SCÈNE II
STÉPHAN, SCHRANN.
STÉPHAN, se réveillant en sursaut et sur son séant.
Qui va là?
SCIIRANN.
Plaît-il?...
STÉPHAN, assis sur le lit.
Qui est là?... Qui parle?
SCHRANN, d'un air naïf.
Moi.
STÉPHAN, regardant la chambre et le reconna'ssant.
Toil... Juste Dieu!... je suis encore dans cette ignoble maison !
SCHRANN, allumant la bougie.
Vous voyez.
STÉPHAN, s'échaufTant peu à peu.
Ah cà ! est-ce que ça ne va pas bientôt finir, cette plaisanterie-là?
SCHRANN.
Cette plaisanterie?
STÉPHAN, de même.
Oui, j'en ai assez!... je vous déclare que j'en assez!
SCHRANN, tranquillement.
De quoi?
136 ANDRÉA
STÉPHAN
Je ne suis pas fou!... gardien du diablel... Tu le sais aussi bien que moi. (u saute à terre.) Je veux sortir!
SCHRANN, ouvrant la porte et sautant dehors. Olll oh! doucement! (u la ferme et regarde Stéphan du dehors par le vasistas.)
STÉPHAN, exaspéré.
Il y a erreur!... On me prend pour un autre. Où est le patron de cette infâme baraque?
SCHRANN, par le vasistas.
Il dort.
STÉPHAN
Il est bien tempsdedormirquandon m'égorge!... Appelle ton maître, gredinl
SCHRANN.
Ah bien! si vous m'appelez gredin!... bonsoir I
STÉPHAN
Non!... non! ne t'en va pas!... Écoute. (Tombant près de la table assis, à lui-même.) G'cst effroyable!... en être réduit à supplier ce drôle!... (Haut.) Écoute, mon petit... Comment t'appelles-tu?
SCHRANN, par le vasistas.
Schrann.
STÉPHAN, de même.
Eh bien, mon petit Schrann, rentre et causons tranquillement!... tranquillement, je te le promets.
SCHRANN.
Bon ! comme ça (n entre et pousse la porte.) je rentre.
STÉPHAN
Réponds-moi seulement... Tu vois, ie suis trèb- calme... A-t-on porté mes lettres?