‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 236 sur 247 · Ms. du Vat. 97 et · texte numérisé non relu

Ms. du Vat. 97 et

3. Chron. syr., éd. Bruns, p. 303 et suiv., éd. Bedjan, p. 478; Hist. des

LES ÉCRIVAINS

sacré évêque, son nom de baptême était Jean; il est le plus souvent désigné par son surnom de Bar Ebroyo ou Barhebræus, c’est-à-dire le fils de l’Hébreu, parce que son père Aaron, médecin distingué de Mélitène , était un juif converti. Barhebræus naquit à Mélitène en 1226 ; sa jeunesse s’écoula dans l’étude 1 . Lorsque les Mongols attaquèrent Mélitène pendant l’été de 1243, Aaron, retenu par la récolte des grains , ne put fuir en Syrie ; il eut l’année suivante l'occasion de soigner et guérir le général mongol qui était tombé malade ; puis il se retira avec ses enfants à Antioche , qui était encore aux mains des Francs. Son fils aîné, Barhebræus prit l’habit monastique et se rendit à Tripoli, où il étudia la médecine et la philosophie avec un maître nestorien, nommé Jacques. Au mois de septembre 1246, Barhebræus , alors âgé de vingt ans , fut nommé évêque de Goubos, près de Mélitène, par le patriarche jacobite, Ignace II ; r année suivante, il passa au siège épiscopal de Lakabin , dans le même contrée. A la mort d’Ignace en 1252, il prend parti pour Denys contre Bar Madani (voir la notice précédente), et Denys le transfère à Alep ; mais cette ville appartenant à la faction dissidente de Bar Madani, Barhebræus dut se retirer auprès de son patriarche dans le couvent de Barsauma; il ne revint à Alep qu’en 1258. Six ans après, en 1264, Barhebræus est élevé par le patriarche Ignace III à la dignité de maphrien de l’Orient, et il conservera cette fonction jusqu’à sa mort survenue en 1286. Depuis son entrée dans les ordres jusqu’à sa mort, Barhebræus mena une

Dynast., éd. Pococke, p. 486, éd. Salhani, p. 482 et suiv. ; Chron. eccl., il, 431 et suiv.; comp. Assémani, B. O., II, 244 et suiv.; Abbéloos et Lamy, Bcirhebræi chron. eccl. ,1, Pré 'face; Nofxdeke, Orientalische Skizzen , Berlin, 4892, p. 253-273 ; Wright, Syriac liter., 2e éd., p. 265-281.

1. Il n’étudia pas le grec et la littérature grecque comme on l’a prétendu; Noeldeke, l. c., p. 254, le remarque avec justesse.

DU XK!6 SIECLE.

vie agitée, ballottée entre les intrigues des partis politiques et religieux , les calamités des invasions mongoles et les voyages incessants d’Occident en Orient que ses charges lui imposaient. Ce digne prélat sut se faire estimer et honorer de tous non seulement à cause de sa science éprouvée , mais aussi grâce à son caractère conciliant et modeste. Son frère, Barsauma, qui a continué sa Chronique ecclesiastique , nous a laissé un touchant tableau du deuil que sa mort, arrivée à Maraga, répandit sur tout le clergé de l’Orient, jacobite, nestorien ou arménien. Son corps fut ramené plus tard au couvent de Mar Mattai, près de Mossoul, où résidait le maphrien et où l’on voit encore aujourd’hui son tombeau. Barsauma a rédigé un catalogue des œuvres de son frère L Nous avons parlé dans notre première partie de la plupart de ses œuvres ; nous devons ajouter : un livre sur l’interprétation des songes, qui date de la jeunesse de l’auteur ; une liturgie , traduite en latin par Renaudot, Liturgiæ orient. , II, 456; et de nombreuses poésies très estimées des Syriens2.

Nous nous arrêterons ici. Les Tartares ont apporté de l’Orient en Mésopotamie et en Syrie, non pas la lumière, mais le fer et le feu. La prise de Bagdad par Iloulagou en 1258 met fin à la dynastie des Abbassides. Les Mongols traînent derrière eux le meurtre et la dévastation, et une longue ère d’obscurantisme va s’appesantir sur l’Asie.

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