‹ Andréa, comédie en quatre actes, six tableauxChapitre 85 sur 106 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

FRÉDÉRIC, vivement.

Prenez garde de le réveiller.

SCHRANN.

Oh! il est trop éreinté, après la vie qu'il nous a faite!...

FRÉDÉRIC

Ah!... Il a résisté?

SCHRANN, déposant sa lanterne sur une table.

Ah!... « Je ne suis pas fou!... Je vous dis que Je ne suis pas fou!... » Mais nous connaissons ça!... Ils disent tous la même chose!

FRÉDÉRIC, vivement.

On ne lui a pas fait de mal, au moins?

SCHRANN.

Aucun mal, soyez tranquille!... Seulement, se voyant enfermé, il a voulu forcer la porte, et s'est mis à tirer sur lui de toutes ses forces,... car monsieur remarquera qu'elle s'ouvre en dedans...

FRÉDÉRIC

Oui.

SCHRANN.

Monsieur le directeur de l'établissement, qui est un homme de génie, monsieur, j'ose le dire!... a inventé un appareil bien ingénieux... Quand un de nos pensionnaires s'obstine à vouloir ouvrir la porte dont le verrou est fermé, il tire naturellement le bouton de toutes ses forces,... mais le bouton tiré fait mouvoir un petit corps de pompe placé de ce côté!... (u montre.) Et notre homme reçoit en plein nez une douche d'eau glacée, qui le calme par enchantement!...

FRÉDÉRIC

C'est fort ingénieux, en effet... Alors, c'est ça?.

SCHRANN.

Qui l'a calmé... si bien qu'il nous a demandé poliment

m ANDRÉA.

du papier et de l'encre pour écrire à quelques amis... Et cela fait, épuisé, il s'est jeté sur son Ut, d'où il n\ pas bougé depuis ce temps-là.

FRÉDÉRIC, à lui-même, tandis que Schrann ranime le feu.

Cinq heures!... Tout va bien!... (iiaut.) C'est ça! faites-lui un bon feu!...

SCHRANN.

Monsieur se retire'/

FRÉDÉRIC

Oui, il me semble qu'il a bougé... D'ailleurs, je sais tout ce que je voulais savoir...

SCHRANN.

Monsieur n'a pas de recommandations spéciales à me faire?

FRÉDÉRIC

Non!... Les agents qui l'ont amené sont toujours là, n'est-ce pas?

SCHRANN.

Oui, monsieur, chez le concierge!...

FRÉDÉRIC

Bien, je vais leur parler... Permettez-moi, monsieur

Schrann, pour vos bons offices... (Il lui remet de rargent.) SCHRANN.

Oh! monsieur!...

FRÉDÉRIC

Et traitez-le bien doucement^ n'est-ce pas, bien doucement...

SCHRANN.

Monsieur, fiez-vous à moi... Aussi poliment que s'il ii'étaît pas aliéné.

FRÉDÉRICi

C'est çal... justement...

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