‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 61 sur 200 · VIES DES SAINTS · texte numérisé non relu

VIES DES SAINTS

sogenanntc Kirchengeschichte des Zacharias Rhetor, Leipzig, 1899, p. 263 ^

Zacharie le Scolastique a composé en grec, à Constantinople, en 515 ou 516, la vie de Sévère, patriarche d'Antioche. Il s'était proposé, en écrivant cette biographie, comme ille dit dans l'introduction, de réfuter les calomnies des adversaires du patriarche d'Antioche, qui accusaient celui-ci d'avoir pratiqué le paganisme pendant sa jeunesse. Ce document renferme encore une autobiographie de Zacharie, qui nous apprend que celui-ci était né près de Gaza, qu'il étudia la grampiaire et la rhétorique à Alexandrie et le droit à Beyrouth. 11 fit baptiser Sévère à Tripoli et prit une part active dans les poursuites dirigées contre les païens-.

La vie de Sévère par Zacharie traite de la jeunesse du héros et s'arrête au moment où il est devenu patriarche d'Antioche. La vie de Sévère par Jean, supérieur du monastère de Beit-Aphtonia, également écrite en grec, parle des luttes que le patriarche eut à soutenir relativement aux questions religieuses qui agitaient l'Orient. L'original grec est perdu, mais nous en possédons une traduction syriaque faite littéralement par l'abbé Sero'is barKaria^.

1. Avec la vie d'Isaie, Zacharie avait aussi écrit la vie de Pierre l'Ibérien et la vie de Tliéodose d'Antinoé, qui ne se sont retrouvées ni en grec ni en sjriaque. Ces vies ont été écrites à Conslantinople après la vie de Sévère et non pas antérieurement, comme on le croyait d'après un passage de Zacharie dans la vie de Sévère; voir Klgener, Observations sur la vie de Pascète Isaïeet sur les vies de Pierre l'Ibérien et de Théodose d'Antinoé par Zacharie le Scolastique dans Byzant. Zeilschrifl, IX, 401, Leipzig, 1900.

2. Nau, Journal asiatique, 9'' série, t. IX, p. 531, note 1. La vie de Sévère par Zacliarie, perdue en grec, nous a été transmise dans une ancienne version syriaque publiée d'abord par Spanuth, Zacharias Rhetor, das Leben des Scverus von Anthiochien in syr. Uebersetzung, Gœttingue, 1893; et ensuite par M. Kugener, Vie de Sévère par Zacharie le Scholastique, avec une traduction française, dans la Palrologia orientalis, t. Il, fasc. 1. Paris, 1O03.

3. Publiée avec une traduction française et des fragments relatifs à

ET DES ASCETES. 153

Les Plèrophories de Jean, évêque de Mayouma, forment un recueil de récits anecdotiques, divisé en quatre-vingt-neuf chapitres. Cet ouvrage, composé en grec vers 515, est conservé en syriaque dans le ms. Add. 14650 du Musée britannique, et il a été inséré en abrégé dans VHistoùe de Michel le Syrien ^ Il contient d'intéressants récits sur les Pères de l'Eglise monophysite du V*^ siècle, en particulier sur Pierre ribérien, et il rapporte les dires de ces Pères contre les Orthodoxes et le concile de Chalcédoine.

D'autres vies de saints trouveront leur place plus loin sous le n° XII, ^ 2, et le n° XIII de cette partie qui traite de la littérature ascétique.

Sévère par Klgenep., Vie de Sévère par Jean supérieur du monastère de Beith-Aphlhonia dans la Patrologia orientalis, t. H, fasc. 3.

1. Édition .I.-B. CuAROT, p. -203 (trad., H, p. 60). M. l'aljbo Nav a lu un travail sur ces Plèrophories au congrès des Orientalistes de Paris, septembre 1807. Il en a publié une traduction française dans la Revue de l'Orient chrélicn, d8tf8-dS99; tirage à part, Les Plèrophories de Jean, évêque de Mayouma, Paris, 1890.

LES TEXTES APOLOGETIQUES.

