‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 52 sur 63 · CURE OT · texte numérisé non relu

CURE OT

encyclique de Gennadios contre les Simoniaques qui date, sans doute, d’un synode tenu à Constantinople 7 en 4591.

Acace (Æxémoc), successeur de Gennadios (471-489), est antimonophysite déclaré sous le règne de l’empe-

: . reur Basilisque (476-477), au moment où l’évêque mono- = physite d'Alexandrie, Timothée Aelouros, obtient de ce prince qu'il fasse souscrire par tous les évêques la con- = damnation du concile de Chalcédoine. Des lettres

__ échangées entre Acace et le pape Simplicius à ce sujet, il reste une lettre d'Acace informant le pape de la mort de Timothée Aelouros et de l'expulsion par l'empereur Zénon du successeur monophysite que les Alexandrins lui ont donné, Pierre Monge. Plus tard, Acace tente une conciliation entre catholiques et monophysites, fait par l'empereur reconnaitre Pierre Monge et promulguer l’AHénoticon (482), formulaire d'union où la doctrine des deux natures est passée sous silence : pour prix de son zèle, Acace est excommunié par le pape Félix IT, et tout le temps que l'Aénoticon ne sera pas retiré, jusqu'en 519, il y aura rupture entre Rome et Constantinople. On a retrouvé en copte une correspondance soidisant échangée entre Acace et Pierre Monge : il y a lieu de la tenir pour apocryphe ?.

| Timothée Aelouros est le prêtre alexandrin, mono-

« physite et créature de Dioscore, qui, en 457, en dépit

de l’évêque légitime Protérios, se fait sacrer par le parti

” monophysite évèque d'Alexandrie : peu après Protérios

” est assassiné et le « parricide » se maintient jusqu'à la

fin (+ 477) à la tête de l'église d'Alexandrie sous les

+ anathèmes de toute la catholicité. Le parti devait lui

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4. CPG, t. LXXXV, p. 1621. TILLEMONT, t. XVI, p. 67. 9, E. AMÉLINEAU, Monuments pour servir à l'hist. de l'Egypte chrétienne aux IV®° et V° siècles (Paris 1888), p. 196.

donner Pierre Monge pour successeur. Photius (cod.

225) à lu une réfutation de Timothée par Euloge d'A-

lexandrie (+ 607) : l'ouvrage de Timothée était un pamphlet contre le pape saint Léon et contre le concile

de Chalcédoine, et Photius en loue l « acribie ». Ce

pamphlet est probablement le « libellus valde suaso-

rius », que signale Gennadius (Vér. nl. 73), libelle .

adressé à l'empereur Léon, et que Gennadius même

déclare avoir traduit en latin : « Hune libellum novandr

gratia ego, rogatus a fratribus, in latinum transtuli et cavendum praetitulavi. » Gennadius connaît un alexan-

drin du nom de Cyros, « arte medicus, ex philosopho … monachus, vir dicendi peritus », auteur d’un livre élégant et vigoureux contre le nestorianisme, c'est-à-dire

contre les catholiques antimonophysites, Adpersus Nestorem ; un livre plus syllogistique que scripturaire et dévoué à Timothée Aelouros : « Timotheanum dogma fovere coepit » {Vér. int. 82). Mais nous n'avons rien de ce Cyros, non plus que de Timothée Aelouros.

Nous n'avons rien non plus de Dioscore (Æ160x000ç), »

qui, évèque d'Alexandrie de 444 à 451, déposé par le «

concile de Chalcédoine, mort exilé à Cases en 454,

a ouvert le schisme monophysite. Le panégyrique de

Makarios de Thôou, que l'on a retrouvé en copte, et

que Revillout qualifiait de « récits de Dioscore, exilé à Gangres, sur le concile de Chalcédoine », est l'œuvre. d'un moine monophysite contemporain, et le copte est :

probablement l'original !.

1. E. AMÉLINEAU, Monuments, p.92. Theol. Literaturz. t. XIV (1889), p. 34.

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$ 10. — Le faux Aréopagite.

La question de l'authenticité des écrits du soi-disant

- Aréopagite est bien définitivement résolue dans le sens de la négative. L'opinion qui veut les dater du IV® siè- - clerepose sur desarguments insuffisants : de ce que l’auteur affirme énergiquement la divinité du Saint-Esprit, de ce qu'il parle avec insistance de l’âme humaine du -Christ, de ce qu'il emploie le mot hypostase toujours dans le sens de personne, ce n’est pas la preuve décisive . qu'ilsoitcontemporain des conciles (362-382) qui ont fixé le sens du mothypostase etcondamné Macédone et Apollinaire. En outre, les phrases de Grégoire de Nazianze (Orat. xxxvunr, 8) et de Jérôme (ÆEpist. xvnr, 9) où l’on a cru reconnaître des emprunts au faux Denys, ne fournissent que des présomptions très faibles. En réalité, le faux Denys a été produit pour la première fois au concile de Constantinople de 533. Mais surtout > le quatrième chapitre des Noms divins dépend sûre- - ment d’un traité du néo-platonicien Proklos, écrit en 440 (nous ne le possédons qu’en une version latine du XIII siècle), le De malorum subsistentia. Si l'on ob- serve avec quelle rigueur, sur l'union des deux natures, le faux Denys se conforme aux formules fixées par le concile de Chalcédoine, on conclura qu'il a écrit passé » A51. D'autres parallélismes entre Proklos et le faux Denys permettent de croire qu'il dépend de traités de = Proklos composés après 462. Enfin si l'on tient compte qu'il parle du Credo comme d’un chant de la messe, et que le Credo n'a été introduit dans la liturgie de la messe qu'après 476, on pourra fixer l’année 476 comme

