AVERTISSEMENT
On peut utilement réimprimer ici quelques lignes que Paul de Saint- Victor écrivait en tête de ses Hommes et Dieux et qui s'appliquent avec non moins de justesse au recueil posthume qu'on va lire :
« Je prie le lecteur de se figurer un atelier dans lequel l'artiste aurait rassemblé quelques-unes de ses études les moins imparfaites, pour les exposer aux yeux du public : un tableau d'histoire auprès d'une eau-forte, un dessin d'après l'antique à côté d'un portrait ou d'une fantaisie. C'est l'image de ce volume composé de morceaux écrits à des occasions très diverses. J'essayerais ' vainement de leur former un lien factice que briserait à
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chaque instant la diversité des sujets; ils n'ont entre eux d'autre analogie que celle de reproduire des âmes et des figures du passé... »
ÂJîciens et modernes forment une suite au livre que l'auteur présentait ainsi au public et les nouveaux articles d'histoire et de littérature que nous publions aujourd'hui auraient pu s'abriter sous le titre de Hommes et Dieux. Paul de Saint- Victor en eût fait sans doute une seconde série de cet ouvrage ; mais Hommes et Dieux avaient été longuement achevés; ils avaient reçu de l'auteur le coup de perfection qui en fait une œuvre définitive à laquelle un autre que lui n'avait pas le droit d'ajouter.
Néanmoins les indications très précises que présentait ce premier volume ont été suivies aussi exactement qu'on l'a pu, dans la composition du second. Suivant l'exemple que Paul de Saint-Victor fournissait lui-même, on a fêit disparaître ici les liens qui rattachaient primitivement ces études aux événements éphémères qui les avaient tc/> naître. Ce n'est donc pas le souvenir de pièces de théâtre ou de publications dont la plupart sont fort oubliées aujourd'hui qu'on a eu l'intention de faire revivre; on présente au lecteur une nouvelle suite de portraits historiques et d'appréciations littéraires tirant toute leur valeur des qualités d'histo-
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rien et de critique que l'aitisle a montrées en les écrivant et surtout de la forme somptueuse dont il les a revêtus.
Après avoir traité les sujets les plus élevés de la religion, de l'histoire et de l'esthétique, Paul de Saint-Victor termine Hommes et Dieux par de légers pastels sur le Décameron de Boccace et les Contes de Perrault. Nous étions donc autorisés à joindre quelques morceaux de fantaisie et des croquis de voyage aux chapitres plus sévères qui forment les deux premières parties de l'ouvrage. La diversité sera un point de ressemblance en plus que celuici aura avec son devancier. Comme lui, «à défaut de l'unité de composition, ce livre aura du moins celle de l'inspiration qui en a dicté toutes les pages, un grand amour de l'art et une recherche sincère de la vérité ».
La mort de M. Paul Lacroix nous a privé de ses conseils et de son bienveillant appui. Qu'il nous soit permis de lui donner ici une marque de respectueux souvenir et de rappeler le dévouement qu'il apportait à la publication des œuvres de son ami.