‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 62 sur 200 · LES TEXTES APOLOGÉTIQUES · texte numérisé non relu

LES TEXTES APOLOGÉTIQUES

de la juive Koutbi et du roi d'Edesse Bakrou, mais le^ titre à'abdyd donné à ce prince n'est pas usuel ; c'est un mot artificiel, formé de abâ « père », et qui rend littéralement le grec nuroîxioç (Patrice). Jamais les rois d'Edesse n'ont porté le titre de Patrice. En outre les Mésopotamiens savaient que le dieu Nébo représentait la planète de Mercure et non pas Orphée de | Thrace. D'autres passages sur la mythologie trahissent une source grecque.

Cette a pologie développe le thème commun à ce genre >/ littéraire : le vrai Dieu est le Dieu unique, créateur du ciel et de la terre; les dieux du paganisme sont des anciens rois ou héros qui ont été divinisés ; les idoles de bois ou de métal ne se distinguent de la matière avec laquelle elles sont fabriquées que par l'art du sculpteur ou de l'orfèvre; Dieu ne s'est pas manifesté avec une évidence telle que les fausses religions fussent impossibles, parce qu'il a donné à l'homme le libre arbitre et la faculté de discerner la vérité de l'erreur.

A cette littérature appartiennent encore les Hi/po/nne- ^'^ mata du philosophe Ambroise, dont le texte syriaque a été publié par Cureton dans son Spicilegium, p. 38 et suiv. Le titre est ainsi conçu : « Hypomnemata qu'écrivit Ambros, un chef de la Grèce qui devint chrétien. Tous les sénateurs, ses pairs, s'élevèrent contre lui; il s'éloigna d'eux, et leur prouva par écrit toute leur sottise. » Ce texte reproduit en partie le yîôyoç nçôç "EXXTjvaç* attribué faussement à saint Justin. L'auteur met en évidence l'inanité de la mythologie grecque; il

1. Clreton a imprimé le ^'îôyoç tt^oç "EXltjrag au-dessous de la traduction anglaise du texte syriaque. Harnack a consacré une étude à cet ouvrage, dont il a imprimé le texte grec avec une traduction allemande du texte syriaque dueàBaethgen, Die Pseudo-justinisc/te « Rede an die Griechen » dans les Sitzunsberichte derBerl. Akademie, 1896, p. 627 ; cf. EHiin.vRD, opère cit., p. -22i.

Page 1