SON ENFANCE ET SON ADOLESCENCE
André-Marie Chénier naquit à Galata, faubourg de Constantinople , le 30 octobre 17G2, dans la maison du Consul de France, son père.
Il était, par son père, d'une vieille famille bonorable du Languedoc. Il n'était pas noble. Il résulte d'une lettre officielle de son père que jamais la famille Chénier n'avait appartenu à la Noblesse. Son aïeul paternel était Guillaume Chénier, petit propriétaire rural aux environs de Montfort (Aude). Son père, Louis Chénier, né en 1722, avait le goût du commerce et fut, très jeune, commis clans une maison de négoce à Marseille. Dès 1742, à peine âgé de vingt ans, il alla représenter sa maison à Constantinople. Là il lit son chemin par son intelligence, son activité et sa bonne grâce. Il sut rendre
des services à M. le comte des Alleurs, ambassadeur de France. Il en su! rendre à ses compatriotes. Il devint « député » de sa « nation » c'est-à-dire représentant attitré des commerçants français auprès des autorités du pays et auprès de l'ambassade.
En 1755 il se maria avec Elisabeth Santi-Lomaca. Il avait trente-trois ans et elle vingt-six. — C'était une promotion. Les Santi-Lomaca étaient considérables et presque illustres. Ils se flattaient d'être apparentés à des hospodars de Moldavie et de Valachie. Le père d'Elisabeth Santi-Lomaca avait fait partie d'une ambassade envoyée par Achmet III au Régent de France. Les Santi-Lomaca étaient, du reste, un peu Français par alliances. Une sœur d'Elisabeth, Juliette Santi-Lomaca, avait épousé M. Amie, négociant de Marseille. C'est la fdle de ce M. Amie qui fut la mère d'Adolphe Thiers, d'où il suit que la mère de Thiers était la cousine germaine d'André Chénier et André Chénier l'oncle à la mode de Bretagne d'Adolphe Thiers.
Louis Chénier et Elisabeth Santi-Lomaca eurent huit enfants, quatre fils et quatre tilles. Des quatre filles, trois moururent en bas âge. Celle qui survécut, Hélène, épousa le comte Latour de Saint- Igest. Les quatre (ils furent : Constantin-Xavier, né en 1757; Louis-Sauveur, né en 1761; André-Marie, né en 1762; Marie-Joseph, né en 1764.