‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 211 sur 247 · Assémani, B. O., III, pars I · texte numérisé non relu

Assémani, B. O., III, pars I

DU VIIIe SIECLE.

Bagasch. Son élection fut le résultat cl’intrigues et souleva de vives contestations de la part de plusieurs évêques; nommé en 779, il ne fut installé qu’au mois de mai 780. De nombreuses missions nestoriennes dans l’Asie centrale signalèrent son administration zélée. Il mourut le 9 janvier 823 ' . Timothée fut un des écrivains les plus féconds de son siècle; ses œuvres comprennent : une lettre synodale (ci-dessus, p. 177); un volume de questions juridiques (ci-dessus, p. 186) : un volume de questions diverses; un autre contenant des controverses contre le patriarche George , qui lui avait été préféré pour le siège patriarcal , mais qui mourut presque aussitôt après son élection : environ deux cents lettres en deux volumes; une discussion avec le calife Al- Mahdi; et un traité d’astronomie1 2. Barhebræus ajoute des hymnes et un commentaire des œuvres de Grégoire de Nazianze 3 4.

La part des Syriens occidentaux dans l’œuvre littéraire de cette époque est mince; on croirait qu’une éclipse a voilé les esprits pendant les trois premiers quarts du VIIIe siècle.

Lazare de Beit-Kandasa n’est connu que par le commentaire qu’il compila sur le Nouveau Testament 5. 11 vivait vers 775, à en juger par une liste chronologique à la fin de la troisième partie des Epîtres Paulines , la-

1. Sur cette date voir Ébed.jésu dans Lagaude, Prætermissorum libri duo , p. 93, 1. 1; comp. Amr, éd. Gismondi, p. GG.

2. Suivant Ébedjésu dans Assémani, B. O., III, pars I, p. 4G0; comp. cidessus, p. 282.

3. Barhebræus, Chron. eccl., Il, p. 179; comp. ci-dessus, p. 313.

Sur Jésudenah , évêque de Bassora, et ses œuvres, voir ci-dessus, p. 213, 215 et 2G0.

4. Voir ci-dessus, p. 78. Le ms. Add. 18295 du Musée britannique

contient aussi une scolie de Lazare sur un passage de Pseudo-Denys l’Aréopagite.

LES ECRIVAINS

quelle se termine cette année-là au calife Al-MahdiL

Contemporain de celui-ci était peut-être Daniel, fils de Moïse le Jacobite, cité par Elias de Nisibe comme l’auteur d une chronique 2.

Théophile d’Edesse, fils de Thomas, jouit d'une notoriété rare chez les Syriens occidentaux de ce temps. C’était un astronome distingué, particulièrement estimé du calife Al-Mahdi ; il appartenait à la confession maronite; sa mort eut lieu en 785. Les œuvres de Théophile, aujourd’hui perdues, comprenaient une histoire et une version syriaque de 1 Iliade et de Y Odyssée ; on attribue à cet auteur l’invention des signes des voyelles employés par les Jacobites 3.

Le patriarche d’Antioche George fut élu en 758 dans un synode tenu à Mabboug. La minorité opposante nomma, de son côté, Y antipatriarche Jean de Callinice. Celui-ci excita le calife Al-Mansour contre George, qui fut mis en prison et y demeura pendant neuf années. Ce patriarche mourut en 790 au couvent de Barsauma près de Mélitène pendant une tournée épiscopale. Outre un commentaire sur l'Evangile de saint Mathieu (ci-dessus, p. 78), George composa pendant qu'il était en prison , des discours et des homélies métriques qui ne nous sont pas parvenus.

Le second successeur de George sur le siège d’Antioclie , Cyriaque, fut élu en 793 et mourut en 817. Les réformes liturgiques qu'il voulut établir, le pacte qu’il signa avec Gabriel, patriarche des Julianistes, échouèrent devant la résistance de ses adversaires , et la fin de sa vie s’écoula dans l’amertume et les soucis 4. Les

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