ACTE PREMIER
corps des amazones du roi de Zanzibar. — Amérique Espagnole, 65-73, brigadier-major de la cavalerie Équatoriale!
STÉPHAN
Et si jeune?...
BALTHAZAR, assis et étendu, la main sur les reins.
Comme moi!... Très-précoce, moi!...
FRÉDÉRIC
Aussi, tu finis de bonne heure !
BALTHAZAR
Je finis?... je commence!
FRÉDÉRIC ET STÉPHAN, riant.
Oh! Tatar!
BALTHAZAR
J'ai Tair éteint, comme ça!... mais je concentre tout mon feu à l'intérieur. .. Le moment venu!... tout flambe !
FRÉDÉRIC, de même.
Ah! dis-le donc!
B ALTHAZAR.
C'est du magnétisme, voilà tout!... Moi, le magnétisme I... avec les femmes, je ne connais quo ça!
FRÉDÉRIC
Ton secret, Tatar!... Au nom des dieux?...
BALTHAZAR
C'est bien simple. — Je vois une femme dans un salon, n'est-ce pas?... Je n'ai l'air de rien!... je concentre!... et en passant à côté d'elle, tout à coup !... j'ouvre un œil, comme ça, tout rond!... Bing!... Elle reçoit une de ces secousses!... Je repasse! j'ouvre l'autre œil... bing.'... seconde secousse. — A la troisième, c'est fini!... elle me suit comme un petit chien!...
STÉPHAN, riant.
J'essayerai ça!
ANDRÉA
BALTHAZAR
Oh! ça demande une puissance magnétique de premier ordre!... II m'est arrivé de faire sortir quelqu'un d'un salon, rien qu'en ouvrant sur lui les deux yeux à la fois... comme ça!
FRÉDÉRIC, riant.
J'admets ça, par exemple !
CRACOVERO.
Ceci me rappelle ma dernière campagne au Paraguay...
FRÉDÉRIC
Oh! général! vous allez nous gâter l'éléphant... De grâce!... restons sur l'éléphant!... (a stéphan.) Où donc est nia sœur?
CRACOVERO.
Oui, n'aurons-nous plus le plaisir de voir madame de ïœplitz, ce soir ?
STÉPHAN
Andréa est à sa toilette.
FRÉDÉRIC
Elle va à l'Opéra?
STÉPHAN
Non! mais chez quelque amie, je pense...
BALTHAZAR, tirant sa monire.
Et nous?... nous n'y allons pas, à l'Opéra?
STÉPHAN
Si fait, mais nous avons le temps; le ballet ne commence qu'à neuf heures.
CRACOVERO.
Stella ne nous quitte-t-elle pas?
STÉPHAN, vivement.
Nous quitter?
CRACOVERO.
Oui!... C'est ce soir clôture dp la saison I