ACL, {. I, p. 328 et
pourrait être difficilement l’Apologie pour Origéne. |
Si, ‘comme il paraît probable, Pamphile n’a rien écrit que des lettres familières (perdues), son nom reste toutefois attaché au souvenir de la bibliothèque constituée par lui à Césarée, collection inappréciable de manuscrits des Écritures et de leurs commentateurs, d'Origène spécialement (Euseb. vr, 32, 3), collection où Eusèbe a puisé son érudition et où Jérôme est venu plus tard consulter. Pamphile avait fait rechercher des manuscrits, il en avait copié et fait copier, finalement il avait donné sa bibliothèque à l'Église de Césarée : « [Bibliothecam] caesariensi obclesie dedicavit, quam ex parte corruptam Acacius dehine et Euzoius eiusdem ecclesiae sacerdotes in membranis instaurare conati sunt : hic cum multa repererit et inventorum nobis indicem reliquerit... » (Hieron. Æpist. xxxiv, 1). On ignore à quelle date cette bibliothèque fut dispersée ‘.
$ 8. — Théognoste, Piérios, Jules l’Africain.
Théognoste (Oecyrworoc) n'est mentionné ni par Eusèbe, ni par Jérôme; mais Athanase le met (EÆpist. ad Serap. 1v, 9) sur la mème ligne qu'Origène comme autorité à opposer aux Ariens, et (De decret. nic. syn. 25) cite le second livre de ses “Yrorvrwuvaig à propos de la génération du Verbe. Photius {cod. 106) a possédé ces Hypotyposes. De la description qu'il en donne on peut conclure que Théognoste a été chef du daoxueïor chrétien (il dut succéder à Denys et précéder Pierios);
1. ACL, 1.1, p. 548, L’Apologelicum (lib.1), dans CPG, t. XVIL, p. 521 (cf. CPG;t. X, p. 1529). Sur la bibliothèque de Césarée, A. EurmaARD, « Die
früheren Bibliotheken in Palaestina, » dans la Rômische Quartalsehrifl Ê
)déraé fan TS Le
que son ouvrage était divisé en sept livres traitant res-
pectivement du Père, du Fils, du Saint-Esprit, des
4 anges, de l’incarnation (1. 5 et 6), de la création; et que
saint use aurait difficilement défendu Théognoste du reproche de subordinatianisme!.
Piérios est donné par Eusèbe {vir, 32, 26) comme un prêtre d'Alexandrie et un contemporain de l’évêque Théonas (282-300). Photius (cod. 118), sur la foi de l'Apologie pour Origène, fait de Piérios le chef du
daoxusior alexandrin, le maître de Pamphile, et un
martyr dont le nom aurait été donné à une basilique d'Alexandrie (Epiph. Aaer. Lxix, 2). — Photius (cod. 119) a lu de Piérios un volume renfermant douze morceaux différents; il en cite un Eiç to xura Aovxür, un Eiç T0 naoyu, un Eiç Tor "Qone, et en parle comme d’improvisations homilétiques. Jérôme (Vrr. int. 76)connaît le De propheta Osee, très long, et le qualifie de sermon prononcé dans une vigile pascale. Philippe de Side parle d’un premier discours de ceux qui sont Eig TÔ nécyu, comme si sur ce sujet il en connaissait plusieurs de Piérios, puis d’un Tlsoi ris 6sotô6xov, enfin d'un Eig tôr Bio Toù dyiov [leupirov. Piérios, à en ju-
ger par la notice de Photius, était un dogmatiste dans la tradition d’Origène : Jérôme le traite, au pur point
de vue littéraire, de « Origenes iunior » (Z. c.)?
Jules l'Africain (Sextus lTulius Africanus), originaire de Libye selon Suidas (s, #.? Apoxuroc), mais fixé à Emmaüs-Nikopolis en Palestine, sans qu’on puisse dire qu'il en ait été l'évêque, paraît avoir été un méde-
D CPC TX, D. 235. ACL, :t.1, p. 487.
2, CPG,t.X, p. 24. De Boon, Neue Fragmente, p. 170. ACE, t. 1, p. 439. Jérôme (4. c.) ajoute : « Constat hunc.. post persecutionem [Diocletiani] omne vitae suae tempus Romae fuisse versatum ». Ce tra t s'accorde mal avec ceux que donne Photius.
