Barhebræus, Chron. eccl. , I
5. D’après l’Abbé Nau, Journal asiatique , 1890, 9e série, t. VIII, p. 526,
M. Nau a tiré cette notice de la version arabe de Michel, conservée au Musée britannique.
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toire renferme 260 années, depuis le commencement du règne de Maurice, l’année 894 des Grecs (582-583), jusqu’à l’année 1154 des Grecs (842-843) durant laquelle moururent Théophile , empereur des Romains , et Abou Ishak ( Al-Motasin) , calife des Arabes; (après eux) régnèrent sur les Arabes Haroun, fils d’Abou Ishak, et sur les Romains le jeune fils de Théophile, Michel, dont la mère fut régente. »
Assémani, qui retrouva une chronique syriaque dans un autre ms. du Vatican, n° 162, crut que cette composition était aussi une oeuvre du patriarche Denys, une chronique abrégée de ses Annales. C’est une compilation historique, divisée en quatre parties, qui va depuis l’origine du monde jusqu’à l'année 775.
La première partie s’arrête à Constantin le Grand. La principale source pour cette époque est la chronique d'Eusèbe, résumée en un épitomé (voir ci-dessus, p. 200). Le compilateur s’est, en outre, servi de Y Histoire ecclesiastique d'Eusèbe, de la Chro no graphie de Jules Africain1, d’une chronique d’Edesse qui a permis à Gutschmid d’établir la chronologie des rois de cette ville2, de La caverne des trésors (v. ci-dessus, p. 90), du Roman d’ Alexandre 3, de U histoire des sept dormants d’Ephèse (voir ci-dessus, p. 147), et du De bello judaico de Josèphe. Cette première partie a été éditée par Tullberg (voir ci-dessus, p. 200, note 1).
La seconde partie, qui comprend la période de Constantin à Théodose le Jeune, est tirée presque entière-
4. Von Gutschmid, Die syrische Epitome der Eusebischen Canones,
2. Von Gutschmid, Untersuchungen ueber die Geschichte des Kœnigreiclxs Osrhoëne , 1887 , dans les Mémoires de l’Académie de Saint-Pétersbourg, t. XXXV, n° 1.
3. Édité par Budge, The history of Alexander the Great, Cambridge,
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ment de l’histoire de Socrate ; l’auteur a ajouté quelques notices empruntées à des documents syriaques. Elle est inédite, mais M. l’Abbé Nau en a donné une analyse 1 .
La troisième partie, qui s'arrête à Justin II, reproduit la deuxième partie de l’histoire de Jean d’Asie (voir ci-dessus, p. 192). Elle renferme notamment la chronique attribuée à Josué le stylite (voir p. 187) et la lettre de Siméon de Beit-Arscham (voir p. 148).
La quatrième et dernière partie est l’œuvre originale de l’auteur. Assémani en a donné d’abondants extraits dans sa Bibliotheca orient ., II, p. 98-116; M. l’Abbé Chabot a publié le texte complet avec une traduction française [Chronique de Denijs de Tell Mahrè , quatrième partie , Paris, 1895). Rédigée sous la forme d’une chronique concise pour l’époque antérieure au VIIIe siècle, cette partie a, pour ce siècle, l’étendue d’une histoire développée ; elle renferme de nombreuses notices historiques, surtout pour les temps de la domination arabe. Malheureusement, l’auteur manque de méthode et de sens historique ; il confond les dates et les événements et rapporte des faits qui appartiennent aux siècles précédents. C’est un document de valeur pour l’historien à la condition de s’en servir avec circonspection; les récits des dernières années méritent cependant plus de créance. Cet auteur était, en outre un mauvais styliste ; il était plus préoccupé de faire des sermons à ses lecteurs, que de donner une tournure élégante à sa pensée. « Il serait difficile, dit M. Chabot (p. IV de la préface du texte syriaque), de trouver un écrivain d’un style plus incorrect et plus bizarre. »
d. Analyse des parties inédites de la chronique attribuée à Denys de Tellmahré, dans la Revue de l’Orient chrétien , 1897.
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L’édition de M. Chabot a permis à MM. Nau et Nœldeke de constater l’erreur d’Assémani qui voyait dans cet ouvrage une chronique abrégée de Denys de Tellmahré. MM. Nau et Nœldeke ont reconnu en même temps, et chacun de son côté1 , que l’auteur de cette œuvre, dédiée à George, chorévêque d'Amid, à Euthalius , archimandrite (du couvent de Zoukenin) , et au périodeute Lazare , était un moine du couvent de Zoukenin, qui écrivait vers 775, antérieurement à l'époque de Denys. M. Nau croit que ce moine était Josué le stylite, dont parle la note d’Elisée (voir ci-dessus p. 188).
