‹ Andromaque (volume 4)Chapitre 28 sur 50 · HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

HERMIONE, CLÉONE

HERMIONE

Attendais-tu, Cléone, un courroux si modeste?

CLÉONE

La douleur qui se tait n’en est que plus funeste.

Je le plains : d’autant plus qu’auteur de son ennui,

Le cou p qui l’a perdu n’est parti que de lui.

Comptez depuis quel temps votre hymen se prépare.

Il a parlé, madame, et Pyrrhus se déclare.

1IERMIONE.

Tu crois que Pyrrhus craint ? Et que craint-il encor? Des peuples qui, dix ans, ont fui devant Hector ?

Qui, cent fois effrayés de l’absence d’Achille,

Dans leurs vaisseaux brûlants ont cherché leur asile; Et qu’on verrait encor, sans l’appui de son fils, Redemander Hélène aux Troyens impunis?

Non, Cléone, il n’est point ennemi de lui-méme :

Il veut tout ce qu'il fait ; et s’il m’épouse, il m’aime. Mais qu’Oreste, à son gré, m’impute ses douleurs, N’avons-nous d’entretien que celui de ses pleurs? Pyrrhus revient à nous. Hé bien! chère Cléone, Conçois-tu les transports de l’heureuse Hermione ? Sais-tu quel est Pyrrhus? t’es tu fait raconter Le nombre des exploits... Mais qui peut les compter ? Intrépide, et partout suivi de la victoire,

Charmant, fidèle, enfin rien ne manque à sa gloire. Songe...

Page 1