Chron. eccl., II, p
LA PHILOSOPHIE PÉRIPATÉTICIENNE
une admirable introduction à la logique. 11 avait espéré devenir métropolitain de la Perse, mais, n’ayant pas réuni les suffrages de ses concitoyens, il se convertit, dit-on, à la religion des mages. » Son livre est intitulé Traite sur la logique d’Aristote le philosophe , adressé au roi Chosroès. Il a été publié avec une traduction latine et des notes par M. Land1.
C’est sans doute aussi de la philosophie d'Aristote que traitait le livre des questions grecques que composa vers la même époque le périodeute Boud, plus connu chez nous pour sa traduction des contes de Kalila et Dimna. Ce livre portait le singulier titre d’Aleph Migi/i2.
Au commencement du VIIe siècle , le couvent de Kennesré sur la rive gauche de l'Euphrate 3 devint célèbre par l’enseignement du grec qui y était donné. L’évêque Sévère Sebokt se livra dans ce couvent, vers 640, à l’étude de la philosophie, des mathématiques et de la théologie. Les ms. du Musée britannique, Add. 14660 et 17156, renferment quelques-uns des ouvrages philosophiques de cet évêque : un traité sur les syllogismes des Analytica priora d’Aristote , une lettre au prêtre Aitilaha sur différents termes du TIsqI sQgrivsiaç ; des fragments d’un commentaire sur le TIsqI sQprjvslaç ; et une lettre au périodente Jonas pour expliquer quelques points de la Rhétorique d’Aristote4.
1. Anecdotci syriaca , t. IV, texte, p. 1-3-2; traduction, p. 1-30; notes, p. 90-113. Renan a édité et traduit la première partie de l’Introduction, Journal asiatique, 4e série, t. XIX, 1852, p. 312-319; De philosophia peripatetica , p. 19-22.
2. Assémani, B. O., III , pars 1,219. On a donné plusieurs explications de ce titre; M. Steinschneider y voit la corruption du grec ro àhpa /uéyav, c’est-à-dire, livre A des Métaphysiques d’Aristote.
3. Le couvent de Kennesrin ou Kennesré se trouvait en face d’Europus (Djerabis des Arabes), et avait été fondé par Jean bar Aphtonia; eomp. Hoffmann, Auszüge, p. 162, note 1260.
4. Renan, De philos, peripat ., p. 29-30; Wright, Catal. , p. 1160-1163.
LA PHILOSOPHIE PÉRIPATÉTICIENNE
Deux disciples de Sévère Sebokt, Jacques d’Édesse et Athanase de Balad , continuèrent la tradition de leur maître dans les sciences philosophiques.
Jacques d’Édesse est l’auteur d’un Enchiriclion ou traité des termes techniques de la philosophie , qui est conservé dans le ms. Add. 12154 du Musée britannique. Wright^ pensait qu’on pouvait aussi attribuer à cet auteur deux compositions métriques sur des sujets de philosophie qui se trouvent dans deux ms. du Vatican, nos 36 et 95, et que les manuscrits donnent sous le nom de Jacques de Saroug. On a cru pendant quelque temps que Jacques d’Edesse avait traduit les Catégories et le IIeqï sQgrjvsiaç d’Aristote. Wright a reconnu que la version des Catégories était de Sergius de Reschaina (voir ci-dessus p. 255, note 3); quant à la version du TIsqï sQfirjvslaç, M. Hoffmann a montré qu’elle était d’un autre auteur2.
Athanase de Balad, qui devint patriarche des Jacobites en 684, s’était retiré dans le couvent de Beit-Malka du Tour Abdin, après avoir étudié sous Sévère Sebokt dans le couvent de Kennesrè3. Là il traduisit en 645, VIsagogé de Porphyre. Sa traduction est conservée dans le ms. du Vatican 158 et dans des ms. de la Bibl. Alédicis et de la Bibl. Nationale qui sont des copies du ms. du Vatican; elle est précédée dans ce dernier manuscrit d’une introduction qui reproduit, en grande partie, l’introduction d’Ammonius4. Le ms. Add. 14660 du Musée britannique contient une traduction, faite par le même Athanase, d’une autre Isagogè d’un auteur grec anonyme.
\. Syriac literature, 2e cd., p. 150.