CATALOGUE DES ABBÉS
fication donnée à cette même charte par « Galterius Abbatis et Hamo Monachm » , ne nous paraît pas fondée : les mots Abbatis et Monachm sont tout simplement, suivant nous, des surnoms portés par les seigneurs du fief dans lequel était le quartier de dime aumône au monastère. En 1202, Geoffroy figurait parmi les juges délégués par le pape pour examiner un différend entre Josselin , évêque de S'-Brieuc, et l'abbaye de S'-Melaine.
Depuis le commencement du xiii* siècle jusqu'au milieu, à peu près , c'est-à-dire pendant Tépoque la plus brillante de S*-Aubin , nous ne trouvons pas un seul nom d'abbé ; car le prétendu Eudes, sous le gouvernement duquel D. Taillandier suppose que l'abbaye aurait été la proie des flammes, est aussi douteux que l'incendie même (f.
i?..., n'est connu que par un seul acte de 1246.
Hervé, son successeur, est indiqué par D. Taillandier comme ayant consacré , en 1255 , l'église nouvellement reconstruite. Cette assertion , dont nous n'avons trouvé aucune preuve, ne suffirait pas pour établir à nos yeux l'existence de cet abbé ; mais nous voyons Hervé figurer dans l'acquisition définitive du prieuré de S*-Galery , en 1259. C'est encore vraisemblablement le même qui paraît sous le nom de Urvysius, dans des bulles de 1254 et 1261.
Jean n'est mentionné que dans une lettre d'un prêtre .de Cesson , en 1263.
(l) On a avancé que cette catastrophe avait eu lieu en 1210 ; mais rien dans les actes, ni de cette année , ni des années voisines , ne la fait pressentir. On a prétendu également que Denise de Matignon avait rebâti l'église après l'incendie, parce que, 38 ans plus tard, elle était qualifiée € fundatr ici in magna parte abbacie » ; mais le titre de fondateur, qui se donnait pour toute riche fondation, ne pouvait se refuser à la famille de Matignon , qui , entre autres libéralités, avait fondé une chapellenie en 1219, et légué une partie du prieuré de S'-Galery en 1246. Au reste , sans donner un démenti formel à l'assertion de D. Taillandier , nous ne pouvons nous empêcher de remarquer qu'il serait fort étrange que , dans le riche cartulaire de S'-Aubin , pas un acte ne mentionnât ni directement ni indirectement un fait de cette importance.
Les abbés Robert et Jean paraissent dans des actes de 1272 et 1289; André fij^ure, sous la date de 1304, dans un ancien catalogue que citent les Bénédictins.
Ceux-ci relatent de plus Tabbé Yves, qui, en 1309, transigea avec Geoffroy Tournemine, en présence de Tévêque de S-Brieuc : il s'agissait probablement de la confirmation des droits d'usage de Tabbaye dans la forêt de Lamballe.
Eudes, d'après D. Taillandier, aurait signé, en 1309, un acte que nous n'avons pas retrouvé. En revanche, nous donnons une charte de 1315, relative à « Vahhacia Gleio- Moyne » , en Pléhérel , dans laquelle il figure bien authentiquement (11.
Hervé, en 1337, fut un des exécuteurs testamentaires de Marguerite , dame de Plancoët ; il paraît encore dans un acte de l'année suivante.
L'ancien catalogue que nous avons déjà cité, d'après les Bénédictins , rappelle que des textes mentionnent Rolland, en 1345 et 1366 : ce fut lui, par conséquent, qui scella les pouvoirs donnés aux députés que la comtesse de Penthièvre envoya en Angleterre , en 1 352 , pour traiter de la rançon de Charles de Blois.
Pierre de Prébu transigea, en septembre 1379, avec Guillaume de Rais, abbé de S'-Jagut (2) ; le 28 avril 1381, il ratifiait, a Lamballe, le second traité de Guérande (3). Il eut, suivant l'ancien catalogue, pour successeur, Normani, au sujet duquel nous n'avons rien pu trouver, non plus que sur Olivier Brunard, dont les Bénédictins parlent comme apparaissant dans une procédure de 1408, et dans un acte de 1425. Les habitants de Pléhérel paraissent lui avoir
(1) Nous ignorons où D. Taillandier a vu que cet abbé portait le nom patronymique de Donant.
(2) Bl.-Mant. , XLI , 618.
(3) D. Mor., II, 276.
CATALOGUE DES ABBES.
refusé, en 1414, d'acquitter certaines redevances et corvées; ce refus nécessita une enquête, ordonnée par le duc de Bretagne , et le procès fut jugé , deux ans plus tard , en faveur de Tabbaye.
D; Taillandier rapporte, sans en donner *de preuve, que le pape Eugène IV avait annulé Félection d'Olivier de la Guérande , faite en 1433; puis ensuite, par une nouvelle bulle, le S*-Père aurait reconnu qu*il ne lui appartenait pas de choisir les abbés de S^4ubin. Olivier, qui mourut en 1442, transigea, deux ans auparavant, avec le sire de Matignon , au sujet d'une rente de 3G boisseaux de froment, à prendre sur la terre de Matignon ; cet accord fut ratifié , plus lard, par « l'humble abbé du benoist moustier do N.-Dame de Bégar , père -abbé du benoist moustier de S*-Aubin-des-Bois». En 1474, Bertrand Goyon reconnaissait qu'il était lié par rengagement de son père , ce qui n'empêcha pas que les moines durent encore recourir à la justice pour se faire payer (f .
Olivier Hux (2j fut élu en novembre 1442, et gouverna l'abbaye 40 ans. Le duc Pierre, en 1431!, lui adressa des lettres attestant que tous les biens de l'abbaye en Bretagne étaient tenus sous le duc, et Olivier, deux ans après, déclarait de nouveau « estre obéissant au seigneur duc en sa barre » de Rennes et ailleurs » : l'objet de ces déclarations était de soustraire l'abbaye aux tracasseries de voisins puissants. En 1458, ce même abbé défendit énergiquement un de ses a estagers » sur qui les officiers du comté de Penthièvre voulaient lever un impôt, et il fit constater par le procureur général que les sujets de l'abbaye en étaient exempts.
La fin de la longue carrière d'Olivier fut troublée par une
[\) Dans cette procédure, nous remarquons, parmi les religieux, deux La Guérande, un Plumaudan, un Pontbriant, etc. On voit que les principales familles du Penthièvre étaient représentées dans ce moutior.
(2j Nous écrivons son nom suivant l'orthographe adoptée dans le monastère. M. de Courcy et plusieurs autres ont écrit Hus.
20 ABBAVE DE S'-AlBhN-DES-BOIS.
mesure violente de Guillaume, abbé de Bégard : aulorisé d'une lettre ducale , ce dernier était venu à S^-Aubin , avait déposé l'abbé, « comme vieux, décrépit etimbécillc, » et lui avait donné pour coadjuteur Jean Hus , abbé de la Vieuville. L'abbé de Prières, visiteur général de l'ordre de Citeaux en Bretagne, cassa la décision qui frappait Olivier, mais celui-ci ne survécut que quelques mois à sa réinstallation (1).
En 1484, le légat du pape choisit pour abbé, frère Olivier de Broons , religieux bénédictin de l'abbaye de S*-Melaine : ce fut le premier abbé commendataire et administrateur de S'-\ubin. Plus lard, nous le verrons paraître, en 1489, dans un accord avec Olivier de S -Dénouai.
Commendataire, comme le précédent, Jean de Broon$ succéda à Olivier; il possédait l'abbaye en 1493.
Guy Le Clerc est plusieurs fois nommé dans des actes de 1504 à 1307.
Voici encore un moine d'un autre ordre , pourvu de Tabbaye en commende par le pape, en janvier 1509; de là aux grands seigneurs commendataires , il n'y a pas loin. Au/fray Le Voyer, tout Bénédictin qu'il était, fut non-seulement abbé de S'-Aubin , mais aussi prieur de Vitré. Il ne paraît pas s'être entièrement détaché des biens du monde, car il possédait assez d'argent pour fonder, en 1513, un anniversaire pour lui et sa famille, et, peu de temps après, il passait son abbaye à son neveu.
Le gouvernement de François Le Voyer est marqué par un grand procès qui se débattit longtemps entre le chapitre
(1) Dans les dernières années du gouvernement d'Olivier Hux , les dîmes de Maroué , ainsi que les novales , furent , après de longues discussions, partagées entre S'-Aubin , Boquen , S'-Melaine de Lamballc et quelques particuliers , au nombre desquels figurent des membres des familles Bernard et Haogoumar : il en avait été de même , un peu auparavant , pour les dîmes de IMëboulle, réparties entre S'-Aubin, S-Jacut, le chapitre de S«-Brieuc cl la collégiale de Matignon.
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de S'-Malo, Tabbé de S -Florent d'Angers el i'abbesse de S'-Sulpice de Rennes , relativement k la Ville-aux-Nonains, en S^-Suliac ; le fonds de cette belle propriété finit par rester en grande partie à S -Aubin. L'année suivante, 1524, Le Voyer assista aux Etats de Rennes , qui reconnurent le roi François P' pour usufruitier et le dauphin pour héritier du duché de Bretagne, suivant le testament de la reine Claude.
Les titres de Tabbaye montrent Guillaume de Linuières agissant comme abbé, en 1533 (1).
