‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 6 sur 247 · FARS · texte numérisé non relu

FARS

GOLFS - <» PE R S ! Ç U E

AVANT-PROPOS

La littérature syriaque avait sa place marquée dans la Bibliothèque cle renseignement de l’Histoire ecclésiastique , car elle constitue une des principales sources de l’histoire de l’Église orientale. Le livre qui lui est consacré, a été divisé en deux parties : dans la première, on s’est proposé de donner une vue d’ensemble des œuvres littéraires qui nous sont parvenues des Syriens; la seconde renferme de brèves notices sur les auteurs syriaques, classées suivant l’ordre chronologique, d’après le modèle de l’article de W. Wright sur la littérature syriaque dans le XXII0 volume de Y Encyclopedicc britannica L Les textes édités jusqu’à ce jour forment une bibliothèque de plus de deux cents volumes, dont la majeure partie a paru pendant ce siècle. Nous croyons avoir mentionné tous

1. Une édition à part de cet article a été faite après la mort de l’auteur : A short History of syriac Literature by the laie William Wright, Londres, 1894. C’est cette édition que nous avons citée dans les notes de ce livre sous le titre de Wright, Syr. Ut., 2e éd.

AYANT-PROPOS

ceux qui présentent quelque intérêt littéraire, mais nous avons laissé de côté les publications faites dans un but pratique, telles que liturgies, rituels et bréviaires.

La littérature syriaque n’est réellement entrée dans le domaine des études orientales que depuis le XIXe siècle , quoique , dès le commencement du XVIIIe, Joseph Simon Assémani en ait révélé l’importance en écrivant sa célèbre Bibliotheca orientais. Cette œuvre capitale demeura sans rivale ; elle suffisait aux besoins du temps. Autrefois l’étude du syriaque , qui avait principalement en vue l’exégèse biblique, n’était pas poussée très loin. La version syriaque de l’Ancien et du Nouveau Testament, dite La Peschitto , avait été éditée dans les Polyglottes; en 1669, Edmond Castell avait rédigé son Lexicon heptaglotton pour la Polyglotte de Londres. C’est sur ce fonds, grossi de quelques autres publications analogues , que l’on vivait; il fournissait la matière des livres d’enseignement : grammaires, chrestomathies et lexiques. Quand la Bibliotheca orientalis d’Assémani eut paru , on lui emprunta quelques textes , mis à la portée des élèves; le Chronicon syriacum , de Barhebræus, édité par Bruns et Kirsch, à Leipzig, en 1789, procura ensuite quelques nouvelles contributions aux chrestomathies.

Si l’on excepte Renaudot qui , dans sa collection des liturgies orientales , traduisit les liturgies

AVANT-PROPOS

syriaques , il faut reconnaître que c’est aux Maronites et notamment à la famille des Assémani que revient l’honneur d’avoir initié les savants de l’Europe aux richesses littéraires renfermées dans les manuscrits syriaques. Ces manuscrits n’étaient pas encore très nombreux dans nos bibliothèques. J. -S. Assémani avait doté la Bibliothèque du Vatican d’une belle collection, qu’il tira en partie du couvent de Notre-Dame des Syriens, situé dans le

désert de Nitrie (ou Scété) en Egypte; c’est dans

cette collection qu’il prit les matériaux de sa Biblio-

theca orientalis. Le catalogue des ms. orientaux

du Vatican, qu’il rédigea avec l’aide d’Étienne /

Evode Assémani, permettait à d’autres Orientalistes de continuer et d’améliorer son œuvre, mais la Bibliothèque Vaticane était alors peu accessible aux étrangers. Les autres bibliothèques de l’Europe, moins riches , n’avaient pas encore publié leurs catalogues , à l’exception de la Laurentienne de

Florence, dont Evode Assémani avait décrit les ms. orientaux, parmi lesquels figurent quelques ms. syriaques.

De nos jours, les Syrologues sont mieux partagés ; le fonds syriaque des principales bibliothèques s’est largement accru, surtout celui du Musée britannique qui a acquis l’importante collection du couvent de Notre-Dame des Syriens, que J. Assémani avait seulement entamée. Des catalogues descriptifs et analytiques , rédigés par des biblio-

AVANT-PROPOS

thécaires compétents, sont maintenant à la disposition de tous les travailleurs. D’un autre côté, les relations que les savants de l’Europe ont nouées avec le monde oriental, permettent d’utiliser les trésors littéraires qui sont restés en Orient.

Grâce à ces heureuses circonstances, il s’est produit pendant notre siècle une renaissance des études syriaques qui ont, dans une grande mesure, participé au nouvel essor imprimé à l’orientalisme et à l’histoire ecclésiastique. De récents travaux ont mis à nu les lacunes et les imperfections du grand travail de J. Assémani; néanmoins la Bibliotheca orientalis demeure toujours une source abondante d’informations. La fièvre de l’inédit qui s’est emparée de la jeune génération des Orientalistes ne paraît pas, heureusement, près de se calmer.

Ce livre a été écrit pour le public savant autant que pour les Orientalistes ; nous avons donc jugé à propos d’adopter, pour la transcription des noms propres syriaques, la forme la plus simple et la plus répandue , alors même qu’elle ne rendrait pas exactement la prononciation orientale. Dans ce dessein, nous avons négligé les signes conventionnels dont on marque les lettres syriaques qui n’ont pas leur équivalent dans notre alphabet , et nous avons supprimé toute distinction entre la prononciation des Syriens occidentaux et celle des Syriens orientaux, nous en tenant à la première que les Maronites ont popularisée chez nous. Nous écrivons Barde-

AYANT-PROPOS

sane, Éphrem , Narsès , selon l’orthographe vulgaire; Barhebræus avec la forme latinisée de ce nom ; Ébedjésu selon la prononciation des Maronites (et non Abdischo ou Audischo , qui reproduirait mieux la prononciation nestorienne), etc.

Une carte géographique , jointe au volume, donne un aperçu du domaine littéraire des Syriens et aidera le lecteur à s’orienter dans les diverses contrées qui sont mentionnées dans l’ouvrage.

Paris, janvier 1899.

Page 1