LIONEL, DAMIEN, ANDRÉ, MATHURIN
DAMIEN
André !
AND"É
Ah ! lu as raison, la terre se dérobe...
LIONEL, à Damien
Cette journée l'a tué! il n'a pu supporter son malheur.
ANDRÉ
Ils sont partis ensemble? Je me sens bien faible... (Il fait quelques pas et chancelle; Damien et Lionel s'ap-prochent pour le soutenir). Ne vous inquiélez pas... Je ne les poursuivrai point... Mes forces m'ont abandonné... Et aussi bien qu'ai-je à faire dans ce monde? O lumière du soleil ! ô belle nature ! ils s'aiment, ils sont heureux ! Comme ils courent joyeux dans la plaine! leurs chevaux s'animent, et le vent qui passe emporte leurs baisers... La patrie ! la patrie!... Ils n'en ont point, ceux qui parlent ensemble!
LIONEL
Sa main est froide comme le marbre.
ANDRÉ, à Mathurin.
Écoute-moi, Mathurin, écoute-moi, et rappelle-toi mes paroles : Tu vas prendre un cheval et le lancer au galop. Re- GO ACTE II.
tiens ce. que je te dis ; ne me fais pas répéter deux fois, je ne le pourrais pas ; tu les rejoindras dans la plaine, tu les abor-deras, Mathurin, et tu leur diras : Pourquoi fuyez-vous si vite? la veuve d'André del Sartopeut épouser Cordiani.
MATHURIN
Faut-il dire cela, monseigneur?
ANDRÉ
Va, va, ne me fais pas répéter.
(Mathurin sort.)
LIONEL
Qu'as-tu dit à cet homme ? (Sas à Damien.) Est-ce que vraiment Cordiani...
DAMIEN, de même.
Cordiani n'est plus.
ANDRÉ
Maintenant, qu'on m'apporte ma coupe, pleine d'un vin généreux. Menez-moi jusqu'à cette porte, mes amis. (Pre-nant la coupe). C'était celle des joyeux repas, (il verse à l'écart un flacon dans la coupe et boit.) A la mort des arts en Italie '
LIONEL
Quel est ce flacon dont tu as versé quelques gouttes?...
ANDRÉ
C'est un cordial puissant. Approche-lc de tes lèvres, et tu seras guéri, quel que soit le mal dont tu souffres. Vos mains, et adieu, chers amis... Oh! coml/ien<j^V(j.ini(li^!^\
/fJOnteurt.) /^