cin riche et savant, qui a voyagé en Égypte, en Arménie, en Phrygie, peut-être jusqu'à Édesse et jusqu'à Rome. Il nous est connu par une épitre à Origène (238*), qu'il avait entendu en Palestine discutant avec un certain Bassos sur Daniel : Jules écrit à Origène pour expri= mer ses difficultés sur l’histoire de Susanne : on a la réponse d'Origène jointe à la lettre de Jules. Eusèbe a possédé une autre lettre, celle-ci adressée à un certain Aristides, sur la conciliation des deux généalogies évangéliques : il en donne un long fragment (1, 7). Eusèbe (vr, 31, 2) mentionne cinq hvrol de X90v0youpio dont il loue l'exactitude et dont il fait nombre … de citations dans sa Préparation et dans sa Démonstration évangéliques : sa propre Chronique est établie sur la chronographie de Jules. Photius (cod. 34) dérit ce même ouvrage sous le nom de ‘orogxér, et le qualifie de travail court mais qui n'omet aucun événe-. ment nécessaire : il commençait, ajoute-t-il, à la créa tion du monde selon Moïse pour aboutir à 4 naissance du Christ, en poursuivant toutefois j jusqu’ à l pose des TS SR Éliogabale, précisément jusqu'à l’année … 3. C'estdire que la Ckronographie de Jules s'arrêtait à +0 221 de notre ère. Jules harmonisait dans une. suite synchronique les données de l’histoire profane et . celles de l'histoire sainte, pour relever l'antiquité de. Moïse et de la préhistoire patriarcale : la chronographie était pour lui une forme de l’apologétique. Cons ; apologiste Jules reprenait une idée de Justin et de Clé- # ment; comme chronographe, il n'avait pas de prédécesseur dans la littérature chrétienne. L'œuvre était rédigée, non sous forme de table ou canon, mais sous forme de texte continu. Gelzer amontré que la Chronographie de Jules à été, pour l'antiquité dont elle traite, la source
des chronographes postérieurs : Eusèbe, Malalas, l'auteurdu Chronicon paschale, le Syncelle et les anonymes byzantins comme le Barbarus Scaligeri, ete. : il a été utilisé même par des Latins, comme Sulpice Sévère. On en a seulement les citations textuelles faites par le Syncelle et par Eusèbe.
Jules avait composé aussi un traité en vingt-quatre livres intitulé Keoroi 7 nugudoëæ, sorte d'encyclopédie des sciences agronomiques et médicales, dédiée à l'em-
- pereur Alexandre Sévère. On en a de longs et nombreux fragments qui donnent une idée de la culture ès sciences positives d’un savant du troisième siècle. Eusèbe a connu ce traité (vi, 31, 1) qu'il donne comme le plus célèbre ouvrage de son auteur. Les doutes exprimés (Scaliger, Valois) sur l'identité de cet auteur et de l’auteur de la Chronographie, n'ont pas prévalu : mais les brutalités et les paganismes qu'on y relève sont à noter comme caractéristiques de Jules, homme « savant et nullement scrupuleux » (Tillemont)'.
$ 9. — Saint Lucien et l'école d’Antioche.
Après Rome, après Alexandrie et Césarée, le dernier foyer de science exégétique et théologique au IIIe siècle est Antioche. Là encore on trouve trace d'écoles, et d'écoles où des prêtres enseignent, comme Hippolyte à Rome, comme Clément à Alexandrie Malchion, que nous avons vu aux synodes d'Antioche, soutenir le poids de l'argumentation contre Paul de Samosate, est roy èr Aynioyetas Ellmnxoy nudevry-
4. CPG, t. X, p. 35 et XI, p. M. ACL, t. I, p. 507. H. GELZER, Sexlus Julius Africanus und die byzantinische Chronographie, t. IA (Leipzig 4880-1885). F. KinN, art. « Jul. Afr. » du XL.
olor daro6ÿs nvosorus, recteur de l’enseignement des écoles helléniques d'Antioche, en même temps que prètre. Mais tandis qu'un certain platonisme en spéculation et l'allégorisme en exégèse sont la marque des alexandrins, une méthode dialectique qui se réclame d’Aristote et une recherche systématique du sens littéral caractérisent les théologiens d'Antioche. C’est un esprit qui leur est commun, plutôt qu'une institution. Paul de Samosate et Lucien sont des esprits de mème famille : ce sera plus sensible chez les disciples de Lucien, les « Collucianistes », et ce le sera encore chez les disciples de Diodore. C'est dans ce sens, et dans ce sens seulement, que l’on peut parler d'une école d'Antioche!.
Lucien {Æovxar6ç) nous est mal connu, soit dans sa biographie, soit dans son œuvre. Ila dû exister des Acta Luciani rédigés par une main arienne, et dont dépendent la passion catholique qui porte le nom de Métaphraste, la notice que Suidas consacre à Lucien (s. ». Aovx.), et de même celle de l'historien arien Philostorge. On y peut apprendre que Lucien était né à Samosate dans la Syrie Euphratésienne, et qu'il s'instruisit à Édesse, auprès d'un certain Makarios « qui interprétait les saints livres », dit Suidas. Lucien se fixa à Antioche, où il fut fait prêtre, et se trouva bientôt à la tête d'une école importante (didacxahstov uéya). Il n’est fait nulle mention de lui à propos des synodes tenus à Antioche contre Paul de Samosate (ca. 270). Quelle fut son attitude envers Paul, on l’ignore au juste; toutefois, une lettre d'Alexandre d'Alexandrie (Theodoret. Æ. E. 1, 3) affirme de Lucien qu'il a été longtemps séparé de l’église (dxoourdywyoc), plus précisément sous l'épiscopat
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