Nous avons un acte de Reiié de Lahaye, daté de 1561. D. Taillandier dit qu'il occupait le siège abbatial dès 1537, el qu'il prêta serment de fidélité au roi en 1362.
D'après le catalogue des Bénédictins , Yves Turmier aurait pris le gouvernement de l'abbaye, en 1372, et il aurait été remplacé par Jean Picault, en 1383. Ce que nous pouvons affirmer , c'est qu'un aveu , rendu par l'abbé Turmier, dans cette dernière année , existe aux archives des Côtes-du-Nord , et que, d'une enquête de 1392, il résulte que Jean Helvis, chanoine de Paris, tenait Tabbaye en commende, dès l'année 1384 ; du reste, nulle trace de Jean Picault.
Il ne paraît pas que Jean Helvis , au milieu des troubles qui déchiraient la France, et auxquels la Bretagne allait prendre une part si cruelle , ait cherché à diriger par luimême son abbaye ; nous avons raconté ce qui s'y passa durant la Ligue.
L'ancien catalogue place Julien Berel (2; sur le siège
(1) D. Taillandier parle, en termes peu intelligibles, d'an Jean d'Anne- Laud dont l'existence ne nous parait nullement prouvée, c II obtint, dit-il , en 1532 , des lettres de sauvegarde et de maintenue sur l'abbaye de S'-Àubin ; mais ces lettres n'eurent pas lieu , où (sic) il mourut quelques mois après. » Si les lettres n'eurent pas lie^i, Jean d'Annebaud ne dut pas les obtenir.
(2) D. Taillandier et M. l'abbé Tresvaux ont défiguré ce nom, comme bien d'autres , comme celui de Linuières qu'ils écrivent Lignières, de Vallot qu'ils écrivent Wallot , de Prollict de Catuélan dont ils font Prociffet , de La Gué-
abbatial de 1600 à 1612; les arcinves des Côtes-du-Xord ont un acte de lui, de 1608.
Jean Pépin, « vénérable chanoine de l'église de Rennes », lutta avec la plus louable persévérance pour établir la réforme dans son abbaye, et il compléta son œuvre en remettant son bénéfice aux mains d'un religieux profès. L'écusson de se§ armes (1) , incrusté dans les murs sur un grand nombre de points, dit assez combien il avait bâti dans Tabbaye, et combien il était calomnié par les moines ennemis de la réforme, qui l'accusaient de ne pas entretenir les bâliments.
Jean du Quellenec fut le dernier abbé religieux ; la plus grande partie de sa vie se passa en luttes pour ramener ses moines aux pratiques les plus pures de la règle. Mais, après lui , les commendataires ne s'en soucièrent plus , et, de simples prieurs, en leur supposant les meilleures intentions , n'avaient pas assez d'autorité pour continuer cette œuvre difficile.
Les derniers abbés furent :
Gabriel de Boislève, S^'' de Malnoë , conseiller clerc au Parlement de Paris, qui eut l'abbaye de 1638 à 1657; il la troqua avec Roger d'Aumont , évêque d'Avranches : à partir de ce moment , le commendataire ne s'occupa plus en rien du gouvernement de S -Aubin.
Edouard Vallot , qui porta le titre d'abbé, de 1657 à
Claude de Lafayette [1683).
rande dont ils font La Gurande , etc. — Nous regrettons de n'avoir pu arriver à temps pour fournir quelques documents nouveaux au volume que M. Barthélémy Haun'au vient d'ajouter au Gallia Christiana et qui contient notre province ; nous sommes particulièrement leronnaissants à cet auteur de la bienveillance avec laquelle il nous cite , à propos des évêqucs de S'-Brieuc , cl du témoignage de confraternité littéraire qu'il nous donne.
(1) M. de Coure y le blasonnc ainsi : « d'or au chevron componné de sept pièces d'argent et de sable ^ et accompagné de 3 pommes de pin d'argent >.
Pierre-Yres Profficl de Catuélan, trésorier el chanoine de la cathédrale de S'-Brieuc; il paraît comme abbé en 1697
Anne-Marie-Charles de Béthune , de 1711 à 1752.
Alexis-César de Talhouët de Bonamour; il mourut dès Tannée suivante, 1753.
François de Vandomois de S^- Aubin, de 1753 à 1764.
JeaïirFranrois de La Marche, chanoine de Tréguier, puis évêque de Léon, de 1764 à 1777.
Louis-Marie-Pierre Le Deraye du Guémadeuc, de 1777 k 1787.
Charles-René Bovin de la Ville-Bouquais , de 1787 à la Révohition.
Rebâtie aux xv% xvi% xvir et xviii*' siècles, Tabbaye de Archooiogio. S-Aubin-des-Bois n'offre plus un grand intérêt archéologique ; aussi ne consacrerons-nous que peu de lignes à cette partie de notre tâche (1'.
La première réflexion qui frappe en pénétrant dans S^iubin, c'est la similitude de Taspect général avec Bégard : mêmes dispositions d'ensemble , môme ampleur de tracé , même luxe de bâtiments , même emplacement d'église , mêmes vastes enclos pour les jardins , les potagers et les
(1) Notre pciiSL'c premii^n» avait (nv' do puMicr le plan de S'-Aubin, que nous avons levé avec soin , en le complétant et le modifiant selon les divers titres des archives de l'abbaye et le souvenir des vieillards. Mais nous n'avons pas tardé à reconnaître que les changements apportés à ce monastf^re depuis la Ligue ont été tels, que, dans l'absence de tout plan ancien, il était impossible de reconstituer l'ensemble des bàtiineiils convenlu«'ls, sans laisser beau- «oup de place aux suppositions.
pépinières (1). Ce long développement de murs extérieurs montre que ces grands établissements étaient non pas seulement agricoles , mais aussi horticoles ; de même que les cours , largement ouvertes et entourées de nombreux bâtiments de service, prouvent que toutes les industries nécessaires à une exploitation modèle , forge , charronnage, sellerie et autres étaient réunies là. Dans les premières années, un moulin à fouler fut donné aux moines pour transformer en étoffes grossières la toison de leurs troupeaux : la vie matérielle était alors ramenée par eux à des conditions trop simples pour qu'ils en empruntassent quelque chose au dehors ; le peu de ressources qu'offrait le pays et la mauvaise viabilité ne l'eussent pas permis.
Plus tard , il n'en fut pas ainsi : en rebâtissant la maison conventuelle, on en fit, ici comme à Bégard, plutôt un château qu'un couvent. Les cours , où se préparaient primitivement les engrais , ainsi qu'on le voit encore dans les fermes bretonnes , devinrent de verdoyantes pelouses , que couronnait arislocratiquement une terrasse devant le principal cor[)s de logts. Les anciens ateliers furent transformés en celliers, magasins et remises. Plus de trace d'exploitation , de travail : les fermiers se chargeaient de tout ; il n'y avait qu'à emmagasiner et à jouir. Aussi , quand tomba le bâtiment au nord de la seconde cour ou cour d'honneur, on ne le releva pas, il y en avait trop ; de même , quand la maison de l'abbé , reléguée en dehors de la communauté, s'en alla peu à peu en ruine, nul ne songea à y mettre même un étai. Les écuries, qui étaient un luxe très à la mode, au xviii® siècle, restèrent seules polir rappeler les soins donnés autrefois à l'amélioration de la race chevaline.
(1) La même analogie existe entre la disposition générale de Bégard et c<»lle de l'Aumône, sa mère, dite aussi le Petit Citeaux, dont elle reproduisait la physionomie. Il en était ainsi pour tous les ordres religieux : la règle pesait sur le développement architectural comme sur tout ce qui louchait à la vie des moines ; on comprenait fort bien que le milieu physique a toujours eu une grande influence sur l'état moral de l'homme.
Remarquons qu'ici, non plus que dans nos autres abbayes, il ne se voit nul reste de fortification (1) , comme il s'en trouve dans des pays moins agités que le nôtre. Au moyen âge , nos moines , hommes de prière et de travail , se sentaient suffisamment gardés par le prestige religieux , et , nous l'avons vu , ce ne fut qu'assez tard qu'ils se placèrent sous la protection spéciale du duc , puis du roi.
Des arcades romanes à la croisée de l'édifice , c'est tout ce qui reste de l'église primitive. Partagée en deux parties par une grille dont on voit encore des traces , la partie claustrale ou le chœur fut reconstruit à la fin du xv* siècle ou dans la première moitié du xvi** , par un abbé dont le tombeau est placé du côté de l'évangile (2). Les hermines pleines , armes de S'-Aubin (3) , l'écusson moderne de France attestant le titre d'abbaye royale, des roses et des coquilles sont les seuls vestiges héraldiques qu'il soit possible d'y signaler. L'abbé Jean Pépin refit la nef, comme le montrent ses armes placées au haut de chacune des quatre fenêtres, et en même temps il changea toutes les dispositions de l'église.
Le transept nord menaçait ruine, en 1646; la chapelle des Tournemine s'y trouvait avec leur caveau et leurs statues tumulaires. Ni la riche abbaye ni les S^" de la Hunaudaye ne se sentirent capables du sacrifice nécessaire à la consolidation de cette partie de l'édifice ; on jugea plus simple de raser cette portion de la maison de Dieu. Seulement, on transporta dans l'autre bras de la croix deux lombes en plein relief (4).
