Nau, Journal asiatique , 9e série, t. IX, p. 931, note
2. M. l’Abbé Nau a lu un travail sur ces Plérophories au congrès des Orientalistes de Paris, septembre 1897. Il en publie une traduction française dans la Revue de l’Orient chrétien (1er article) 1898, p. 232-4G0; une édition à part paraîtra en 1899 à Paris, chez Ernest Leroux.
LES TEXTES APOLOGETIQUES.
La littérature apologétique est grecque, mais le syriaque nous a conservé des traductions d’anciens textes perdus. La version de l'apologie d’Aristide a été retrouvée, il y a peu d’années, par M. Rendel Harris dans un ms. du VIIe siècle du couvent de Sainte-Catherine sur le Sinaï L Elle a permis à M. Harris d’établir que cette apologie était adressée non pas à Hadrien, comme le dit Eusèbe , mais à Antonin le Pieux. De son côté M. Armitage Robinson a reconnu, grâce à ce texte syriaque, que l’original grec avait été inséré, avec diverses modifications, dans l’histoire de Barlaam et Josaphat2. M. Batiffol a parlé plus au long de l’importante publication de MM. Harris et Robinson dans son livre, La littérature grecque chrétienne , p. 88.
Le ms. syriaque qui renferme l’apologie attribuée à Méliton est probablement aussi du VIIe siècle. Le ti-
1. The apology of Arislides by J. Rendel Harris with an appendix by J. Armitage Robinson , Cambridge, 1891. M. Richard Raabe en a donné une traduction allemande avec un apparat critique dans les Texte und Untersuchungen de Gebiiardt et Harnack, t. IX, 1892 , sous le titre Die Apologie des Aristides aus dem syrischen übersetzt.
2. Cette histoire a été attribuée à Jean Damascène dans les œuvres duquel elle est comprise; mais M. Zotenberg a montré qu’elle remonte plus haut que cet historien, Notice sur le livre de Barlaam et Joasaph , Paris, 1886.
LES TEXTES APOLOGETIQUES.
tre est : « Discours de Méliton le philosophe (prononcé) en présence d’Àntonin César. Il disait à César de reconnaître Dieu et lui montra la voie de la vérité 1 . » Ce texte syriaque nous a-t-il conservé l’apologie de Méliton, évêque Sardes, dont Eusèbe parle dans son histoire ecclésiastique (Livre IV, ch. xxnj2? Il y a contre cette hypothèse une grave difficulté ; le syriaque, qui est complet et ne renferme pas de lacune, n’a pas le passage de l’apologie de Méliton cité par Eusèbe. Cureton supposait que Méliton avait écrit deux apologies, bien qu’Eusèhe n’en mentionne qu’une seule; c'est peu vraisemblable. Le syriaque nous a plutôt conservé une de ces nombreuses apologies qui circulaient dans les premiers siècles de 1ère chrétienne, dont on attribua la paternité à l’évêque de Sardes 3. Nous ne croyons pas toutefois, comme certains critiques le supposent, que le texte syriaque soit une œuvre originale , et que cette apologie ait été adressée à Caracalla (211-267) , lors de son séjour en Osrhoène, par quelque chrétien de Mabboug ou des environs. Cette conjecture est fondée sur le passage suivant : « Les Mésopotamiens adoraient la juive Ivoutbi qui avait sauvé de ses ennemis Bakrou Vabâyâ d’Edesse. Au sujet de Nébo, adoré à Mabboug, à quoi bon vous écrire ce que tous les prêtres de Mabboug savent, que c'est l’image d’Orphée, le mage de Thrace. » Or ce passage milite en faveur d’une conclusion toute différente. On
1. Cureton, Spicilegium syriacum, p. 22 et suiv.; et Pitra, Spicilegium Solesmense, t. II, p. xxxvm.
2. Le Spicilegium de Cureton contient la version syriaque de ce chapitre d’Eusèbe et des fragments des œuvres attribuées à Méliton; le second fragment sur la foi ( Spicileg . de Cureton, p. 32, et Spicileg. de Pitra, II, p. lix) appartient à saint Justin, voir Abbé Martin dans les Analecta sacra de Pitra, IV, p. 29, note.
3. Geriiardt et Harnack, Texte und Untersuchungen , I, 2G1; Tixeront, Les origines de l’Église d’Èdesse , 9, note 5.