‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 195 sur 247 · Catal. Wright , p · texte numérisé non relu

Catal. Wright , p

JUSQU’AU VIIe SIECLE.

ce fut à son instigation que l’évêque Cyr sollicita de l’empereur Zénon la destruction de l’Ecole des Perses en 489 C Nommé évêque de Mabboug (en arabe Manbidj , près de l’Euphrate) en 485 par Pierre le Foulon, patriarche d’Antioche, Philoxène s’empressa, après la mort de Zénon, de mettre à profit la faveur dont les Alonophysites jouissaient auprès d’Anastase. Il se rendit à Constantinople en 499 et en 506. En 512, après avoir réussi, avec le concours de Soterichus, évêque de Césarée de Cappadoce, à faire exiler Flavien, il présida un synode dans lequel Sévère fut nommé patriarche d’Antioche. Avec Justin, un revirement complet se produisit : les évêques monophysites furent chassés de leurs sièges et remplacés par des orthodoxes; au nombre des exilés était Philoxène, qui fut dirigé d’abord sur Philippopolis de Thrace et de là à Gangra dans la Paphlagonie, où il mourut vers 523, asphyxié par la fumée dans une chambre où il avait été enfermé.

Telle fut la triste fin du fougueux évêque qui, pendant toute sa vie , fut en butte à la haine des Orthodoxes, qu’il appelait les Nestoriens hérétiques1 2. Son ardeur pour les luttes ne fit pas tort à son talent littéraire ; les Syriens le classèrent au premier rang des écrivains. Philoxène cultiva peu la poésie; on ne connaît de lui qu’une hymne sur la Nativité de Notre Seigneur. Ses œuvres en prose sont importantes : dans

1. Bariiebræus, Chron. eccl. , II, 56; comp. la lettre de Siméon de Beit- Arscham. On doit tenir pour erronée la notice d’une biographie anonyme, analysée par Assémaxi , B. O., 11,10 et suiv., d’après laquelle Philoxène aurait fui la Perse et se serait réfugié sur le territoire romain à cause de ses attaques contre les Nestoriens; Philoxène vint à Édesse, comme beaucoup de chrétiens persans, attiré par la réputation de l’école de cette ville.

2. Voir la lettre qu’il adressa en 512 aux moines du couvent de Senoun près d’Édesse, dans Assémaxi, B. O., II, 15.

LES ÉCRIVAINS

la première partie de ce livre nous avons mentionné la version biblique qui porte son nom ; son commentaire sur les Evangiles ; les treize homélies qu'il a écrites sur la vie religieuse j ; il composa en outre : trois liturgies ; un ordre du baptême: des prières eucharistiques : une dissertation sur la parabole des dix talents; des traités sur la Trinité et l’Incarnation; un traité sur les diverses hérésies , suivi d’une profession de foi ; douze chapitres contre les Chalcédoniens1 2 ; vingt chapitres contre les Nestoriens ; sept autres chapitres contre les mêmes ; divers écrits du même genre et plusieurs professions de foi; des déclarations et réponses à des adversaires; un discours parénétique; une oraison funèbre : des prières et des règles monastiques ; de nombreuses lettres. Ces ouvrages existent dans des ms. des bibliothèques de Rome, de Paris, de Londres et d’Oxford3.

Le panthéiste Etienne bar Soudaili , dont la doctrine est réfutée dans deux lettres de Jacques de Saroug et de Philoxène de Mabboug, ses contemporains, était d’abord monophysite. Cet hérétique, un moine d’une piété

Page 1