(1) On ne peut donner ce nom au fossé dont ils s'entourèrent et qu'ils pouvaient noyer à volonté.
(2) L'écusson est incertain ; la croix semble annoncer un de Broons ; les roses, un Le Clerc; les coquilles, un de Lahaye.
[3] Les archives des Côtes-du-Nord possèdent divers actes encore revêtus du sceau de l'abbaye ; autour du semé d'hermines , on lit : Sigillum Sancti Albini.
(4' Sur •l'écusson , aujourd'hui fruste, M. Souchet croit avoir entrevu les merlelfesdes Matignon : leurs armes étaient dans la maîtresse vitre, comme l'attestent les actes de 14 10 et do 1523, que nous relatons. M. Souchet dit avoir
Par ailleurs , il ne reste plus de trace , ni de la chapelle de S'- Barthélémy , concédée à Etienne de Corron, allié k la maison de Dinan ; ni de celle de la Trinité, à Marguerite de Plancoël ; ni de celle des Cargouët, près de la sacristie, où ils avaient trois écussons de leurs armes, deux lombes et une vitre (1) ; ni de celle de la Vierge, dans le même côté de l'église, près du Dormilorium , aux vicomtes de S'-Denoual (2\ Ceux-ci avaient, près de l'église, une chapelle , dite de S'-Pierre , qui tomba en ruine , faute d'entretien, au commencement du xvii* siècle. Une contestation s'ensuivit entre les moines et le seigneur, et, en 1646, intervint une transaction par laquelle on reconnaissait à ce dernier « la chapelle Notre-Dame joignant l'autel situé au bas du chœur, sous une arcade de 10 pieds de long sur 12 de laize, et dans la vitre de laquelle, en un des panneaux, éloit la. représentation de M*"** Jean de S'-Denoual, avec
rencontré un vieux tableau roauuéinoratif de ces bienfaiteurs de l'abbaye, et sur lequel on lisait : Sponsalia dona Roberto.
il) Acte de 1583. reproduit par nous.
(2' Nous avons trouvé , aux archives des Côtes-du -Nord , une note non signée, mais évidemment écrite par les moines, vers le milieu du xvii* siècle. Elle est remplie d'erreurs, quand elle discute les titres des fondateurs de l'abbaye ; mais elle ne peut pas ne pas ^tre exacte en décrivant la distribution de l'église existante. Nous reproduisons cette partie. « Sed enim, ul suum unicuique tribaatar, ducibus quidem Britanniœ jura et insignia fundalorum concedamus, baronibus autem de la Hunaudaye dolationem capellaniai de parte Evangelii in ala ecclesiae constitutae non... gamus factam à Gaufrido Tornemine anno domini 1674 (lisez l-2fi'l), ut colligilur ex ejus testamento ex quo hœc ad verbum desumimus : « Item abbatiaî Sanrti Albini lego 00 lib. ad rcdditus emcndas pro ona ' capellania facienda pro me et meis * ; et nunc quidem hoc est anno 1616 ad solum rcdacta c*<t dict« ecrli»si.'P ala , ex qua, ut testes oculati et adhuc superstilos référant ob imminentem ruinam testitudinis lapideae , agente quodam dicto de la Drotriere domino de la Hasardays preposito castri de la Hunaudaye, duae tumbjp altéra militis, altéra vero mulieris formam repraesentanles translatée suiil ad locum in medio ecclesia^ quem vocamus prfpsbiteriura ; unde non est cur quispinm propterea dictos barones nostros fundatorc*? statuât : quandoquidem nec dominos de Mali^'non quonim cernitur insignia per totam fenestram vitream in rapite ecclesiiT silam quos otiam alias insignes nostros benefactores agnoscinius et pravlicamus. (Concedamus item altare Sancti Barthaloniîri cuni uno nionarlio ad dictum altare in perpetuum celebraturo attributum Slepliano de Corron viro nobili, ejusque hœredibus, ac similiter faleamur Margarila» doininje do l*lan«'o«'t conccssum sacerdotem mona-
i'écusson de ses armes sur la cotte d'armes et celle de dame Jeanne de Montfort sa femme, avec ses armes » (1).
Le cloître , commencé dans le style élégant de la Renaissance, par un des Le Voyer , dont les armes se voient encore à la voûte (2) , fut achevé ou refait dans le style lourd et sans caractère de l'architecture du xviii* siècle. On a conservé celte partie, mais l'autre a été démolie, et l'herbe croît entre les fines cannelures , les riches chapiteaux des pilastres renversés ; on dirait que , dans un jour de vertige , les fous qui ont fait là leur demeure se sont attaqués à cette dernière expression de l'art français (3).
Et Von ne saurait trouver plus triste solitude que ces bâtiments ruineux. Les ruines proprement dites sont d'un effet pittoresque et donnent une certaine vie au paysage; on s'y arrête volontiers, et le souvenir erre à l'entour sans amertume. Mais, des bâtiments déserts qui portent encore
eham ad allare Sanctœ Trinitatis ab episcopo Briocensi Guillelmo consecratum quotidie celebraturuin : sed haec arabo altaria injuria temporum , vei melias neglîgentia et avaritia comraendaloriam, cum ipsius mûris ecclesifle maxima parte corruerunt, nec a domino Joanne Pépin qui ab antecessoribus commendatoriis multas dicitur accepisse pecunias pro instaurationibus faciendis. Tiguram autem mutant ecclesi® , rcstituta sunt. Concedamus denique capellam Beatœ Mariœ sitam in ala seu latere ecciosi» juxta dormitorium, a vicecomitibus de Sancto Denoallo quorum insignia in dictœ capellœ vilreis fenestris apposita sunt, cum alia capella extra septa ecclesiœ jam ex parte collapsa, necnon aliam capellam sacristies adjacentcm eum insignibus domus de Cargoit in fenestris vitreis , duobusque sepulchralibus lapidibus uno viri , altero autem feminsB speciem exhibentibus , prœdietse domui conoessam alias fateamur ob factam huic abbatise elemosinam qna multis abhinc annis priratur. » (Arch. des Côtes-du-Nord ; copie non signée à la suite du testament de Geoffroy Tournemine, de 1264.)
(1) Nous n*avons pu retrouver d'inventaire du trésor de l'église abbatiale, antérieure 1773; les déprédations de la Ligue ne laissent pas assez d'intérêt à ce document pour que nous le reproduisions ici.
[% Losange d'or et de gueules.
^3) Après la Révolution, l'abbaye, dont le revenu à peu près nul avait été affecté au bureau de bienfaisance de Jugon , fut achetée par l'évèque de S'-Bricuc, en 1824, pour y fonder une retraite destinée aux prêtres âgés et infirmes. Plus tard, les Frères SMcan-dc-Dieu y établirent une maison d'aliénés, qu'ils transportèrent , en 1837, aux Basfoins, près Dinan ; S'-Aubin, devenu propriété particulière , fut complètement abandonné.
34 ADDAYE DE S»-AUB1N-()ES-B0IS.
les traces dliabilalion récente ; des appartements qui , par leurs fenêtres défoncéics , laissent voir des restes de luxe lavés par les pluies , souillés par les oiseaux de nuit ; les terrasses qui croulent , Therbe qui couvre les escaliers disjoints et qui envahit les derniers vestiges de beaux jardins ; tout cela fait monter au cœur des bouffées de décourageante tristesse. Pendant qu'on rêve douloureusement au milieu de cette sorte de décomposition lente, de ces débris dont la vie s'est retirée peu à peu, le vent, s'engouffrant dans ces longs corridors , fait entendre un gémissement lugubre et répété : on dirait la plainte incessante des moines massacrés dans le schisme , et qui pleurent la palme du martyre, perdue pour eux.
Charles. 8'- Aubin acquiert de 8'-Jaout, par échano^e^ la terre de TAbbayet
en Pléhérel.
1 lîi9. Anno M'' cenlesimo quinquagcsimo nono , in nomine sancle cl indi\ i-
due Trinilatis : hec csldifTinicio pacli monachorum Saneti Jacuti ac monachorum Saneti Albini in nemore, qui, providentes utilitati utriusque cenobii, commulacioncm utrique eonventui placitam statuerunl (1; monachi eniin Saneti Jacuti quandam tenam que dtcitur abbaeia Gleyou sitam in parrochia de Pleherel [î] pro décima comitum et pro xx^' solidis quos singulis annis in die festivilatis omnium sanelorum monachi Saneti Albini monacliis Saneti Jacuti reddere annuerunt.
;i) Co ne sont pas encore les abWs , ce sont les moines qui traitent directement. Plus on remonte dans l'histoire de nos abbayes et plus on trouve large la part faite aux moines dans l'administration de leur temporel.
{'2) Voir n"' 91 et 361. — Voyez aussi l'Annuaire des Côtes-du-Nord pour 1855, Notice de M. Gautier du Moltay sur la paroisse de S'-Pôtan. Preuves, p. 13 et 75. Au commencement du xii* siècle, ou vers la fin du xi«, sous l'abbé Wihomar, un chevalier nommé Walter, fils de Trehan Mab, avait donné à S*-Jacut terram abbatie et d'aulres terres de son domaine. A la même époque, Hervelin , fils de Guemotjon, pn^vol, nyani brAU* une maison à « Lansioco » (Lancieux), fit amende honorable et donna h S'-Jacut le 1 1 d'un village sis entre abbaciam Glaio et Sanrtum Dmcium. Aucun souvenir de celte ancienne abbaye de Glaio, plus tard (ilayo-Moines, n'a survécu.
