‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 56 sur 247 · Bariiebræus, Chron. eccl., II, p · texte numérisé non relu

Bariiebræus, Chron. eccl., II, p

2. Éd. Gismondi, p. 26; comp. Assémani, B. O., III, pars II, p. 3G9.

3. Ces deux homélies se trouvent dans Bedjan, Acta mart ., II, p. 57 et .suiv.; l’édition d’AssÉMANi ne renferme que la plus courte.

4. A cette époque Siméon était patriarche depuis treize ans suivant Bariiebræus, Chron. eccl., II, p. 35; depuis dix-huit ans suivant Amr, éd. Gismondi, p. 49. Les dates d’Amr sont sujettes à caution; cet auteur fixe la mort de Siméon à l’année 655 des Séleucides, ou 344 de notre ère. Siméon écrivit, suivant le catalogue d’Ébedjésu, des lettres qui ne nous sont pas parvenues. Une de ses hymnes a été publié par Overbeck,

S. Ephræmi... opéra selecta, Oxford, 1865, p. 424. Il existe à Berlin, Coll. Sachau, n° 108, un ms. contenant Le livre des Pères, attribué à Siméon bar Sabbâé.

LES ACTES DES MARTYRS

capitation que le roi avait édicté contre les chrétiens, à l’instigation des Juifs qui jouissaient de la faveur de la reine mère. Marouta se fait l’écho d’une accusation contre les Juifs, que l’on trouve répétée dans différents actes des martyrs de la Perse, mais qui peut n’être pas fondée. Quant à la reine mère, qui s’appelait Ephra Hormiz , elle était en effet favorable aux Juifs et avait une grande influence sur le roi , son fils , comme nous le savons par le Talmud '.

Les églises sont détruites de fond en comble et Siméon est dirigé avec quelques prêtres vers Karka de Lédan en Susiane où le roi résidait à ce moment là. On conduit également devant Sapor plusieurs évêques : Gadyab et Sabina, évêques de Beit-Lapat, Yohannan, d’Hormizd - Ardaschir, Bolida , évêque de Foratb, Yohannan, évêque de Karka de Maisan, ainsi que quatre-vingt-dix-sept prêtres et diacres. Ces nombreuses victimes eurent la tête tranchée - ; leur supplice avait été précédé, la veille (le 13 de nisan, le jeudi de la semaine sainte) , de celui de Gouschtazad , le chef des eunuques du roi, qui s’était converti et avait confessé publiquement le Christ. Les chrétiens de Karka de Lédan ne furent pas inquiétés , parce que la ville , nouvellement construite, ne payait pas d’impôt. Marouta déclare qu’il a rédigé ces actes d’après les récits beaucoup plus détaillés d’écrivains antérieurs.

Ces actes sont suivis du récit de l’exécution, qui eut lieu le lendemain, de Possi, le chef des artisans qui avait excité les confesseurs à la fermeté; puis, du martyre de la fille de Possi , qui avait embrassé la vie re-

1. Voir Noeldeke, Geschichle der Perser... aus Tabciri, Leide, 1879, p. 52 et 08, notes.

2. Suivant le Brevicirium Clialdaicum , éd. Bedjan, Paris, 1886, t. III, p. 133, les reliques de Siméon bar Sabbâé furent déposées à Suse.

DE LA PERSE

ligieuse; son martyre prit place le surlendemain, jour de Pâques.

La persécution ne s’arrêta pas là, mais continua les jours suivants avec violence. Nous avons sur ce sujet le témoignage de deux documents qui diffèrent sur quelques points, mais qui concordent pour l’ensemble ] . Suivant ces documents , le massacre des chrétiens transportés en Susiane dura sans interruption pendant dix jours , depuis le jeudi saint jusqu’au dimanche de la seconde semaine de Pâques (dimanche de Quasi modo). Les noms des victimes ne se sont pas conservés parce que la plupart de celles-ci étaient amenées de provinces éloignées et étaient inconnues en Susiane ; on cite : Amria et Mekima, évêques de Beit-Lapat, et le prêtre Hormizd, de Schouster. La fête commémorative de ces confesseurs avait lieu durant trois jours, le vendredi et le samedi de la permière semaine de Pâques , et le dimanche de la seconde semaine de Pâques.