le terme extrême antérieur à l’activité littéraire de notre auteur. La trace de son œuvre apparaît soudain chez des écrivains de la première moitié du VI® siècle; comme Sévère d'Antioche, Ephrem d'Antioche, Zacharie de Mitylène, Léonce de Byzance.

Produite au concile de 533 par les monophysites à l'appui de leurs erreurs, elle est récusée par les catholiques comme un apocryphe. L’attitude des catholiques pendant tout le VI® siècle et dans la première partie du VII, fut défiante envers un auteur qui « ménageait les Monophysites avec une sorte d'affectation qui permet de le supposer partisan de cette modération tant préconisée dans l’Æ/énoticon de l'empereur Zénon » (482). Puis on reconnut que les passages invoqués par les Monophysites pouvaient s'entendre en un sens parfaitement orthodoxe. Maxime le Confesseur (+ 662) à la plus grande part dans ce revirement de l'opinion. « Toute contestation au sujet de l'authenticité cessa après le concile de Latran de 649, où le pape saint Martin [°*

invoqua à plusieurs reprises le témoignage [du faux

Denys], et’ montra qu'un passage, où le monophysisme était formellement enseigné, avait été sciemment altéré par le patriarche monothélite d'Alexandrie, Cyros, dans l'intérêt de l'hérésie.. On sait l’autorité dont jouirent ces traités parmi les théologiens

du:moyen âge : saint Thomas d'Aquin, en particulier,

y à largement puisé. Il faut descendre jusque vers

le milieu du XV° siècle [Valla] pour voir apparaître |

un doute sur la personnalité de l'auteur » (P. de Smedt) !.

1. Nous donnons les conclusions du P. SriGLMAYR, « Der neuplatoniker Proclus als Vorlage des sog. Dionysius Areopagita in der Lehre vom Uebel » dans le Historisches Jahrbuch, t. XVI (1895), et Das Aufkommen der pseudo-dionysischen Schriflen » (Feldkirch 1895), d’après la recen-

Voici les écrits du faux Aréopagite : — Lleoù rc oë-

aviag Leguoyias, des anges, de leur hiérarchie et de leur

nature, un livre, dédié à Timothée (ox; unQec6vTEgw Tiuo- OEw). — Lleoi Tic éxxinoraonixis teouoyiuc, un livre, dédié au même Timothée, et faisant suite au traité de a hiérarchie céleste : élévation sur les mystères du baptême, de l’eucharistie, de l’onction (uvgor) en général, de la consécration des évêques, des prêtres, des diacres et des moines, de la bénédiction et onction des morts. — Leg Oeiwy dvouarwr, un livre, dédié encore à Timothée, suite aux deux traités précédents : de la connaissance de Dieu d’après l'Écriture et dans l'oraison, Dieu bonté. amour, principe de tout être, vie de toute vie, science, puissance, paix, perfection. — Llsgi uvorixÿç Osohoyias, un livre, dédié toujours à Timothée, suite des précédents : de l'obscurité de Dieu, de l'union à Dieu et que Dieu est le superintelligible. — À ces traités joignez un recueil de dix épîtres : une à saint Jean exilé à Patmos, une à Tite, une à Polycarpe, quatre au moine Gaios, etc., sur divers sujets se rattachant à l'incarnanation ou à quelques questions du Llsoi uvorixñcs 060- Aoyiac!

sion du P. de Smepr, Revue des quest. hist. t. LIX (1896), p. 610-644, — Sur

toute la littérature suscitée par la controverse dionysienne, voyez le ré-

pert. de CHEVALIER et BARDENHEWER, p. 289.

4. CPG, t. II (reproduit l'édition du P. Corpier, Paris 164%). PITRA. Analecta sacra, t. IV, p. 24 et 261. — MiGxE a réimprimé en tête l’excellente dissertation de dom LE Nourry (Paris 1703) ; il est vrai que let. IV est envahi par les défenseurs de l’aréopagilisme aggravé de l’identification du faux Aréopagite avec le premier évêque de Paris! Sur toute la question consulter le mémoire des Acta sanclorum oclobr.