Quara decimam Ririovi [ou Kerioni) filius et Evigilardus assensu participum suorurn Sanclo Albino, accipientcs ibidem religionis abilum, concesserunl. Si quis vero falsus calumpnialor pro prephala lerra monaslerio Sancti Albini infeslare presiimseril , lucio monachorura Sancli Jacuti proul facultas eorum subpeditaverit illis non deerit. Hoc autem pauctum (4) factum est cura Henricus preessel convenlui Sancli Jaculi et WUlelmus Sancli Albini : leste Martino alque Hugone priore, Gaufrido atque Judicaelo, Daniele sacerdote et Renaldo hujus carlulA dicialore ; presenlibus et concedcnlibus Rivallono et Willelmo fratre cjus in quorum terra prefaia décima accipilur; et testes sunt Moyses prior et Evigilardus et Gaufridus de Quomin, et Hugo filius Normanni » atque Glii ejus ; et W. Tornemine et multî alii. (Archives des Côtes-dU'Nord. — (krlnlaire, p. 36.)
Donation de la Touohe-Marker.
Omnia preterennt, nichil est slabile, generacio transit allera succeilenle, et quia quidjuid humanis cernilur oculis cicius ab humano pectore labitur nisi scripto commendetur: idcirco ego M. dictus abbas Sancti Albini , cum tocius capituli assensu , omnibus qui litteras istas vidcrint presenli cyrographo nolum Oeri dignum duximus W, Rocara , et W. Joscii (ou Joseii) filium, et R. fratrem ejus dédisse, et in puram elemosinam, pro rcderapcione animarum suarura, concessisse parlem suam de Toscha Markereorum abacie Sancli Albini pure et libère. Quam donacionem et concessionem tali condicione fecerunt ut predictus Roca cum suis pannis (2\ nisi sit excommunicatus, in domo sit receptus, sic et W. Joscii filius et primogenitus suus, similiter et R. frater ejus solus recipiendus est sine filio. Nos quoque donacio illa facta nobis et abacie noslre ut majoris firmitatis robur habeat, et inconcussa permaneal, scripto et cyrograpbo fecimus confirmari ne forte, quod absil, infirmari ab aliquibus possit vel in poslerum in îrritura revocari ; et si quis in illa terra contra monachos insurrexerit, illi predicti W. Roca, el W. Joscii filius, et R. fralerejus ab omni calumnia illam monachis debent deliberare. (Original double du Cyrographe , reproduit dans le Carlulaire , p. 9?.)
(V Pour pactum.
'-2) Kc sens de relto oxprCvSsion nous semble Mre que les sus-dénommés auraient droit de se retirer dans l'ahhaye avce leurs habits laicjucs , par opposition avec eeux qui prenaient l'habit monacal. Le copia pannorum de la charte suivante est évidemment IVnsenible des bardes personnelles, la garde-robe. tVoir du Cangc, Panuus , n" 3. — Vo^ez charte XXII ti-après.
30 ABBAYt: UE S»-AUBIN-DES-B01S.
ni.
Donation de la ViUe-Marqner (1], en Hènanbihen.
Virorum est religiosorum paci seroper ÎDherere, cl cum cunctis hominibus pacem habere ; propterea tam futuris quam presentibus nolum fieri volumus quod Willelmus et Roaldus filii Joscii dederunt in puram et liberam elemosinam Deo et Béate Marie et domui Sancti Albini universa que habebant in vills^ Marchereius, tali condicione quod Willelmus et Glius ejus major natu , cum copia pannorum , in eorum susciperetur societate , et eodem pacto Roaldus solummodo ; verum tamen duas perras frumenii quas reddebant monachi jarodictts vins de mangerio supradicle terre , unam ex illis dederunt monachts pro anima mains eorum, Agnes videlicet : reliquam vero pro cerla pecunia inde recepla, et suorum peccaminum venia. Rocha vero, major natu eorum , bec omnia concessil et sub jurejurando in portîcu Hamonis filii Gaulerii confirmavit et pro his omnibus concedendis, jam diclus Rocha xl. solidos a monachis accepit, et eorum débet coUegio quando volueril cum veste débita sociari. Testes Hamonus filius Gaulerii et Willelmus filius Clari et fraler Ruallonus. (Archives des Côtes-du- Nord. — Cartulaire y P' 22 et 23.)
Bnlle du pape Alexandre III en faveur de S'-Anbin. .
1163 Universis présentes liUeras inspecluris vel audituris G. divina [»er-
missione episcopus Briocensis snlulem in domino. Noveritis nos vidisse quoddam privilegium in bulla non cancellata, non abolita, nec in aliqua sui parle viciala , quod sic incipit :
Alexander episcopus servus servorum dei dileclis filiis Moysi abbali monaslerii Sancti Albini, ejusque fralribus tam presentibus quam futuris regularem vitam profeclis imperpeluum, elc..., in quo privilégie continentur clausule sub forma que sequitur : Sane laborum vestrorum quos propriis manibus aut sumptibus colitis, sive de nutrimentis vestrorum animalium décimas, a vobisnullus présumai exigera. Si qua vero libéra et absoluta persona pro redempcione anime sue veslro monasierio se conferre volueril , suscipiendi eam facultateni liberam habealis, adjicienles criam auctoritate apostolica interdicimus ne quis fralres vcsiros, clericos sive laicos, postfaclam in vestro monas-
{l; C'est évidemment la Ville-Marqué des Hcrsarl , appelée Villc-Marqurf dans les anciennes réformations.
tcrjo profcssioncm, absquc vcstra licencia, suscipere audent vel relinere. Paci quoque et iranquillilali vestre paterna sollicitudine providentes auctoritale aposlolica prohibemus ut, infra clausuram locorum sive grangiarum vestrarum, nullus violenciàm vel rapinam sive furtum facere, vel homiDem capere audeat. Docernimus quoque ut nulli omnimodo bominum liceat prefactum monasteriuin temere perturbare aut ejus possessioncs auiïerre, vel ablatas retinere, minuere aut aliquibus vexacionibus faiigare , sed omnia intègre conserventur eorum pro quorum gubernacioue et sustentaeionc concessa sunt usibus omnimodis per futura, etc.
Datum hujus cedule anno domiui h^ cc^ nonagesimo octavo/die veneris in feslo beairi Pelri ad vincula. (Archives des Côtes-du-Nord, — // reste un fragmtnl de sceau représentant un évêque debout,)
Bertrand y chevalier, donne une terre et des près anx environs de la grange de S'-Snllien^ en St-Rîeul.
Comité Slephano vivenle, Berlrannum, filium Maingui quandam 1er- 1164 ram cum pratis eidera adjacenlibus usque in amnem subtus defluentem et usque in bospitale Sanclo Albino et grangie Sancti Suliani (1) pro Ix^ solidis in vadimonium posuisse contigit. Post aliquantulum vero lemporis, sub Gaufrido comité Bolerello comilis Rivallonis filio, placuit eidem milili, Bertranno scilicet, ut eamdem lerram quara in vadimonium posuerat inplicum [sic] reducet abbacie ; Moisanum abbalem ipsiusque monachos quid super hoc ei dare vellent interrogaNit. Inito autem suo consilio, dictus abbas suique monachi ei Ix. solides dederunt et anuatira duos solides et minam fruraenli : et bec convencio ex utraque parte fuit sanciata ila videlicet ut mina frumenti Joscio, de quo illam terram tenebat, ad mensuram Lambalie ipso percipienle redderetur. Ut autem bec convencio rata teneatur ab omnibus in perpetuum inviolabililer, parti placuit utrique comitis prcscnciam adiré ut bec convencio recordaretur ac sanciretur in ejus prescncia : ibique recordata fuit in domo S. burgensis filii Tamiei, Berlranno et Joscio et eorum filiis presentibus et eam concedentibus, el coram comité Gaufrido. Hujus convencionis Icsles sunl Moysanus de Brehant, Aemus fdius Angerii
(1) Le fief de S-Sullien , en dernier lieu , comprenait le manoir ainsi que les métairies en dépendant , sises dans les paroisses de S'-Rieul , Noyai , Trégomar et Pleslan , la Vallc-e-Eveillart en Plcstan , le moulin et dîme de S'-Sullien , la dlme de Lannurgucn en Maroué , relies de Oasniaignan et de S'-Sauveur dans la n.ônie paroisse, «'elle de Dolo, ainsi que le fief el la dinie de iioliranton et Morieux.
duoque sacerdoles Isacbar et Eudo , el unus leviia Gaiifridus cappellanus, preterea plures laici, Petrus Roaudi fîlius, Eudo KareD, Eudo de Les , Guillelmus de Boes , Tavileus Bernardus Merel , Hamo filius Galteriy Danos filius Hervei monachi. Hoccomplelo, monacbi paci innitentes domum Gaufrldi Dei gracia Briocensis episeopi sub cujus proleclione sancla vigel ecclesia, présentes adiré voluerunl, quibus Berlrannus assensit : in pontificis ilaque presencia eonvencio recordala, el ex utraque parte concessa elin domo Gaulerii sancita. Hujus sanctioiiis sunt testes : Mauricius arcbidiaconus , Albaudus decanus et ipse Gauterius, aclum est anno ab incarnacione domini m*» c** sexagesimo qu^rrto. Sciendum est quod predictus miles Berlrannus concessit in elemosina abbacie Sancli Albini omne dampnum quod conlingere dicebat de stagno Sancli Suliani; si quis eciam de ipsius slagni refluxione aliquid calumpniari presumpserit , ipsius eril de pecunia sua sive induslria monacbos ab bac calumpnia liberare. (Cartulaire^ p. iGi.'-D. Morice, 1,655.)
