LES TEXTES APOLOGÉTIQUES
ne sait à quel événement il est fait allusion à propos de la juive Koutbi et du roi d’Edesse Bakrou, mais le titre d 'abâyâ donné à ce prince n’est pas usuel; c’est un mot artificiel, formé de abd « père », et qui rend littéralement le grec nazQixtoç [Patrice). Jamais les rois d’Édesse n’ont porté le titre de Patrice. En outre les Mésopotamiens savaient que le dieu Nébo représentait la planète de Mercure et non pas Orphée de Thrace. D’autres passages sur la mythologie trahissent une source grecque.
Cette apologie développe le thème commun à ce genre littéraire : le vrai Dieu est le Dieu unique , créateur du ciel et de la terre; les dieux du paganisme sont des anciens rois ou héros qui ont été divinisés ; les idoles de bois ou de métal ne se distinguent de la matière avec laquelle elles sont fabriquées que par l’art du sculpteur ou de l’orfèvre ; Dieu ne s’est pas manifesté avec une évidence telle que les fausses religions fussent impossibles, parce qu’il a donné à l’homme le libre arbitre et la faculté de discerner la vérité de l’erreur.
A cette littérature appartiennent encore les Hypo mnemata du philosophe Ambroise dont le texte syriaque a été publié par Cureton dans son Spicilegium , p. 38 et suiv. Le titre est ainsi conçu : « Hypomnemata qu’écrivit Ambros , un chef de la Grèce qui devint chrétien. Tous les sénateurs, ses pairs, s'élevèrent contre lui; il s’éloigna d’eux et leur prouva par écrit toute leur sottise. » Comme le remarque Cureton, cet ouvrage est, à peu de chose près , le même que celui qui est intitulé en grec yldyoç nçdç "ElXrjvaç et est attribué à saint Justin, bien qu’il soit douteux que cet apologiste l’ait écrit E L’auteur met en évidence l’inanité de la mytho-
4. Cureton a imprimé le ytôyos tcqo; '’EiXrjvaç au-dessous de la traduction anglaise du texte syriaque.