‹ Andromaque (volume 4)Chapitre 31 sur 50 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

ANDROMAQUK.

Et que veux-tu que je lui dise encore?

Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignore? Seigneur, voyez l’état où vous me réduisez.

J’ai vu mon père mort et nos murs embrasés,

J’ai vu trancher les jours de ma famille entière,

Et mon époux sanglant traîné dans la poussière, Son fils, seul avec moi, réservé pour les 1ers.

Mais que ne peut un fils P Je respire, je sers.

J’ai fait plus : je me suis quelquefois consolée Qu’ici plutôt qu’ailleurs le sort m’eût exilée; Qu’heureux dans son malheur, le fils de tant de rois, Puisqu’il devait servir fut tombé sous vos lois.

J’ai cru que sa prison deviendrait son asile.

Jadis Priam soumis fut respecté d’Achille ; J’attendais de son fils encor plus de bonté ; Pardonne, cher Hector, à ma crédulité.

Je n’ai pu soupçonner ton ennemi d’un crime; Malgré lui-même, enfin, je l’ai cru magnanime.

Ali ! s’il l’était assez pour nous laisser du moins Au tombeau qu’à ta cendre ont élevé mes soins:

Et que, finissant là sa haine et nos misères,

Il ne séparât point des dépouilles si chères!

PYRRHUS

Va m’attendre, Phœnix.

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