Donation de la VîUe-Attbryy en Erqny.
1167 Omnia prelereunl, nicbil est stabile, generacio transit altéra succe-
dente, el quod beri vel niidius cercius facium fuit cilo delabilur ab humano peclore nisi lillerarum delineatur inscripcione : ea propler providenles succedencium paci el quieli, utile fore decrevimus scriplo commendare quod Gaufridus Chef de Mailg concedenle filio suo primogenilo et donum confirmante sub jurejurando, céleris concedentibus filiis, dédit abbacie Sancti Albini, pro salute vivorum et requiele defunclorum, villam Auberi pacifiée possidendam. Gaufridus autem Bolcrel et Osilia uxor ejus cum Gaufrido filio suo, el Juhellus filius allerius euro heredibus suis, jamdicte terre domini, divina inspiracione compuncti, donum Gaufridi Cbef de Mailg concedentes pro redempcione animarum suarum sua jura penilus concesserunt. Ego vero Briocensis ecclesie minister, licet indignus, hoc donum, ut inconcussum permaneat in perpetuum et illibalum, sigilli mei impressione corroborare curavi. Si quis autem huic nostre conûrmacionis pagine obviare conlenderit, anathemati perpetuo subjicialur et presenti nisi satisfaclione congrus temerilalem suam quanlocius corripere curaverit. Hujus confirmacionis lestes fraler Nicholaus decanus, Joscelinus canlor, Guillelmus Rabin, Gauterius de Plofragan et alii plures qui ibi aderant présentes : ex parle autem Juhelli, G. Briocensis episcopus. Ruaient arcbidiaconus, Nicholaus decanus, Guillelmus d» Moncontor, Hingera de Pluricn, Roberlus filius Boisscl. (Carlnla'trey p. 74,)
CHAHTKS. 39
Charte relative à la donation précédente.
Gaufridus Dei gracia Brioceiisis episcopus omnibus Chrisli fidelibus 1167 qui présentera paginam sunt visuri salutem in domino. Noverit universitas vestra quod Gaufridus Chef de Mail, et Olii sui, villam Auberi in parrochia de Ërque silam, assensu Juheli de Archerio pro sainte anime sue et antecessorum suorum qui eamdera villam dederant mooachis Sancti Albini liberam et immunem , in puram et perpetuam elemosinam concessit : prefatus eciam Juhelus qui dominus eratprefate \ille, assensu et concessione filiorum suorum, dominium suum etquidquid habebat in eadem villa ipse vel heredes ejus jamdictis monacbis et abbacie eorum caritative donavit ; Testibus hiis Nicholao decano , Joscelino cantore, WiJlelmo sacrisla, Willelmo Rabino, E. deKessoi, Giquello de Erque , presbiteris ; Willelmo Martel , Hingando de Plurien , Hamone Olio Gauleri de Lambalia et pluribus aliis clericis et laieis : quod ul ratum sil scriplo et sigillo nostro fecimus communiri. (Cart , p. n. — Orig., coll. Coimillet. — D, Morice , /, 660.)
Le comte Geoffroy de Penthiévrc confirme les donations faites à 8' -Aubin y par ses ancêtres, dans la forêt de Lamballe.
Notum sil omnibus tam presenlibus quam futuris quod ego Gaufriilus de Lamballia , cornes, filius Rivalloni comilis, amore Dei et pro sainte anime mee et pro animabus antecessorum meorum , in puram et perpetuam elemosinam dedi et concessi monacbis Sancti Albini omnia que Gaufridus comes Bolerel avus meus , et comes Rivallonus pater meus dederunt ; scilicet quod eis necessarium esset in omni nemore de Lanmor ad lucrandum cum carrucis et ad pascua an'malium, equarum, porcorum et aliorum nutrimentorum , et cetera, que ibi vohierinl capcre ad edificandum domos suas etgrangias illorum. Preterea scialis quod omnes saisinas suas quas habuerunt, scilicet curiam Odonis quam eis dedi, concessi et sigilli mei munimine roboravi, testibus biis Bertranno Le Corigne, Alano Ilabel , Guillelmo Parvo, Abbate 1), G. Petro de Langaal prioro, Rivallone Leran. (Cartul. , p. 36. — Vidimé en 1Î68 par Simon , évêqne de S^-Brieuc. — D. Morice,!, 10 f 4.)
l; Pour donner une date approximative à cette cliartc, qui n'en a pas, 1). Morico s'est ëvideniment appuyé sur le titre qui suit : nous avons préct''- (lemmeiil fait remarquer que la prt'sence ici tl'un abbé de S'-Aubin, du uon» «If (ruillaunic IN'lil, n'est rien moins que certaine. Nous pensons, d'après la ponctuation mi^me du (^artui.iire , que Abbas est un nom patronymique.
Antre charte relative à U forêt de Laninor ou de Lamballe.
1177. In nomine sancte et individue Trinitatis , ab anliquo noslri consueve-
runt anlecessores dana principum , seu quorumlibel fidem katholicam profitencium , Ëcclesie vel monaslerio concessa, lilleris elscriplomandare, ac sui cujusque munimine confinnare, ne subsequens in eisdem recalcitret elas. Eapropler haneslum fore decrevimus et utile, licel a presentibus indubitanter verum esse dignoscerelur , ne successores noticiam latuissent, scripto commendare quod Gaufridus cornes Boterellus, comitis Rivalloni filius, caritalive monasterio Sancti Albini quidquid sui antecessores, major G. Boterellus et cornes Rivalk>nus et subsequens Stephanus concesserant ; concessit roonachis Sancti Albini in quantum eis necessarium foret de terra illa et de sylva scilicel de Lanmor ad lucrandum cum carrucis et ad pascua animalium, equarum, porcorum, et alionim in perpetuum, istis leslibus : GaufHdo capellano et Alano filio Rolandi, et Gaufrido Flohc, et Morello el Raginando filio Goret. Sed quia necdum Gaufridus cornes proprium habebat sigillum , hoc nobis in sigillé corailis Stephani (1) confirma\il. Actum anno ab incarnacione Doraini m<> c<> lxxvii**. [D. Moriee^ /, 670. — Dupaz. — Cartul. , p. 36.)
Aooord entre S'-Aubin et let Ghevalieri de S'-Jean de Jérasalem aa ti^et de la terre de Taoho.
1187. Bartholomeus Dei gracia Turonensis archiepiscopus omnibus tam
futuris quam presentibus ad quos liltere iste pervenerint salutem in domino. Placuit domino pape causam que vertebatur inter fratres hospitalis Jerosolimitani et abbatem et fratres Sancti Albini de Bosco, super terra quadam quam idem monachi dicebant per laycalem violenciam invasisse, committere nobis audiendam et, appellacione remota, sine débite terminandam ; post multas autem altercaciones hinc inde tandem per graciam Dei et sollicitudinem nostram amicabiliter convenerunt in hune composicionis modum. Medietas predicte terre que dicitur Tacha unde contencio erat inter eos per médium dividetur, et cedet una parcium in proprietatem hospitalis , et aliam partem retinebunt monachi perpétue possidendam. Si forte contigerit quod in parte illa que in pos*
(1) Ce sceau d'un comte Etienne , en 1177, ne peut être que celui du bisaïeul de Geoffroy Boterel II , ou plutôt celui de son fr^re aîné , Etienne, qui mourut atteint de la lèpre.
CHxVRTES. 4i
sessionem monachûruni ccdet aliquid vestiluni vcl liospilalum (1) fucrit, condictum est , propler monachos qui de rigore ordinis Cislerciensis , hospites in terris suis habere non possunt , quod estimabitur terra illa absque superpositis edificiis tanquam si hospilata non fuisset, et in recompensacionem illius dabitur monachis commulacio competens ad arbitrium quatuor legitimorum virorum [2; quorum dicto stabitur duonim ex utraque parte. Et si forte quatuor illi non potuerint convenire, stabitur arbitrio trium. Habita se firmiter observaturos hinc indein manu nostra prefalus abbas, pro se et pro capilulo suo, et fraler Wuillelmus de Landella pro se et pro fralribus suis. Nos igitur hoc ita factum, ad preeem et instanciam ulrorumque» sub cyrographo conscribi fecirauset sigilli nostri munimine roborari. Aclum anno ab incarnacione domini M® c^ octogesimo vu®. (Archives des Côtes-du-Nord. — Cart, p. if,)
Henri Rio donne fîx mînet de blé fnr la dfme de Ruoa.
