‹ Andalousia, la perle des andalousesChapitre 2 sur 31 · EHRATA DU TOME PREMIER · texte numérisé non relu

EHRATA DU TOME PREMIER

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A MON AMI RAVÉRAT

PEINTRE d'histoire.

Ce livre est aédié comme un gage de profonde sympathie

UTTIN SB LATAU

Il y a bien des années déjà, l'auteur de ce livre rencontra un soir à Rome, sur les degrés du Capitole, deux jeunes Français de distinction ; leur gravite avait quelque chose de solennel; l'un d'eux surtout

provoquait dans le cœur un sentiment indéfinissable tant son attitude était mémëlancolique, et triste et maladive ; ses traits semblaient avoir été fort beaux, mais le chagrin ou de rudes passions les avaient flétris. L'expression seule de son regard conservait une certaine jeunesse, un rayon de feu qui révélait une âme tendre et poétique. ~ C'était en effet un poète; il avait à peine vingt-cinq ans et déjà la mort planait sur sa tête.

Appuyé contré un de ces vieux lions de granit noir d'Egypte qui ornent les

— m balustrades, il regardait le Capitole et sa pâle figure s'animait à peine en face des merveilles dont le fougueux Miclieî- Ange dota la Rome moderne. A le voir ainsi on devinait que lame qui animait cette belle et frêle enveloppe luunaine était prête à reprendre son vol vers les cieux.

Une bienveillance profonde régnait sur la physionomie ouverte de son compagnon ; mais c'était une uatuj e plus simple, meilleure, mais moins élevée.

Un même but sans doute ( la curiosité)

fit que les trois jeunes gens se lièrent d amitie. Quand on est loin de la patrie, on fait vite connaissance ; et, par un hasard eftrange, tous trois étaient nés dans la même province, ce qui ne contribua pas peu à éveiller leur mutuelle sympathie.

La vie du poète avait été une vie d'orages et de joies immenses, de grandeur et de pauvreté. Durant la longue maladie qu'il fit à Rome en 18.. Son ami en révéla les particularités les plus intéressantes, et ce sont elles que nous olïVons au public.

La première partie fut écrite inmiédia-

tement après le retour de l'auteur; mais des motifs d'une haute convenance et de nouveaux voyages empêchèrent sa puhlication. — Huit ans se sont écoules depuis la fin des luttes cruelles que le poète eut à subir ; la plupart des personnages de son histoire ont disparu ; d'autres languissent dans un exil qui doit être éternel; l'esprit de parti, cette lèpre des gouvernemens constitutionnels, qui nous divisait si fort à l'époque oii les événemens qr'on va lire se passaient , l'esprit de parti disons-nous, commence à s'effacer singulièrement. On pourra donc s'y reporter avec un grand calme et juger

plus sainement et les liomines et les choses.

L auteur est loin de partager certaines idées soit politiques, soit religieuses émises par quelques uns de ces personnages ; il repousse la solidarité et se borne au rôle de narrateur impartial. 11 a cherché seulement à rendre avec une fidélité scrupuleuse la physionomie des derniers jours de la Restauration , et à peindre un de ces caractères imprudens qui hâtèrent la chute de la vieille dynastie dont les chefs avaient traversé tant de révo-

lutions sanglantes , et qui devait enfin tomber sous la terbible volonté du peuple.

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