Coll. Sachau., n
DU XIIe SIECLE.
Les Jâcobites comptent quelques écrivains de mérite. Jean, évêque de Harran et de Mardin ainsi que d’au très villes de la Mésopotamie , avait été nommé par le patriarche Athanase VII, en 1125 ; il mourut d’une chute de cheval en 1165, à l’âge de soixante-dix ans. Jean s'occupa de relever de leurs ruines les églises et les couvents de son diocèse. C’était un ami des lettres; il se composa une bibliothèque et copia plusieurs exemplaires des Evangiles en lettres d’or et d'argent. Un certain nombre de captifs emmenés par Zengi après la
prise d’Edesse (1144) lui durent leur rançon L La chute d’Edesse lui inspira un poème, dans lequel il niait l’action de la Providence, hérésie qui souleva l’indignation des autres évêques. Il laissa aussi une liturgie 1 2.
Le plus fécond des auteurs jâcobites de ce siècle fut Jacques bar Salibi, qui reçut le nom de Denys lors de son élévation au siège épiscopal de Marasch par le patriarche Athanase VIII, en 1154; l’année suivante, le patriarche lui assigna en plus le diocèse de Mabboug; Michelle Grand, le successeur d’Athanase, le transféra en 1166 à Amid où il mourut en 1171 3 . Ses œuvres forment une longue liste ; Assémani en a reproduit l’énumération d'après le ms. syr. 32 du Vatican 4 5. La plus importante est le commentaire sur l’A. et le N. T. dont nous avons parlé précédemment, p. 79 ; les autres sont : un commentaire sur les Centuries d’Evagrius avec le texte traduit en syriaque 3 ; un commentaire sur les écrits des Docteurs ; des commentaires sur la dialecti-
1. Barhebræus, Chron. eccl. , 1,501 , 525-527, 531; Assémani, B. O., II, 216-226.