Notum sit omnibus tam prescnlibus quam futiuris quod ego Henricus filius Rio, et uxor mea Muliel, dedimus et conccssimus in puram et perpetuam elemosinam Béate Marie Sancli Albini de Nemore et monachis ibidem Deo senientibus vi minas bladii , scilicet avene cl siliginis, in décima de Ruscha pro redempcione animarum nostrarum et palrum et malrum nostrorum et aliorum aniecessorum nostrorum : nos vero monachi concessimus eis singulis annis annuale. Teslibushiis Simone de Henant Bihan , Oliverio Rio , Gaufrido de Quever , Petro de Aurelis. (Archives des Côtes-du-Nord, — Cartnl. , p. ^36.)
Fondation d'une ohapellenie à Tabbaye par Olivier III , •ire de Dînan.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Oliverius de Dinanno dedi et concessi abbacie Sancti Albini et monachis ibidem Deo servienlibus pro redempcione anime mee et animarum aniecessorum meorum, in puram et perpetuam elemosinam, medietalem décime de Henant Bihan libère et quiète in perpetuum possidendam, heredibus
(1) On remarquera cette opposition entre vestitum et hospitatum : suivant nous, l'un signifie IMnvcsliture et marque une nature dt possession solide, approchant de la propriétc^ ; l'autre n'est que la jouissance plus précaire de riiôle ou colon.
(•2) S'il fallait traduire cette qualification de rirorum Ufjitimorum par une expression moderne, nous proposerions de diie les noiabhs.
12 AliBAYE DE S'- AUBhN-DES-BOlS.
mois concedenlibus ; prcfali vero monaclii aniore Dei el carilalis iiituitii concesserunt niichi uuuin capellanum in abbacia in perpeluura canlalunim pro nie et beredibus mais tam presontibus quam fuUiris : bujus rei testes sunt Rollandus filius Juhel , Henricus filius Rio , Guillelmus de Treniaruc , Oliverius de Quoiquen , Gaufridus de Pulcro Nemore, qui hoc viderunt et audierunt; et ut hoc ralum esset et stabile sigiHi noslri munimine feci roborari. (CartuMre , p. S4L — D. Moriccy I, 579,)
Autre dontttîon de Henri Rio far la dtme de Rooa.
Notum sit omnibus tam presenlibus quam fuluris quod ego Henricus filius Ilenrici Rio et MuHel uxor mea filia Hamonis de Rucha dedimus et coneessimus in puram et perpetunm elemosinam abbacie Sancte Marie Sanctique Albini de Nemore et monachis ibidem Deo servientibus , assensu et voluntale heredum nostrorum , pro sainte animarunt noslrarum , duodecim minas bladii , scilicet siliginis et avene, in décima nostra de Rucha in perpctuum possidendas ; et ut hoc ratum esset et stabile sigilli nostri munimine fecimus roborari. Teslibus hiis Rollando (ilio Juhel , Oiiverio Rio, Roberto filio Michaelis, Gaufrido de Bello Nemore sencscallo tune Icmporis, Philipo Garnerii et pluribus aliis. (Archives des Côks-du-Nord JÎ ). — Cartulaire , p. 230.)
Confirmation de la charte n" XI par Olivier III de Dinan.
Dum vivit hctera, vivit et actio mandata lictere, neque polesl caJumpnia infirmari : cognoscal igitur prcsens elas el postera quod ego Henricus filius Henrici Rio dedi et concessi Béate Marie Sancti Albini de Nemore in propriam et perpetuam elemosinam, pro redempcione anime mee et animarum antecessorum meorum, vi minas bladi in décima mea de Ruscha cum assensu et voluntale uxoris mee Muliel; et ut res ista inaneret stabilis et semper intégra , eam feci maodari Ucteris et sigilli domini mei Oliverii de Dinani munimine roborari ; mullos preterea testes adhibui quorum sunt Domina subarata : Gaufridus de Pulcro Nemore , Gaufridus filius Radulfi , Gaufridus clericus fraler Henrici Rio, Gaufridus de Brean, Rivallonus Leran. (Archives des CôUs-du- Nord. — Cartulaire , p. 242.)
\V \.p sceau dr Henri Rio, en rire roiipe, représente un chevalier sur un cheval au pas.
Henri Rio emprunte 30 livres angevines à Tabbaye.
Omnibus Sancle Matris ecclesiefiliispresenlem carlulam iiispecluriti Henricus Rio saluleni. NoNeril universiias veslra quod abbas et inonachi Sancli Albini de Nemore Iradiderunl michi in vadimonium super residuum xii<^™ rainarum décime de Rucha xxx*" libras andegavorutUy tali cpndicione quod quandiu lenerem nuramos illos, abbas supradictus et monachi loci illius habcrent residuum bladii; et ne aliqua contradiclio interesset licteras meas extra pendenîes, sigillo meo sigillatas, eis tradidi. Si aulem eveneril quod ego vel beredes mei reddamus XXX** libras prediclas , illud residuum xii'^''" minarum babebimus ita lamen quod abbas vel monachi trademns insimul et ego decimam lolam tali pacio quod abbas vel monachi récipient plegios et parle suo et ego de mea. (Cartnlaire , p, ^30,)
Le seigneur du Pletsit-Balitson fonde une lampe perpétuelle devant le Corpus Domlnl.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Gaufridus Balucon dedi et concessi in puram elemosinam Beale Marie Sancti Albini de Nemore, concessione Alani filii mei, unam minam frumenti in feodo Rogerii , et alteram minam in décima Dellreif (1 pro redempcione anime mee el animarum antecessorum jneorum tali condicione quod monachi Sancli Albini debent unam lampadam facerc ardere nocte ac die ante sanctum corpus domini; insuper predicte abbacie ipse predictus G. Balucon donat unam minam frumenti in suo primtuario (2) quam Alanus ejus bone memorie ante dederat. Et hoc sciant omnes hanc cartulam videntes quod A. uxor ejus Balucon in bac cartula confirmât unam minam frumenti in feodo Talevat quod Alanus pater ejus filius Jordan imperpeluum ante eam dederat, et de sua parte alteram minam frumenti en sa meiterrie de Querhien pro redempcione anime sue et animarum antecessorum suorum. Hujus rei testes sunt Hamon decanus de Corsot et W. capellanus , Jocius capellanus , W. LeefTant et W. Boterel , el Gaufridus filius Michaël , et Faudomer pretor illius terre , Ruvellonus filius Esveillart , et Ivon filius Gaudini, et W, Morin, et Gaufridus de Oscalloc. (Archives des Côles-du-Nord,)
{\] La dimo du Tref ou du Clos du Trèfle, on Corseul. [•2) Primtuario ou premptuario. Ce mot n'a pas iHé donné par du Cango ; mais c'est manifestement l'origine du nom de Printet que portent encore
44 AnnAVE m S'-audin-uks-bois.
Donation de Geoffroy du PleMÎf-Balisson.
Notum sit omnibus tam prcsentibus tam futuris quod ego Gaufridus Balucop dominus de Plessiaco Raheili (Juhelli) dedi el concessi in perpeluam elemosinam Deo el abbacie Sancli Albini sexlam parlera décime bladi de Trevio, cum assensii el bona volunlale legilimorum horainum lerre mee , in pace possidendam ; ut aulem hoc ralura essel el firmuni presenlem cartulam sigilli mei munimine roboravi sub hiis teslibus P. Macloviensis archidiacono , Joscio presbilero, Gaufrido de Oscaloc milile, Willelrao Bolerel , decano de Corsol, Willeimo Lceiïanl. (Archives des Côtes-du-Nord. — Cartulaire , p, 178.)
Olivier III , lire de Dinan » confirme la donation précédente.
Nolum sil lam prescnlibus quam fuluris universis quod ego Olivcrius de Dinanno concedo donum G. Balucon del Pleseiz quod dedil abbacie Sancli Albini sexlam parlera décime dum tauxal del Tref (Trief) ; ul aulem hoc ralum maneal el illibalum sigilli mei munimine roborare curavi, sub hiis leslibus : Muliel maire sua, Guegono Goion, Radulpho de Ploar, Willeimo LeefTanl et aliis mullis. Rolando el Gaufrido fra tribus meis concedenlibus. (Archives des Côte»-4u'Nord, — Carlukire.p. S34.)
Confirmation des aumônes du sire du Plessis-Balisson par l'évèque de S'-Malo.
1190. P. Dei gralia Macloviensis episcopus omnibus Chrisli fidelibus pré-
sentes litteras inspecluris salutem in domino. Justa pelencium desideriis benigno afteclu condescendere nos oporlel, precipue quum conim vola comilalur pietas et equitas non relinquit. Hac itaque racione in doraino provocati , concedirous et confîrmamus dileclis in Christo fratribus abbali el convenlui Sancli Albini de Bosco omnes eleraosinas lam in decimis quam in reddilibus aliis quas Gaufridus Balucio eisdem abbali el fratribus pro Dei araore conlulil , sicut in ejusdem Gaufridi scriptis autenticis continelur, salvo jure episcopali. El ul hec noslra confirmacio in poslerum firmior permaneret, présentes licteras
nombre do champs, surtout dans l'ancien Pcnthièvre. Ces printets ou prises sont d'ordinaire des défrichcmenls conct'dés très-anciennemont dans une for«^t.
sigiin noslri impressione fecimus communiri. Acluni est hoc anno gracie m" c® xc** ix° sub hiis teslibus : P. prioro et archidiacono Sancti Macloviensis , Radulfo archidiacono de Pourehoit (1), W. de Miniac canonico , W. peregrino diacono et ahis muhis. Valete. (Archives des Côtes-du-Nord. — Cartulaire , p, 253)
Donation de GîUinas d'Ivîat et Jordan Le Roux , pattée à Monbran.