Parmi les victimes de ces hécatombes on retrouva le corps d’Azad, l’eunuque chéri du roi, qui, entraîné par son zèle de prosélyte, avait été se placer sous le glaive des bourreaux. Le roi éprouva un profond chagrin de la mort de ce serviteur et il ordonna qu’à l’avenir on agît avec moins de précipitation. On devait au préalable inscrire les noms des chrétiens , de leurs parents, et de leur lieu d’habitation; puis procéder à un interrogatoire. Cet ordre parut le dimanche de la seconde semaine de Pâques : « Alors, ajoute le pre-

1. Publiés dans les Acta mart. du P. Bedjan, t. II, p. 241 et 248; l’édition romaine ne contient que le second document. Le premier document date la persécution de l’an 31 de Sapor, qui est en réalité l’année de la promulgation de l’édit contre l’Église; le second document indique plus exactement l’an 32. Le second document porte, par erreur, la semaine de la Pentecôte au lieu de la semaine de Pâques.

LES ACTES DES MARTYRS

mier document , le carnage cessa et il y eut un court répit. »

Au mois de mai suivant, on rapporte le martyre des deux sœurs de Siméon bar Sabbâé , dont l'une s'appelait Tarbo, et de leur servante; toutes trois s’étaient consacrées à la vie religieuse.

Les actes de Tarbo et ses compagnes sont suivis de ceux de Milès, évêque de Suse, couronné le 13 novembre de la même année. Les actes de Milès offrent un intérêt particulier parce qu'ils renferment un récit ancien des dissensions qui survinrent entre le patriarche Papas et son clergé et auxquelles l'évêque de Suse prit part. Ce récit diffère sur plusieurs points de celui de Barhebræus L

La seconde année de la persécution de Sapor est inaugurée parle martyre de Schahdost, le successeur de Siméon bar Sabbâé sur le siège patriarcal de Séleucie. Le patriarche est arrêté avec cent vingt-huit membres du clergé, prêtres, diacres, moines et religieuses. 11 eut la tête tranchée , ainsi que la plupart des autres prisonniers, le 20 février 342 1 2.

Barbaschemin, le successeur de Schahdost, n’eut pas un sort différent. Il est martyrisé avec des prêtres, des diacres et des moines, au nombre de dix-sept, le 9 janvier 34G. Le siège patriarcal de Séleucie et Ctésiphon,

1. Chron. eccl., II, p. 30-32. Amr, éd. Gismondi, p. 15, ne parle pas des difficultés que Papas eut avec son clergé; mais on possède sur ce sujet la correspondance de Papas (peut-être apocryphe) dans un ms. du Musée Borgia, K. VI, vol. 4; comparer Cersoy, Les manuscrits orient, au Musée Borgia , dans la Zeitschr. fur Assyriologie , t. IX, p. 370. M. Braun a donné une traduction allemande de cette correspondance dans la Zeitschr. fur Kcithol. Théologie , 1894. Suivant le catalogne d’Ébedjésu, Milès composa des lettres et des sermons dont il ne nous est rien parvenu.

2. Ses actes ont été publiés par Év. Assémani et P. Bedjan dans les collections indiquées plus haut. Amr et Barhebræus rapportent ce martyre avec quelques variantes.

DE LA PERSE

ajoutent les actes de ce martyr demeura alors vacant pendant vingt ans environ par crainte du tyran. Ce témoignage a de l’importance en raison de l’incertitude qui règne sur ces temps et du désaccord des historiens. Amr, Elias de Nisibe et Barhebræus ont des récits différents concernant la vacance du siège patriarcal.

La recueil de Marouta renferme encore des actes des martyrs de la Susiane et du Fars pendant les années 342 et 344. Dans le Beit-Garmai eut lieu le martyre de Narsès, évêque de Scliargerd , l’ancien siège métropolitain de la province. Cet évêque fut couronné avec son disciple Joseph, le 10 novembre 344, pendant que le roi Sapor se trouvait dans la ville de Schargerd.

A cette époque, Arbèle et l’Adiabène devinrent la principale scène des persécutions contre les chrétiens. Les persécutions y durèrent, d’une manière presque continue, de 344 à 376; elles sont relatées dans les actes de Jean2, évêque d’Arbèle, martyrisé avec le prêtre Jacques le premier novembre 344; d’ Abraham , le successeur de Jean, qui eut la tête tranchée le cinq février 345; de Hananya, un laïc, qui fut martyrisé à Arbèle le 12 décembre 346 3 ; du prêtre Jacques et de la religieuse Maryam, sa sœur, qui étaient du village de Telia Schelila, le 17 mars 347; de la religieuse Técla et de quatre autres religieuses, ses compagnes, le 6 juin 347 ; de Barhadbeschaba , diacre d’Arbèle , le 20 juillet 355 d’Aitallaha et de Hafsai4 , le 16 décembre 355.

Mais l’événement qui eut le plus de retentissement

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