Dans les Septante : Azarias
3. Dans les Proceedings de la Society of Biblical Archæology , t. IX, juin 1887, p. 237-260.
LES APOCRYPHES
Le cinquième est une action de grâces de David après sa victoire sur le lion et le loup.
Le quatrième livre d’Esdras a été édité par M. Ceriani d’après le Codex Ambrosianus K .
De la Par o a Genesis ou Livre des jubilés il ne s’est, conservé en syriaque qu’une section1 2. Il n’existe également que des fragments de la rédaction chrétienne et orientale du Testament d’Adam 3. Mais les deuxième et troisième parties de ce dernier apocryphe se retrouvent, avec de nouvelles légendes, dans la Caverne des trésors. La première partie, Le combat d’Adam et d’Eve, est remplacée dans la caverne des trésors par une description de la création qui forme la base de l’IIexaméron
de Pseudo-Epiphane.
La Caverne des trésors, j^j.11*», appartient à la littérature désignée sous le nom de Livre des jubilés, qui traite de l’histoire fabuleuse des tribus d’Israël. Le titre complet de cet apocryphe est : « Livre de la descendance des tribus ou la caverne des trésors, qui a été
composé par saint Ephrem. » L’attribution à saint Ephrem n’est pas exacte, car l’œuvre est postérieure à ce Père et ne remonte guère plus haut que le VIe siècle, mais elle sort vraisemblablement de son école. En tous cas, le livre a été écrit en Mésopotamie; comme le re-
1. Monumenta sacra et profana , vol. V, fasc. I; dans le premier volume, fasc. II, M. Ceriani avait donné une version latine de l’apocryphe syriaque. Dans le Codex Ambrosianus , à la suite du IVe livre des Maccabées, se trouve un cinquième livre, qui n’est autre que le sixième livre du De bello judaico de Josèplie, ainsi que l’a établi M. Kottek, Das sechste Buch des Bellum judaicum, Berlin, 1886 (avec le texte syriaque des chap. i et ii).
2. Éditée par Ceriani, Monum. sacra et profana, t. II, fasc. I, p. IX.
3. Manuscrits du Vatican 38 et 104, et plusieurs ms. du Musée britannique, Wright, Catal ., General index sous le mot Adam. Ces fragments ont été publiés par Renan, Journal asiatique, nov.-déc. 1833, p. 427, et Wrigiit, Contributions to the apocryphal Literature of the N. T., Londres, 1803, p. 01.
DE L’A. TESTAMENT
marque l'éditeur \ la langue syriaque y est nommée la reine de toutes les langues ; elle est la langue primitive que parlaient tous les peuples avant la confusion de la Tour de Babel; les Syriens n’ont pris aucune part au crucifiement du Christ, etc.
Le titre de Caverne des trésors ne convient en fait qu’à la partie concernant les patriarches. Adam, chassé du Paradis, se retire sur une montagne voisine et s’abrite dans la caverne où il dépose l’or, la myrrhe et l’encens qu’il a emportés du séjour des délices. Adam et les patriarches qui lui succèdent, sanctifient par leurs offrandes à Dieu la caverne qui leur sert de tombeau après leur mort jusqu’au Déluge. A ce moment, Noé transporte dans l’Arche les reliques d’Adam avec l’or, la myrrhe et l’encens. Après le Déluge et la mort de Noé, Sem et Melchisédec, conduits par un ange, déposent ces reliques au centre de la terre « où se réunissent les quatre parties de l’Univers », au Golgotha qui s’entr ouvre en forme de croix pour les recevoir. C’est au Golgotha qu’Adam recevra le baptême par le sang et l’eau qui couleront de la plaie du Sauveur; c’est sur le Golgotha que son péché lui sera remis. Après Sem , il n’est plus question de cette caverne.
Dans cette littérature rentrent encore les légendes recueillies par Salomon, évêque de Bassora vers 1222, et consignées dans son Livre de V abeille2. Quelquesunes de ces légendes sont, pour le fond, les mêmes dans ce livre et dans la Caverne des trésors ; mais le Livre de V abeille est beaucoup plus riche en documents de ce genre. La Caverne s’arrête après la Passion du
1. Carl Bezold, Die Schatzhœhle aus dem syrischen Texte uebersetzt , Leipzig, 1883. M. Bezold a publié le texte syriaque et la version arabe à Leipzig en 1888.