M. dictus abbas Sancli Albini omnibus tam futuris quara presen- HOi. libus ad quos littere iste perveoerint salutem in domino. Noverit universilas eorum qui presentem paginam sunt inspecturi quod Giilinus Divias cum filiis suis , et Jordanus Rufus qui uxorem habuit filiam Alani preposili, concesserunl lerrara quam dederat in elemosinam monachis Sancti Albini Eudo prepositus : insuper eciam predicti militas G. et Jor. omnes contradictiones quas habere videbantur cum monachis sub jurejurando concesserunl, lali condicione quod prefalos monacbos ah omni calumpnia debent pro viribus suis liberare. Hiis teslibus, Pelrus de Plurien , Hamon de Pleherel , S\ mon de Heenanl, Gauffidus Babilot, Gilhnus le legle, Alanus Coas , Urveus Rufus, Oliverius filius Gaufridi de Pleisseiz , Gaufridus Brochard et alii multi. Hec paclio confirmala fuit anno ab Incamacione domini m** c® i*», in moiiasterio Sancle Crucis de Munbran. (Collection Comillet. — Cartul. , p. 23 et 37.)
Aooord an siyet des droits de Tabbaye tar l*églîte de Dolo.
P. Dei gracia Briocensis episcopus omnibus Christi fidelibus ad 1208. quos liclcre isle porvenerint salutem et pacem : cum esset contencio inter abbatem et nioiiaclios Sancti Albini ex una parte, et persona de Dulci Loco ex altéra, super décima de Lanjugon quam eidem monachi a laicis emeranl, terciagio ecclesie non solulo ; lalis inter ipsos composicio intercessit : statum fuit per bonum pacis quod dicta décima diclis monachis rcmanerel perpetuo pacifiée possidenda ; ila tamen quod de dicta décima reddent persone de Dulci Loco très minas siliginis annualim ad mensuram Jugonicnscm , et in omnibus bonis oracionibus que in eadem abbacia fient erit particeps et confraler. In hujus composicionis tcsiimonium licleras islas fieri fecimus in sigilli noslri munimine roborari. Actum anno gracie m** cc*^ viii°. (Cartul, , p. S49.)
r Torhoit, selon le Curlulairc.
xxri.
Charte relative à la fondataon du prieuré de 8*-Galery de Matignon.
1208. Universis Chrisli fidelibus ad quos liitere iste pervenerini P. Dei
gracia Brioc. épis, salntem in domino. Notum sit vobis quod 01. de Matignon donavit se et sua propria cenobio Saneti Walerici [1 ) de super littore : et monachi ejusdem cenobii promiserunt ei quandam cellam [2) cum omnibus pertinenciis suis quam habenl in nostro diocesi juxta Matignon , abbate et capitulo concedentibus , eo videlicet modo quod eam acquittavit [sic] à xxv libris quibus tenebaturiropedita , et predictus Oliverius ad sex annos eam tenebit liberam et quietam in babitu seculari (3) , infra spacium illud habitum assumere voluerit roonaebalem et si ultra eam tenere voluerit in seculari babitu predicto cenobio reddet annuatim xxv librarum pensionem, et quandocumque voluerit ad ipsos revertere, eum bénigne récipient tanquam proprium monachum in fratrum suorum consortium, et conventum ad proposicionem utriusque partis chyrographum istud sigilli nostri impressione roboravimus. Actum anno Verbi incarnali millesimo ducenlensimo octavo. (Archives des CôU^-du-Nord.)
Donation de Orhant» fille de Judioaêl Vitnlut.
1208. Ego G. Tomemine domini Alani filii comilis in Pentevria senes-
callus (4) , omnibus tam futuris quam presentibus notum fieri volo quod Orhant filia Judicael Vituli et Salomon filius ejus primogenitus in presencia mea vendiderunt Gaufrido abbati Sancli Albini et monachis ibidem manenlibus medietatem quarterii dccime quam habebant in Lanjugon pro xxx libiis et xxx solidis tenendam et possidendam jure heredilârio in perpetuum. Hec eciam vendicio facta fuit sollemp-
(1) Ce fut seulement en 1*259 que le prieuré de S'-Galcry fut aliéné en faveur de S'-Aubin par l'abbaye de S'-Valery-sur-Mer : V. n*» 148, 214 et seq. La charte que nous donnons ici, par sa date, ne fait pas, à bien dire, partie de l'histoire. du monastère dont nous nous occupons; mais elle tient de trop près à l'histoire du pays pour que nous la négligions.
(2) Cellam est ici pour grange.
(3) Cette clause nous semble ^tre de nature à expliquer le « cum suis pannis » que nous avons vu plus haut : ainsi , les monastères prenaient des pensionnaires, comme de nos jours le font encore les communautés de femmes. Au reste , nous sommes forcés de donner cette charte d'après une copie du commencement du XVIII' siècle ; nous n'oserions en garantir la rigoureuse exactitude.
(4) Du Paz mentionne un acte par lequel le comte Alain donnait des terres à Geoffroy Tourneraine c pro servicio suo > ; c'était sans doute à cause des services qu'il en avait reçus pendant que Geoffroy était sénéchal en Penthièvre.
iiiter cum cdicto casiri et ecclesie, concedeiUibns liliis et (iliabus et nepotibus et omnibus illis qui ad vendicionem bereditatis debebant j>erlinere ; hoc ibidem concesserunt Gaulerius abbas et Hamo monachus nep )S ejus de quorum feodo prefata décima c^^e videbatur. Testes inde sunl : Ruellonus presbiter, Guilleimus presbiter, Alanus Louel lune temporis prior Jugonii , Hamo Vitulus presbiter, Pbilippus Rufîus, Guilleimus Geberti, Gaufridus Clericus etaïii plures. Et ut hoc firmiter in posl^rum tenealur, presentis scripli munimine et sigilli raei impressione roboravi. (Archives des Côles-du-Nord, — Cartulaire, p. 248.)
Confirmation par l*évèque de S'-Brieno det biens que l'abbaye pottédaît dans «on dîooése.
P. Dei gralia Briocensis episcopus omnibus Clinsti fidelibus lie- i>oi). leras islas inspocluris salutem in domino : cum ex injuncto nobis officio leneamur ea que ad viros religiosos pertinent lueri et inviolabi- Jiler observare, omnes décimas quas abbacia de Sancto Albino in episcopatu noslro possidel , scilicet decimam de Henan Bian et de Rucha et de Goissant, et de Lanjugun, et ceteras elemosinas illis faclas de dono lam vivorum quam morluorum confirmamus. Insuper concedimus eis omnes décimas quas de celero per empclonem seu per gagium seu de donis fidelium polerunt adipisci , salvo terciagio ecclesiarum parrochialium. El ne super hoc in posterum possint abbas vel monachi ejusdem alibacie molesîari, licleras islas sigilli noslri munimine fecimus ruborari. Hoc aclum cslapud Boquien anno gralie m" ce** ix" vu» kl. augusii. (Corn. — CarluL p, 229.)
Emprunt de Marker Deoimator.
Nolum sil omnibus qui hoc scriplum viderinl \cl audierint quod l.MO. Marquerius Decimalor et Gaufredus fratcr ejus liiii G. Decimatoris Iradiderunt monachis Sancli Albini in vadimonium decimam suam de Quirenlin pro xvi libris et ix minis frumenti : pro bac décima debent reddere monachi Gaufrido de Sancto Denoallo vel heredibus ejus II juxlas frumenti de mangorio annuatim. Verumlamen prcfati homines M. et G. frater ejus vel heredes eorum quum voluerint aquilare sepediclam decimam reddant ix minas frumenti quas monachi reddiderint G. de Sancto Denoallo quantum temporis habuerint sicul mulliplicalc fucrin» annuatim. Testibus hiis G. domino hujus rei ,
Gauterio Vilulo, Rivallone Corle , Johanne Brecel. Hoc actuin est apud Sanctum Albinum, anno domini m** ce*» x**. (Cartulaire, p. 198. — Charte rayée [i).)
Reconnaittanoe d*an droit de Tabbaye tur 1« revenu de TégliM de Morîeuz.
r2ii. P. Dei gracia Briocensis episcopus omnibus ad quos lictere iste
pervenerint salutem in domino. Noverit universitas vestra quod cum abbacia beati Albini cist. ord. habuissel in terciagio décime eccicsie de Morioc unam minam frumenti ad veterem menmram y de dono hereditario , nos , de consensu persone ecclesie de Morioc , concessimus dicte abbacie eamdem minam frumenti in puram et perpetuam elemosinam , et in hujus rei testimonium sigiilum nostrum apponi fecimus huic scripto. Actum anno gracie m*' ce*' undecimo. {Vidimus de Vévêque Simon de 1269. — CariuL, p. 138.)
