‹ André Chénier, critique et critiquéChapitre 45 sur 89 · I. Sur la Perfection des arts · texte numérisé non relu

I. Sur la Perfection des arts

Il8 ANDRÉ GHÉNIER CRITIQUE

semblent se reconnaître toutes et se souvenir qu'elles ont une origine commune*. » Voilà une belle page. J*ai dit qu'elle contenait une parfaite définition du poète lyrique. Pourtant, comme modèles, Chénier nous renvoie à Virgile, à Horace, à La Fontaine. . . et à Montaigne. Cet éclectisme dans les exemples nous révèle qu'une évolution, au terme de laquelle nous touchons, s'est faite dans l'esprit du poète. Disciple de Boileau et de Malherbe, instruit par l'Encyclopédie et par les Grecs, ses ancêtres intellectuels, il achève de son propre fond la définition qu'il entend désormais accepter d'une poésie de sentiment^ personnelle et vraiment humaine : « le cœur seul est poète. » Gomme nous voilà loin du classique timide, de l'Alexandrin penché sur les auteurs antiques, empruntant aux uns une expression, aux autres une image I Gela, Ghénier le fut, c'est évident. Il a d'ailleurs laissé, selon cette méthode, trop , de fragments délicieux pour que nous osions le regretter. Mais vous voyez bien qu'il voulait être autre chose, qu'il le serait devenu, qu'il l'était déjà I Aussi n'est-ce point dans le Jeu de Paume ou dans Y Ode à Charlotte Corday que jlrai chercher le lyrisme d'André Ghénier.

Mais dans son Hermès^ dans ses ïambes, dans ses fragments dramatiques ; partout, en un mot,

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