Le ms. du Musée britannique. Add. 14642, du Xe siècle , contient des fragments de deux chroniques syriaques. La chronique la plus étendue commence à Jacob et finit à l’année 846 de notre ère. Comme elle ne présente pas de lacune à la fin , elle a dû être écrite vers cette année-là. La première partie est une compilation qui ne présente guère d’intérêt2, mais la dernière partie, dont les fragments conservés traitent des évènements des années 574-582, 601-610 et 679-846 de J.-C., fournit un grand nombre de dates et de notices , dont quelques-unes sont nouvelles. L'auteur a utilisé des documents dont se sont servis également d’autres historiographes, Théophane, Pseudo-Denys deTellmahré et Michel le Syrien. La seconde chronique, plus courte, traite principalement de l’histoire ecclésiastique, mais le mauvais état de conservation dans laquelle elle se trouve en rend l’usage difficile. Nous devons ces renseignements à la préface que M. Brooks a mise en tête de son édition de la seconde partie de la chronique la plus
1. Nau, Bulletin critique , n° du 15 juin 189G; Journal asiatique, 1896, 9e série, t. VIII, p. 346 et suiv. Noeldeke, Wiener Zeitschrift , juillet
2. C’est de cette partie que M. Nau a tiré le récit de la découverte de la tête de saint Paul, voir ci-dessus, p. 101, note 2.
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étendue1. M. Brooks a fait suivre le texte syriaque cl’une traduction anglaise, complétée par de nombreuses notes et des références aux autres ouvrages historiques qui renferment des notices analogues. Parmi ces références figure la chronique de Michel le Syrien , que M. Brooks a consultée dans la version arabe conservée au Musée britannique.
On croyait perdue la Chronique de Michel le Syrien, ou Michel de Mélitène, qui fut patriarche des Jacobites de 1166 à 1199. On ne connaissait cette œuvre que par un mauvais épitomé arménien traduit en français par Langlois ( Chronique de Michel le Grand , Paris, 1868). Nous savons aujourd’hui qu'elle existe dans un ms. à Edesse qui sera publié prochainement2. En outre le Musée britannique a fait l’acquisition en 1891 d'un manuscrit [ms. orient. 4402) contenant une version arabe (qui paraît littérale) de cette importante chronique. M. Nau a publié une notice sur ce ms. dans le Journal asiatique, 1896, 9e série, t. VIII, p. 523 et suiv. Les premières lignes de la préface écrite en syriaque indiquent les sources de Michel : Maribas le Chaldéen3, Socrate, Théodoret, Jean d’Asie, Zacharie le Rhéteur et Andronique4. Plus loin, Michel cite le
1. A Syriac Clironicle of the year 846 dans la Zeitschr. der deut. mor-
genl. Gesellschaft, 1897, t. LI, p. 569 et suiv.- /h *>« , M/
2. On pense aussi qu’il en existe un autre ms. dans le couvent jacobite de Zafaran près de Mardin, cf. Wrigiit, Syriac Literature , 2e éd., p. 252, note 1. Quant au manuscrit qu’on disait se trouver à Mossoul, il renferme la version arabe de la Chronique de Michel et ce ms. se trouve aujourd’hui au Musée britannique.
3. On ne sait encore rien de précis sur ce Maribas, que Pseudo-Moïse de Khorène cite sous le nom de Mar Abas Kalina. Il existe à la Bibliothèque nationale, fonds syriaque, n° 306, fol. 71, v°-77, onze pages d’une chronique attribuée à ce Maribas.
4. Chronographe qui vivait au temps de l’empereur Justinien; il est aussi cité par Barhebræus et Elias de Nisibe, comp. Bariier., Chron. eccl., I, p. 5, note 1.
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prêtre Koura de Saroug, qui écrivit, dit-il, à Edesse, dans quatorze chapitres, sur l’époque de Justin et jusqu’à la mort de Tibère L « L’ouvrage se termine, ajoute M. Nau, par une liste carschouni des patriarches d’Antioche qui commence à Sévère , du monastère de Théodore de Gaza. Puis vient une liste syriaque de ces patriarches , qui ne semble pas faire partie de l’histoire de Michel. Elle commence à Saint Pierre et a été continuée jusqu’au cent quarante-troisième patriarche, Pierre III de Mossoul. Elle a été publiée d’après ce ms. par M. Bruno Meissner2. »
Barhebræus (*j* 1286) occupe une des premières places parmi les historiens syriaques avec ses deux grandes chroniques, le Chronicon syriacum et le Chronicon ecclesiasticum. Nous ne nous attarderons pas à faire ressortir l’importance de ces ouvrages connus des orientalistes et des historiens. Barhebræus s’est proposé d’y résumer l’histoire universelle depuis la Création jusqu’à son époque.
La première chronique est consacrée à l’histoire profane. L’auteur nous avertit, dans sa préface, qu'il a comblé les lacunes des livres antérieurs, personne n’ayant écrit sur ce sujet depuis le patriarche Michel qui rédigea sa chronique quatre-vingts ans avant lui. Il a compulsé pour son travail les documents syriaques, arabes et persans, réunis dans la bibliothèque de Maraga, ville de l’Adherbaidjan. La publication de la chronique de Michel le Syrien fera connaître si, comme il est à supposer, Barhebræus a tiré beaucoup de cette chronique. En 1789, Bruns et Kirsch ont imprimé une première édition du Chronicon syriacum avec une traduction latine ; le texte et la traduction