La littérature apologétique est grecque, mais le; syriaque nous a conservé des traductions d'anciens textes perdus. La version de l'apologie d'Aristides a été retrouvée, il y a peu d'années, par M. Rendel Harris dans un ms. du VIP siècle du couvent de Sainte-Catherine, au Sinaï^ Elle a permis à M. Harris d'établir que cette apologie était adressée non pas à Hadrien, comme le dit Eusèbe, mais à Antonin le Pieux. De son côté, M. Armitage Robinson a reconnu, grâce à ce texte syriaque, que l'original grec avait été inséré, avec diverses modifications, dans l'histoire de Barlaam et Josapliat -.M. Batiffol a parlé plus au long de l'importante publication de MM. Harris et Robinson dans son livre, La littérature grecque, p. 86.

4. The apology of Aristides by J. Rendel Harris voith an, appendix by J. Armitage Robinson, Cambridge, 189L M. Richard Raabe en adonné une traduction allemande avec un apparat critique dans les Texte und Untersuchungen de Gedhardt et Haunacu, t. IX, 1892, sous le titie Die Apologie des Aristides aus dein syrischen ûbersetzt. M. Schoenfelder en a fait aussi une traduction allemande dans Theol. Quartalschrift, iS9^, p. 521.

2. Cette histore a été attribuée à Jean Damascène dans les œuvres duquel elle est comprise; mais M. Zotenberg a montre qu'elle remonte plus haut que cet écrivain, Notice sur le livre de Barlaam et Joasaph, Paris, 1880.

15tj LES TEXTES APOLOGETIQUES.

Le ms. syriaque qui renferme l'apologie attribuée à Méliton est probablement aussi du VII*^ siècle. Le titre est : « Discours de Méliton le philosophe (prononcé) en présence d'Antonin César. Il disait à César de reconnaître Dieu et lui montra la voie de la vérité '. » Ce texte syriaque ne nous a pas conservé Tapologie de Méliton, dont Eusèbe parle dans son Histoire ecclésiastique (Livre IV, ch. xxiv) 2, mais une de ces nombreuses apologies qui circulaient dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, dont on attribua la paternité à Tévèque de Sardes ^. Nous ne croyons pas toutefois, comme certains critiques le supposent, que le texte syriaque soit une œuvre originale, et que cette apologie ait été adressée à Caracalla (211-217), lors de son séjour en Osrhoène, par quelque chrétien de Mabboug ou des environs. Cette conjecture est fondée sur le passage suivant : « Les Mésopotamiens adoraient la juive Koutbi q'ui avait sauvé de ses ennemis Bakrou l'abdyd d'Edesse. Au sujet de Nébo, adoré à Mabboug, à quoi bon vous écrire ce que tous les prêtres de Mabboug savent, que c'est l'image d'Orphée, le mage de Thrace. » Or ce passage milite en faveur d'une conclusion toute ditïérente. On ne sait à quel événement il est fait allusion à propos

1. Clretox, Spicilcgium si/r/'/Cion, p. 2-2 cl siiiv.; elVnuK, Spicilegium Solcsinense, t. H, p. xxxviii. Traduction allemande par Welte, Theol. Quartalsclirift, ^SG^2.

2. Le Spicilegium de Ciheton contient la version syriaque de ce chapitre d'Eusèbe et des fragments des œuvres attribuées à Méliton; le second fragment sur la foi (SpicHeij. de Cireion, p. 32, et Spicileg. de PiTRA, II, p. Lix) ai»parlicnt à saint Justin, suivant l'abbé P. Martin dans les Analecta sacra de Pitra, IY, p. 29, note. Voir maintenant G. Krleger. Méliton von Sardes oder Alexander von Alexandrien, Zeitschr. f. ivissenchaft. Theol., XXXI (1888), 431; Albert Ehruard, Die altchrisU. Lilteratur, Fribourgen Brisgau, 1900, p. 260.

3. Gebhardt et Harnack, Texte und Unlersuchungen, I, 261 ; Tixeroxt, Les origines de l'Église d'Edesse, 9, note a. Cf. Albert Euruard, opère cit., p. 2:i0et 261.

Page 1