4 IV, p. 696. LE QuiEN « Dissertatio secunda » en tête de ses Zoannis - damasceni opera (Paris 1741), reproduit dans CPG, t. XCIV, p. 274. On

croit trouver dans les œuvres du faux Denys l'indication d’autres écrits qui seraient perdus : des Oetor vuror une Ævubolx Oscar un eo wuyñs, un Leo vomrür te at ato0nr@r, un Heot T3 xura vOuor iegabytus un Ileot dimaiov #at Oeiov dixcuwrmolov, Quand aux

Qui sera l’auteur véritable des écrits pseudo-dionysiens? On a pensé à ce Denys de Rikonoroura en Égypte, cité par Sozomène (vi, 31) comme un ascète

du temps de Valens : mais cette identification (Hipler, …

Dräseke) est purement nominale. D'autre part le pseudo-.

Denys se donnant à maintes reprises pour le disciple

d'un certain Hiérothéos, la découverte d’un livre du «

monophysite Étienne Bar Sudaili, d'Édesse, intitulé « Le livre de Hiérothéos », a fait penser que Hiérothéos est le pseudonyme d'Étienne Bar Sudaili (ca. 500) et notre pseudo- Denys le disciple dudit Étienne (Frotingham) : mais contre cette identification plaide le man-

que d’affinité des doctrines des deux auteurs. L'auteur. des écrits pseudo-dionysiens aura écrit entre 482 et. 500 {Stiglmayr) : il aura sans doute étudié à Athènes à l’école de Proklos, mais il doit avoir été un moine pa= lestinien (Gaza)? unorigénisteimpénitentoutransformé. Son œuvre, une audacieuse fiction, n'en a pas moins.

popularisé dans l'Église un principe nouveau de sp culation, la théologie mystique : les Byzantins n’en

profiteront pas, mais le moyen âge latin en bénéfi-=.

ciera au centuple : tous nos mystiques procèdent de Denys!.

Arrètons-nous sur le nom énigmatique du faux Aréo-

pagite. La période qui suivrait ouvrirait pour nous une. littérature, sinon nouvelle, du moins réservée. Léonce. de Byzance et l'empereur Justinien, dans le champ de la. dogmatique; Prokopios de Gaza, Olympiodoros d'A-

lexandrie dans celui de l'exégèse; Jean Climaque, dans

Osoloywat vdrroruruoes mentionnées à diverses reprises (Div. nome

1, 1, etc.), elles semblent être le titre commun que l’auteur donne à ses différents livres.

1. L. de GRANDMAISON, « La question dionysienné », dans les Ætudes.

des PP. Jésuites, t. LXX (1897), p. 34 et suiv.

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scétisme ; Cyrille d LA Scythopélis, de celu Æ iographie ; ares dans celui de l'historio- Ces noms appartiennent au moins par défià l'histoire littéraire byzantine.

NOTICE DES PSEUDÉPIGRAPHES

Il ne nous est pas possible de dresser ici un inventaire critique de tous les écrits pseudépigraphes de la littérature chrétienne grecque du 1% siècle au VIe, Du moins, nous passerons en revue les plus importants, ceux surtout qui ont été l’objet d’études spéciales.

É P.-Axarori0s. — De ralione paschali. Voyez plus haut, p. 139.

- P.-Arsripes. — Zpistula ad omnes philosophos et Hiomiliae. Voyez

plus haut, p. 88.

“ D.-Arnanase. — fpistula ad Marcellinum, CPG, t. XXNII, p. IL.

Anonyme, IV-V® siècle. Dict. de la Bible, t. I, p. 1209.

ee — Expositio in psalmos, CPG, t. XXVII, p. 59. Anonyme, antérieure au VII siècle, peut-être du: IV*. Dict. de la Bible, t. I, p.-1209.

— Jnterprelatio psalmorum, CPG, t. XXNII, p. 649. Anonyme,

… V° siècle. Dict. de la Bible, t. I, p. 1209.

> — Synopsis scriplurae sacrae,; CPG, t. XXVII, p. 284. Anonyme, = c&. 500. Zaux, Geschichte, t. II, p. 302. Dict. de la Bible, t. 1,

— Ad imperalorem lovianum, fragm. gr, CPG, t. XXNIUL, p.

ju. 532. Une œuvre apollinariste. Voyez la diss. du P. LEquIEx,

+ CPG, t. XCIV, p. 268.

— “Ou lc 6 Xprotôc, CPG, t. XXVIII, p. 121. Encore une œuvre

= apollinariste. Lequiex, CPG, t. XCIV, p. 304.

— Jlepi 19: capxwoewc toù Beod }6you [De incarnalione Dei verbi contra Pautum Samosalensem], CPG,t. XXVIH, p. 89. Même jugement que sur le traité "Or et; à Xptotés. LEQUIEN, 0. c., p. 305.

> — Ilegi Tic oupxwoews Toù Geoù )6you [De incarnalione Dei verbi]

CPG, t. XXNII, p. %. Apollinaire. Voyez plus haut, p. 283.

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