2. Budge, The Book of the hee , avec une traduction anglaise , Oxford ,
LES APOCRYPHES
Christ; Salomon poursuit son histoire plus loin; il ajoute les missions des apôtres; les listes des patriarches nestoriens, des rois Achéménides, des Ptolémées, des empereurs romains; une prédiction de la conquête musulmane tirée de La révélation ci Mèthodius en prison ; un récit de Gog et Magog et de la porte d’airain d’Alexandre, imité de Pseudo- Callisthène; un autre récit sur la venue de l’Antéchrist; puis plusieurs chapitres de théologie qui n’ont aucun rapport avec l’histoire.
F Histoire de Joseph et Asenath a été traduite du grec en syriaque par Moïse d’Aghel (vers 570) h La version de Moïse concorde avec le grec publié par M. l’Abbé Batiffol, mais elle est incomplète; le grec sert à combler les lacunes du syriaque2. Une traduction latine a été faite sur le syriaque par G. Oppenheim, Fabula Josephi et Asenethæ apocrypha e libro syriaco latine versa, Berlin, 1886.
Certains apocryphes circulaient sous le titre de Testaments, attribués à des personnages bibliques. En dehors du Testament d'Adam, on connaît le Testament de LèvF ; le Testament de Salomon adressé à son fils Roboam h
Les Vitæ Prophetarum existent dans plusieurs recensions syriaques et grecques. On a émis l’avis que
1. Elle a été insérée dans la compilation faite par un monophvsite de l’Histoire ecclésiastique de Zacharie de Mitylène, et elle a été publiée par M. Land dans le IIIe vol. des Anecdota syriaca , p. 18 et suiv.
On ne doit pas comprendre parmi les apocryphes l’Histoire de Joseph, , fils de Jacob, un poème en douze chants attribué à saint Éphrem et publié par M. Bedjan; il existe de ce poème une version arabe. Calai, de Zotenberg , n° 05, 5°.
2. Voir P. Batiffol, Studict patristica , Paris, 4889 ; Land, Op. cit ., p. XVII; Sachau, Hernies, 1870, t. IV, p. 77.
3. Un extrait au Musée britannique, Catal. Wright , p. 997, col. 1.
4. A la Bibliothèque nationale en carschouni (arabe écrit en caractères syriaques), Catal. Zotenberg, n° 194, 23°.
DE L’A. TESTAMENT
les textes syriaques représentent l’original et que les textes grecs sont des traductions du syriaque 1 .
On mettait sous le nom de Daniel et d'Esdras divers écrits pseudépigraphiques. Une apocalypse est intitulée : Danielle jeune concernant Notre Seigneur et la fin du inonde 2. Une autre apocalypse relative au royaume des Arabes porte le titre suivant : Question que posa Ezra le Scribe quand il était dans le désert avec son disciple Karpos 3. L'auteur de cette production tardive (postérieure à la conquête arabe 4 5) s’est servi du IVe Livre d’Esdras et a emprunté ses figures à Daniel et à l’Apocalypse de saint Jean. M. Iselin, dans l’étude qu’il a consacrée à cet apocryphe ri, arrivait à la conclusion « que l’Apocalypse d'Esdras est composée d’éléments empruntés à une ou plusieurs apocalypses juives retouchées par un chrétien. Mais cette conclusion, influencée par les récentes théories de M. Vischer sur l’Apocalypse de saint Jean, est rejetée par M. Chabot qui croit, avec raison, semble-t-il, « que l’Apocalypse d’Esdras est tout simplement une bizarre composition, un amalgame de figures bibliques mal combinées, une compilation rédigée par un auteur chrétien de la Syrie uniquement à l’aide de ses souvenirs bibliques et sans
1. M. Nestle a publié, d’après des ms. du Musée britannique, une recension syriaque des Vitæ Prophetarum dans sa Syrische Grammatik , 2e éd., Berlin, 1888, n° III de la clirestomathie. Une autre recension est insérée dans YHistoire de Michel le Syrien encore inédite.