Donation de la dtme de VUla-KeBf redl , dans la ohàtellenie de
Jugon.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod Eudo fliius Trehanni Abbatis vendidit monachis Sancti Albini omnia que habebat in décima ville Renfredi, scilicet in décima quam Jocius filius Onufrii et tola ejus projenies tenebat de eo, et Guigo ûlius Drues, Roberto filio Trehanni Abbatis concedente. Actum est boc in curia Alani comitis, Bertranno senescallo tune présente apud Jugonium, anno verbi incarnali M® cc° xi° ; et ut hoc ratum essel et stabile, ego Bertrannus, senescallus feodatus, sigilli mei munimine roborari. Testibus bis : Arcoiet de Corre , Guillelmo filio Juberti et Gaufrido cierico , et Gauterio Cordre , et pluribus aliis. (Archives des Câles-du-Nord. — Carlulaire , p. S30.)
Aoquîtîtîon det dtmes de Laigngon et de la VîUe-Gettîn ^ en DoUo.
Omnibus Chrisii fidelibuspresenlem paginam inspecturis Bertrannus, senescallus de Jugon, salutem in domino : noverit universitas vestra quod filie Exillie Proposili , scilicet Margarita Jorhaut et Margarita et
(1) Les chartes biffres dans le cartulaire sont celles qui constatent des oblifçaiions souscrites par dos particuliers qui se libéraient ensuite ; c'était évidemment une manière d'indiquer que le litre devenait nul.
CHARTKS. 49
filie Guillelmi filii Exillie, sciiicel Aenor, Aeles, Orguuen, Eslacia, et fiiius Guehenoci Rosselli, et Orhaul uxor Roberli filii Henei, et Giquellus fiiius Jasno, et filii Jocelini Vituli , et Radulfus Jarret, et Galterus Vitulus, et Orhaul leprosa, et filii ejus sciiicel Gaufridus Patini, Guillelmus de Gaain, et Radulfus, et Gaufridus Melol et Margarita filia Ëudonis Hope, vendiderunt monachis Sancti Albini decimam suana de Langigon (Lanjugon) ; preterea omnes supradicti vendiderunt quicquid babebant in décima inler Goif et Aluel , exceptis Guillelmo de Gaain cl Radulfo fralre ejus et Gaufrido Melol et Orhaut Leprosa et Orhaut uxore Giquelli Patin : bas ejus vendiciones omnes heredes sui, filii et filie, fratres, cognati et omnes ad quos jure hereditario venire poterat, concesserunt, concedentibus eciam dominis suis de quorum feodis easdem décimas tenebant , sciiicel Galtero Abbate miUte, Gaufrido de Sanclo Donoalo et Hamone Monacbo miUle; insuper Giquellus Vitulus et fratres ejus et Orhaul Leprosa et filii ejus et Radulfus Jarret vendiderunt prefatis monachis quicquid babebant iu décima de Villa Gestin, Galtero Abbate, domino feodi, concedente. Omnes vendiciones prefatarum decimarum facte fuerunt per ediclum curie domini Alani comitis ; et ut hoc firmum et stabile permaneat, ad preces prefatorum dominorum, sigilli mei impressione prcsentem pagi^ nam roboravi , et insuper sepedicti domini sua sigilla huic pagine apposuerunt ad munimcn. (Cartulaire , p. 248.)
Etienne de Gorron abandonne à l'abbaye rtinstagluia dani les terrei qu'elle possède en Hénansal.
Notum sit omnibus lam presentibus quam fuluns quod ego Slephanus 1-213 de Chorun , pro salute anime mee et sororis mee Agnelis , uxoris Johannis Gohun (1), dedi et quilavi abhacie Béate Marie Sanclique Albini, et monachis Cysler. ord. ibidem Deo servientibus , in puram et perpeluam elemosinam , heredibus meis concedentibus , hoslagium (2) omnium lerrarum quas predicli monachi in parrochia de Henantsal sub dominio meo possident , sciiicel quod ego , aul hcres meus, in propriis personis fecerimus ; et ut hoc ratum et slabile perraaneret, presentem cartam fecimus scribi et sigilli moi muniminc roborari. (Cartulairey p. 1i2.)
(1) Il ne faut pas confondre le nom de Gohun avec celui de Goyon : Gohun se traduit en français par Jahon. En 1304, Jean et Guillaume Jahon, moines, figuraient encore parmi les témoins du testament de Rolland de Dinan, sire de Montafilant.
{'1] Cens dû sur l'habifndon.
Fondation de la ohapell«nîe d« S'-Barthélemy par Etienne de Gorron.
1213 Sciant lam présentes quam futuri quod ego Slephanus de Corrum dedi et concessi , assensu et voluntate heredum meonim , béate Marie Sancti Albini et monachis ibidem Deo servientibus , pro redempeione anime mee et anime uxoris mee Larre , et pro animabus aniecossorum meorum, in puram et perpetuam elemosinara, decimam quam obligavit mihi Alanus de Alnelo , que sita est in Eslrac , pro sexaginta iibris andegavensis monete ; tali pacto quod monachi possidebunt prefalam decimam donec sexaginta libre monachis persolventur. De illis vero nummis debenl monachi acquirere redditus ad instauracionero domus. Insuper dedi et concessi decimam meam quam habebam in parrochia de Henant Bihan , in quartagio scilicel in Gaure. Nos vero concessimus ei et uxori ejus Larre et heredibus eorum , pro amore Dei et intuitu karitatis , unum capellanum pro eis in abbacia in perpetuum serviturum altare Beati Bertholomei ; ita lamen quod cum deffunclus fuerit capelianus , prodictus Stephanus de Corrum , vel heredes sui , alium pro eo constituent cum consilio ejus vel heredum suorum, qui ofTicium illud honeste valeat adimplere. Et, ut hoe ratum et slabile permaneat, sigilli mei munimine roboravi : aclum est hoc apud Sanclum Albinum anno Verbi incarnati m® ce® x** m*». Amen. (Cartulaire , p. 173.)
Donation de la dlme de Plévenon par Etienne Goyon.
1214 Noverit universilas fidelium quod Slephanus Goiun et Lucia ejus uxor, cum assensu et voluntate Alani filii sui et heredum suorum, donaverunt decimam suam de Plevcnino, excepta meteria, in puram et perpetuam elemosinam Deo et Sancte Marie de Sancto Albino de nemore , et monachis ibidem Deo servientibus , pro se et anima Slephani filii sui , et pro animabus omnium heredum et anlecessorum suorum. Et ut hoc ratum et inconcussum permaneat, cartam islam eisdem monachis tradidimus sigilli nostri munimine roboratam. Aclum est anno Verbi incarnali m** cc<* xiiii**.
Le sceau circulaire , en cire jaune , représente un cavalier galopant : siGiLLVH. STEPBANi. G\rvM. (Archîves des CôteS'du'Nord.)
XXXIÏ.
Aoquîtition de la dtme de Perro et Kerentîn.
Scianl onanes lam présentes quam fuluri quod fliii Guillelmi De- 1215 cimaloris, scilicel Markerius et Gaufridus, vendiderunl monachis Sancli Albini , Cisterciensis ordinis , decimam quam possidebant io Perro et Kerentin, in perpeluum , heredibus eorum concedenlibus , et Gaufrido de Sancto Denoalo domino lerre illius présente et concedenle, et presentem cartulam sigilli sui munimine roborante. Aclum 43sl hoc anno ab incarnacione Domini mm" cc° xv. (Cart,^ p. ^49.)
Donation de Jnhel de Mayenne ponr le pain et le vin des mettet de Tabbaye.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Juhellus, 1215 dominus Meduane et Dinanni, pro Dei amore et salule anime mee, et predecessorum meorum, cum assensu et voluntale Gervasie uxoris mee et heredum meorum, dedi abbacie beale Marie Sancti Aïbini, Cyst. ord., et monachis ibidem Deo servientibus, in puram et perpeluam elemosinam, novem minas frumenti, quatuor illarum ad panem, alias vero quinque ad emendum vinum {\) ad missas celebrandas, in frumentagio meo de Phimaudan; et iiias hiis locis assignavi, sciiicet in Beaumont , super lenementum (2) Bardai , decem juslas frumenti ; super lenement. Menerii et Judicahelem Ruse, dimidiam minam frum.; super tenem. Ilercardi, unam minam frum.; super tenera. Sansonis clerici, unam min. frum.; super tenemenl. Guehenoc Argant , unam minam frum.; super tenem. Kemeruc Burgez, unam minam frum.; super tenem. Gaufridi juvenis et Clémence Merien , unam minam frumenli; super tenem. Ogerii, unam minam frum. Quod si prefati homines vel heredes eorum prediclum frumentum ad terminum assignatum monachis non reddiderinl, talem emendacionem monachis persolvebunt siculi et domino. Et omnium predictorum fcodorum remanebunt domino tallie, placita (3) et omnes juslicie; cl, ut hoc donum ratum et inconcussum ab omni calumpnia permaneal, sigilli niei impressione roboravi. Aclum est hoc anno Verbi incarna li M» ce** XV". (Archives des Côtes-du-Nord.)
(1) Ceci semble indiquer que S'-Aubin ne c-ultivail pas encore de vignes. (5i; Tenementum ou tonure est le bien rural tenu sous le domaine d'un seigneur supéiienr : un peu plus loin on voit ces tcnures nomméas fiefs, :v Les Plaids, droit de rendre la justice.
52 ADBAYK DE S'-ALDI.N-DES-JJOIS.