ACTE III
MORAND
Quant aux autres. . . tenez, je veux faire une exception pour vous.— Jurez-moi que vous êtes un honnête homme, et je vous croirai... jurez -moi sur la vie de vos enfants que vous avez joué et gagné loyalement, «rt j'aurai l’honneur de vous demander pardon de l’outrage que je vous ai fait?.. .Vous vous taisez?..- Allons, c’est bien... Vous n'avez pas du moins l'audace du mensonge. (il jette un regard it droite.)
ANDRÉ GÉRARD, à part.
Pourquoi a-t,-il regardé de ce côté?
MORAND, de même .
Je soutire autant que vous de la fatalité de cette entrevue.
ANDRÉ GÉRARD, à part.
• Encore!...
MORAND
Mais je devais. . . je me devais à moi-même cette explication sévère.
ANDRÉ GÉRARD, à part.
Quelqu'un est-là !
MORAN D
Je me devais de ne pas laisser subsister un doute dans mon esprit.
ANDRÉ GÉRARD, à part.
Si c’était ma femme!. . . si c’était ma fille !. . . (mm.) Monsieur le comte, il y a quelqu’un dans celte chambre?
MORAND
Monsieur.. .
On a le pressentiment de ses malheurs!. . . Il y a là quelqu’un... je le sens à ma terreur... je le sens à mon désespoir!... ouvrez-moi cette porte !...
MORAND
Vous êtes chez moi, monsieur! 0
Ah ! ces gens, ces honnêtes gens qui ont l’orgueil et la cruauté de leur vertu... ils vous marchent sur le cœur sans se demander si ce pauvre cœur qui saigne n’a pas été déchiré par le désespoir! — (a Moraod.) Ouvrez-moi cette porte!
Sortez!
On me soufflette et l’on m’insulte à mes heures, monsieur le comte!... vous m’écrasiez du talon 4out à l'heure, maintenant
place, place !.. . (il le repousse, va vers lu porte et recule devant Uenri qui apparaît sur le seuil.)