésors ne convient, en fait, qu'à la partie concernant les patriarches. Adam, chassé du Paradis, se retire sur une montagne voisine et s'abrite dans la caverne où il dépose l'or, la myrrhe et l'encens qu'il a emportés du séjour des délices. Adam et les patriarches qui lui succèdent, sanctifient par leurs offrandes à Dieu la caverne qui leur sert de tombeau après leur mort jusqu'au Déluge. A ce moment, Noé transporte dans lArche les reliques d'Adam avec l'or, la myrrhe et l'encens. Après le Déluge et la mort de Noé, Sem et Melchisédec, conduits par un ange, déposent ces reliques au centre de la terre « où se réunissent les quatre parties de l'Univers », au Golgotha qui s'entr'ouvre en forme de croix pour les recevoir. C'est au Golgotha qu'Adam recevra le baptême par le sang et l'eau qui couleront de la plaie du Sauveur; c'est sur le Golgotha que son péché lui sera remis. Après Sem, il n'est plus question de cette caverne.

Dans cette littérature rentrent encore les légendes recueillies par Salomon, évéque de Bassoravers 1222, et consignées dans son Livre de Vdheille ^ . Quelquesunes de ces légendes sont, pour le fond, les mêmes dans, ce livre et dans la Caverne des trésors; mais le Livre de l'abeille est beaucoup plus riche en documents de ce genre. La Caverne s'arrête après la Passion du Christ; Salomon poursuit son histoire plus loin; il ajoute : les missions des apôtres ; les listes des patriarches nestoriens, des rois Achéménides, des Ptolémées, des empereurs romains ; une prédiction de la conquête musulmane tirée de La révélation à Méthodiiis en prison; un récit sur Gog et Magog et la porte d'airain

\. Bldge, J}ie Book of the bee, avec une traduction anglaise, Oxford, 188(>. Il acte traduit en latin par Scikknfeldf.r, Salomonis liber Ajiis, Bamberg, I80ù. Une analyse dans Assf.mam, B. 0., UI, part. I. p. 309-324.

d'Alexandre , imité de pseudo-Callisthène ; un autre récit sur la venue de l'Antéchrist; enfin plusieurs chapitres de théologie qui n'ont aucun rapport avec l'histoire.

h'Entretien de Moïse avec Dieu sur le mont Sinaï s'est retrouvé en syriaque et a été publié par M. Hall dans Hebraica, Vil, p. 161.

^'Histoire de Joseph et Aseneth a été traduite du grec en syriaque par iNIoïse d'Aghel (vers 570)'. La version de Moïse concorde avec le grec publié par M. l'abbé Batiffol, mais elle est incomplète; le grec sert à combler les lacunes du syriaque -. Une traduction latine a été faite sur le syriaque par G. Oppenheim, Fabula Josephi et Asenethie apocrypha e libro sijriaco latine versa, Berlin, 1886.

Certains apocryphes circulaient sous le titre de Testaments, attribués à des personnages bibliques. En dehors du Testament d'Adam, QXvcoxiw^liXo. Testament de Léi>i^ , et le Testament de Salomon adressé à son fils Roboam '.

Les Vitpc Prophetarum existent dans plusieurs recensions syriaques et grecques. On a cru à tort que les textes syriaques représentent l'original et que les textes grecs sont des traductions du syriaque^.

1. Elle a été insérée dansla compilation faite par un monophysite de l'Histoire ecclésiastique de Zacliarie le Rhéteur, et elle a été publiée par M. Land dans le HP vol. àes Anecdota syriaca, p. 18 et suiv.

on ne doit i)as comprendre parmi les apocryphes l'Histoire de Joseph, fils de Jacob, un poème en douze chants attribué à saint Éphrem, et publié par M. Bf.djan ; il exis'.e de ce poème une version arabe, Catal. Zotenberg, n° 65, u".

2. Voir P. Batiffol, Studia patristica, Paris, 1889; LA^■D, op. cit.,p. xvu : Saciiai', Hermès, iS'iO, t, ]V, p. 77.

3. Un extrait au Mus(;e britannique, Catal. Wright, p. 997, col. 1.

i. A la Bibliothèque nationale en carschouni (arabe écrit en caractères syriaques!, Catal. Zotenberg, n" 194, 23°.

5. M. NESTLE a publié, d'après des nis. du Musée britannique, une recension syriaque des Vitœ Prophetarum dans la Syrische Grammatik,

On mettait sous le nom de Daniel et d'Esdras divers écrits pseudépigraplîiques. Une apocalypse est intitulée : Daniel le jeune, concernant Notre- Seigneur et la fin du monde ^ Une autre apocalypse relative au royaume des Arabes porte le titre suivant : Question que posa Ezra le Scribe quand il était dans le désert avec son disciple Karpos^. L'auteur de cette production tardive (postérieure à la conquête arabe ^) s'est servi du IV'' Livre dEsdras et a emprunté ses iigures à Daniel et à l'Apocalypse de saint Jean. M. Iselin, dans l'étude qu'il a consacrée à cet apocryplie '', arrivait à la conclusion « que l'Apocalypse d'Esdras est composée d'éléments empruntés à une ou plusieurs apocalypses juives retouchées par un chrétien » . Mais cette conclusion, influencée parles récentes théories de M. Fischer sur l'Apocalypse de saint Jean, est rejetée par M. Chabot qui croit, avec raison, semble-t-il, « que l'Apocalypse d'Esdras est tout simplement une bizarre composition, un amalgame de figures bibliques mal combinées, une compilation rédigée par un auteur chrétien de la Syrie uniquement à l'aide de ses souvenirs bibliques et sans

2'éd., Berlin, 1888, n° UI de la chrestomalliie. Une autre recension est insérée dans VHistoirc de Michel ie Syrien. M. Hall a traduit aussi une recension dans Jourti. of the exegelical Hociety, 1887, p. -28; cump. ibid., 188-, p. 97: 1888. p. 63; Nestlé, Die dem Epiphanius zugeschricbenen Vitœ Prophi'larum dans Marrjinalien vnd Ma/er('«//t ». Tubinguc,

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