VERSIONS
procède pas directement du grec; elle a passé par un intermédiaire pehlewi, M. Nœldeke l'a prouvé.1, et elle ne peut être placée plus bas que le VIIe siècle. La recension grecque de Pseudo -Callisthène dont elle dérive remonte évidemment plus haut. Les deux légendes qui se sont greffées sur le roman primitif — la légende de la source de vie et la légende de la porte d'airain à la frontière de Gog et Magog — ne sont pas incorporées dans le texte syriaque , mais sont ajoutées à la fin du livre et elles forment un récit à part. Il est même assez singulier qu’elles aient été insérées dans certaines recensions grecques 2, car le roman est purement païen, tandis que dans les deux légendes , Alexandre est un roi juif ou chrétien conduit par Dieu. La version éthiopienne a fusionné le tout, et le roi de- Macédoine y parle , du commencement à la fin, non seulement comme un roi chrétien, mais aussi comme un théologien très versé dans la connaissance des dogmes 3. Ces légendes remontent au commencement de notre ère; Josèphe et saint Jérome connaissent le récit de Gog et Magog. Mais la version syriaque de ces deux légendes nous conduit plus bas : Gog et Magog y sont identifiés avec les Huns qui envahirent la Syrie en l'année 826 des Séleucides (514-515 de J. -Ce. On y lit aussi au sujet des Arabes : « Il arrivera, à la lin de 940 ans, un autre roi... » ; cet autre roi semble être Mahomet, l'année 940
1. Beitràge zur Geschichte des Alexanderromans , Vienne, 1890, dans le vol. XXXVIII des Mémoires de l’Académie des sciences de Vienne.
2. Dans l’édition grecque de Pseudo-Callistliène imprimée par Muller à la suite de l’histoire d’Arrien dans la collection Didot ( Arriani Anabasis et Indicci , Paris, 1877), la légende de la source de vie se trouve dans le livre II, chap. 37-39, mais seulement d’après C, elle manque dans A et B; la légende de la porte d’airain, livre III, chap. 20 et 29, est donnée d’après B et C, mais A ne l’a pas.
3. Voir A. Wallis Budge, The life and exploits of Alexander the Great being a sériés of etliiopic texls... Londres, 1890.